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black stone
A ma période "célibat, ton ex tu oublieras puisque des mecs en veux-tu en voilà", avec des amis, on avait un sordide plaisir : celui de varier au maximum les rencontres. Tantôt un musicien, tantôt un banquier. Un jour, un blond aux yeux clairs, le lendemain un beau brun ténébreux. La semaine dernière c'était Yu, là on finit avec Sean car j'ai remarqué Kamel. Un soir avec un jeune fils de bonne famille, une nuit avec un homme marié et papa... Ici c'était avec un tox, et là c'était avec un médecin et partout c'était avec le sapeur-pompier. Il fallait tout tenter, tous les corps de métiers, les mentalités, les origines, les styles, les passions, les mentalités, les genres et pourquoi pas même tout mélanger. Ce n'était pas qu'une histoire de sexe, au contraire, ça n'aurait eu aucun intérêt, il fallait tout explorer en eux, le corps comme l'esprit. Tous les sens devaient être en éveil, le toucher comme l'ouïe, la vue, l'odorat, le goût, s'imprégner au maximum de ce partenaire éphémère. Bref, la déchéance. Je crois qu'il faut avoir eu mal à en crever pour comprendre cette recherche désespérée d'affection inconnue. Je pensais cette période "révolue". Jusqu'à récemment. En ce moment, je suis amenée à rencontrer pleins de gens divers et variés et de nouveau, je ressens cette envie d'explorer chacun d'entre eux. Hier, je prenais enfin une pause. C'était la fin de l'après-midi. Je commande mon déjeuner et là... il y a ce gars. Il captive le regard de tout le monde et il y a de quoi. C'est un mannequin. Un vrai. Pas le playboy, la structure plastique, qui une fois dans sa vie, a fait un shooting pour la redoute. Non, un vrai mannequin, celui qui a un physique Et une gueule, un style. Celui qui a un contrat en agence et passe son temps à poser, défiler et voyager. Je me suis dirigée droit vers lui. "je peux te tenir compagnie ?" Et hop ! Ni une ni deux, me voilà moi, ma salade, et mes p'tits filous invités dans un grand sourire à prendre place en face de lui. J'ai passé une heure délicieuse. On a parlé de sa vie, de son enfance, de sa famille, de ses projets d'avenir. C'était tellement intéressant. Il m'a bien fait voyager. Faire abstraction du corps n'est absolument pas frustrant, au contraire. Je suis bien, je ne cherche pas à être touché, j'ai ce qu'il me faut, en corps et en mots. Les autres autour, c'est la lumière qui éclaire ma vie de plus en plus colorée. Un dernier café et je suis repartie travailler en quittant sans regret ses yeux clairs et sa peau tropicale. On se revoit vendredi. J'adore l'écouter me parler de sa vie.
— Ce billet est extrait du Blog de Kiwilie. |
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