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black stone
Je me force parce que je le dois, pour lui, pour toi, et pas pour moi. Je crache. Je redoute le moindre appel au sommeil, je fuis mon lit. Je me casse le dos au bureau, je me fond dans le canapé devant la télé et la nuit passe doucement, au petit matin, je m'assourdie les sens dans le métro puis ma journée commence. Les gens passent, défilent. Et il y a des trauma. Des trauma qui s'accumulent et auxquels je ne réagis pas. Je suis froide, de marbre. Son meilleur ami m'a hurlé qu'il m'aimait, maintenant, je le sens, c'est vrai. J'ai fait le point sur ma sexualité. Je suis désormais au clair avec ma bisexualité. C'est incroyable ce sentiment d'être 'pleine', je suis sereine. Je sais que plus jamais, je ne ressentirai ce sentiment de frustrée. Une patiente est décédée. Violence. A la fin du rendez-vous, elle a fait un détour et son coeur s'est arrêté. Je lui ai souhaité une bonne journée et elle est morte seule dans les wc. Voir ce corps dénudé, samu, pompiersqui s'acharnent, l'entubent, le perforent, le choc, le massent et l'emportent sans vie... Un des pompiers m'a demandé mon numéro et les affaires personelles de la patiente. On tenait le sac d'un cadavre encore chaud et il souhaitait me revoir... la vie continue. Je ne comprends pas des fois à quel point le sexe peut rendre minable. C'est un homme bien. Il est vraiment bien, c'est sincère, j'admire ses qualités, ses défauts, son tempérament, sa mentalité. Il est beau, c'est honnête, il a un charme évident, il émane une chaleur, il est désirable. Il a, en apparence tout pour lui, tout pour qu'on l'apprécie, dans son entièreté. Pourtant, on ne le baise que par intérêt. L'art de la promotion canapé. Pratiquement toutes mes supérieurs lui ont offert leur dignité, et maintenant, c'est moi qui en a l'opportunité. Si un jour, lui ou elles a le malheur de me manquer de respect, je serais là pour leur rappeler qui mérite le plus d'être respecté. Et puis à quoi bon... le principe chatte à l'air, meilleur salaire n'ont pas l'air de leur déplaire. J'ai honte d'être humaine. J'ai failli être aggressée. Rendez-vous avec S au pub. Rapidement dans la rame, je lui écris de me rejoindre à la station. Ce gars, assis au loin, je le crains et dans ces cas là, j'ai bon instinct. Ses yeux sont fous. Les portes s'ouvrent, à la première barre de réseau, j'envoie le texto. Je longe le quai, je sors. Il ne devait pas penser que je suis le genre de personne qui monte un escalator, quand il m'a vu monté, j'ai disctinctement entendu son 'putain', il s'est précipité, m'a rattrapé. Au pire, je pensais qu'il me tiendrais un membre, mais sa principale prise fut ma gorge. De suite, mes poumons m'ont brulé. Dans la chute, il s'est éclaté l'arcade, j'ai senti le sang sur moi, c'est ce qui m'a le plus choqué après ses pouces sur ma gorge. Je l'ai encore frappé, il m'a enfin lâché, mains qui me fouillent 'quel cul', j'ai mis toute ma force dans mon pied, le nez a craqué, il a hurlé. Des étudiants ont couru, ils m'ont éloigné, S est arrivé. Tout le monde l'a retenu, il était enragé. Il a vraiment eu peur pour moi, ça m'a touché. Inconsciemment, cet homme je le considéré d'emblé plsu comme un patient que pour un agresseur. Il est malade, il était hospitalisé, C'est le côté pro qui ressort finalement. Faut dire, je passe tellement de temps au cabinet en ce moment... Et S, cette masse de muscles... il s'en veut mais on ne ferait pas su sport régulièrement, il ne m'aurait pas inscrit à ses cours de combat ça n'aurait pas fini ainsi. Savoir qu'il était là, m'a rassuré, je savais qu'il viendrait. Mon copain rentre. Cette nuit. Il a eu peur. Il s'est énervé après moi. Il a été en colère pendant quelques jours. Je ne m'attendais pas à cette réaction là. Son arrivée précipitée me dérange. J'ai mal à la gorge, mon cou est meurtri et j'ai plein de traces sur les poignets. Je n'ai pas envie qu'il me voit ainsi. Là, il est déjà dans l'avion. L'autre jour, on lui a envoyé une photo de moi avec une tunique blanche serrée à la poitrine mais qui se finit de façon ample sur le buste. 'si tu portais un enfant, ça serait un peu ainsi ? je me languis de le vivre réellement. J'ai toujours envie de démissionner au printemps, je n'ai pas envie de te quitter, j'ai d'autres projets que ce boulot loin de toi.' Ca me touche mais c'est tout. C'est si dur ce qu'on vit que j'ai peu de compassion pour ces états d'âme. Il m'en fait tellement voir, il est parfois tellement dur et loin de moi, mon blindage ne cède pas sur commande. Ca va bientôt faire 4ans qu'on est ensemble. C'est toujours comme le premier jour, on est toujours aussi instable, fou et indépendant, on s'aime bizarrement. Deux amis qui prennent leur pied, dans la vie comme au lit. C'est ainsi qu'on nous décrit. C'est dur d'entendre ça. Ma p'tite soeur est peut-être enceinte. A peine le temps d'aimer. Tout nous partage, on a une enfance, une vie sentimentale très différente, je la considère à peine comme une femme. Elle me confie tout. Je suis au jour le jour sa belle histoire avec son p'tit ami. 'moi qui réclame sans cesse d'être tatie... c'est le monde à l'envers'. C'est vrai petite soeur... mais c'est moi, pas toi, je vis le monde à l'envers. D'ailleurs, pour moi aussi, le sang a cessé de couler, mon corps tout comme mon esprit régresse. Un rêve. Un rêve qui m'a énormement ébranlé. Violent, cruel, sadique, pervers. Un groupe d'amis, des garçons que je ne connais pas, et un qui se vante d'avoir bien été sucé. Et là, je vois un pauvre petit animal,dans la poche d'un autre inconnu, la gueule entrouverte en sang. Je ne parvenais plus à détacher mon regard de cette boule de poils qui souffrait, qui ne demandait plus qu'à être soulagée, délivrée... il fallait qu'on abrège ses souffrances... Ce rêve était horrible, sombre, étrange. Jamais je n'avais rêvé d'une telle chose. Pas un jour ne passe sans qu'on ne me fasse une remarque sur mes yeux. J'ai envie de les fermer pour toujours. Je ne sais même pas qui m'a transmis ce regard. Il est bleu. Mais il ne me rend pas amoureuse de la vie pour autant qu'il le soit. Paupières closes, l'obscurité me ressemble... Ca me fait penser... cette nuit, on sera enfin lui et moi, réunis. — Ce billet est extrait du Blog de Kiwilie. |
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