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black stone
J'en peux plus... Je n'arrête pas de l'écrire, je voudrais que ça sorte. J'ai mal. Il pleut. Je suis en pyjama. Les volets sont fermés. J'ai encore été malade cette nuit, je pue la gerbe. Le téléphone est éteint. Je pleure. Je n'y arrive pas... Hier, quand il a vu que je pleurais, il s'est énervé et a éteind ma web cam. Je suis nulle. Pardonne moi. Et pourquoi tout le monde parle de NY d'abord ? Une simple chanson en anglais me fait craquer alors voir partout cette ville, ces rues où j'étais avec lui... J'ai vu un clip ce matin "le blues de toi" j'ai cru que j'allais exploser son écran plat. J'ai hurlé devant un monstrueux insecte, il marchait sur le volet. Il avait un long corps, des poils partout à moins que ça ne soit des antennes ou des pattes j'étais terrorisée. Je ne savais plus où tu avais rangé l'insecticide. Je pleurais. Je ne le trouvais pas, j'avais peur qu'elle s'approche de moi, qu'elle disparaisse avant que je ne la tue. J'ai appuyé une éternité sur cette bombe, elle était si grosse et si horrible que cette saleté a mis longtemps à mourir. Entre temps, j'avais cassé un verre, j'étais intoxiquée, et je pleurais, je tremblais. J'ai cassé un verre. Un verre qu'on avait acheté ensemble, j'ai pleuré quand il a fallu mettre les débris dans la poubelle. J'ai aussi abimé notre table de cuisine avec une bougie, il y a une trace noire, j'ai pleuré en essayant de l'enlever avec une éponge. En voulant laver les vitres, j'ai remarqué que je n'atteinds pas le haut. C'est vrai qu'en arrivant c'est lui qui les avait lavé. Il riait de me voir sautiller et m'étirer sans y parvenir. Sa mère ne m'adresse pratiquement plus la parole depuis plus d'1mois personne ne sait pourquoi. J'aimerai acheter des suspensions et des rideaux avec notre bon ikea mais je doute que je puisse les monter seule. Je demanderai à ses amis. Son meilleur ami d'ailleurs... c'est demain qu'il récupère les clés de sa nouvelle villa avec sa femme. Samedi, ils se sont disputés. Il m'a appelé, hors de lui, désespéré. Je l'ai retrouvé en catastrophe en ville. En terrasse, j'ai tenté de l'apaiser, de lui rappeler qu'ils s'aimaient, leurs projets. Il m'a sèchement demandé d'arrêter de parler d'elle. Lui, il ne voyait que la vie avec moi, il ne rêvait plus que de nous, nos enfants, nos projets. Il pleurait, me demandait pardon, se traitait d'être le pire des salops, un sale con. Il me serrait la main, quand mes doigts ont touché son alliance, il a voulu la retirer, je l'en ai dissuadé. Il ne supporte pas mon amitié. J'avais envie de partir, mais le laisser seul ça n'aurait été que mal en pis. On a payé nos consommations, on a monté un escalier, A la dernière marche, il s'est brutalement reculé de moi. J'ai suivi son regard, à notre droite, on distinguait à travers la vitrine et les mannequins d'un magasin, sa femme et une amie. La peur m'a explosée le ventre. Je suis partie sans un mot. Il l'a rejoind. J'ai vu Raphaël, on a fumé. J'ai oublié un temps. C'était bon de ne plus penser à quel point je haïssais cette ville, cette attente, vivre ici en l'attendant. Torture. Je suis sortie avec Benjamin. Il m'a parlé d'une nouvelle copine, cocue nuit et jour comme toujours. Mon copain lui manque. C'est vrai que c'est comme son père. Il aurait été là, il lui aurait fait la morale. Il l'aurait aussi félicité pour son entrée dans la vie active. Il aurait joué à la play3. Alors comme toujours je lui ai fait un bon repas et j'ai essayé de remplacer au mieux mon copain. Il a beaucoup rigolé, il a mangé toutes les crêpes. Finalement il a dormi à la maison. J'aime bien Benjamin, il l'a connu quand il avait 6ans il venait de perdre son père, il l'a pris en affection, il a toujours été là pour lui. Naturellement je l'ai pris aussi sous mon aile. Je trouve ça étrange ce rôle de "seconde maman" surtout qu'on a pratiquement le même âge. Mais c'est naturel, Benjamin c'est encore un enfant, il se cherche, il a besoin de temps. J'ai vu Manu aussi, il a joué un peu et quand il a vu que j'allais pleurer, il m'a longtemps pris dans ses bras. J'aime bien Manu, il est toujours doux, calme et discret. Je joue avec ses dreads, et je me sens mieux, il m'apaise. En une après-midi, il ne m'a envoyé que deux mails. Une dizaine de mots sur un écran blanc. C'est tout ce que j'ai de lui. Je pleure à chaque fois, trop petit, trop court, trop attendu, trop froid, trop vrai, trop mal. Je pleure, ça ne me suffit pas. Tout le monde me dit courage mais je suis désespérée. C'est comme demander à un athée de prier. J'ai envie qu'il apparaisse devant moi, qu'il me gifle avec un sec "reprends toi !". Comme une gamine. La gamine reprend le travail demain. Et devra se faire violence pour envoyer le dossier d'inscription définitive à la fac. La gamine veut retourner à l'état foetal et cette fois se laisser étrangler par le cordon. A peine née que je me suis déjà manquée. Il revient quelques jours en novembre pour nos 4ans. C'est affreux de dire ça, mais en attendant, je ne sais pas où j'en serai. Je me fou de son arrivée, tout ce qui m'importe c'est de tenir jusque là. La journée se poursuit et je suis toujours en pyjama dans le noir, j'ai de nouveau mal au coeur et je pleure. — Ce billet est extrait du Blog de Kiwilie. |
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