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L'essence de la photographie
God, I feel so empty.
J'me rends compte à quel point ça devient de plus en plus dur de vivre sans toi. Depuis que tu es parti, j'ai du mal à me relever, à me remettre à vivre. J'suis là, en stand-by, à me dire que putain, c'est plus pareil ici. Nan, c'est plus pareil. Il manque quelque chose, il manque quelqu'un. J'essaie d'me dire que ça va passer, que je vrais reprendre mes habitudes, mes putains d'habitudes tellement monotones et ennuyantes. J'me dis que je vais reprendre le train-train quotidien, et que ça va m'aider à attendre encore un mois et quelques. Un mois avant de revivre. Et puis j'me dis aussi que j'n'ai plus que 4 mois à tirer ici. 4 mois à tirer loin de toi. Et que dans 5 mois je quitte tout, le nord, les bonnes vieilles habitudes, les vieux amis, la famille. Dans 5 mois j'descends à Toulouse, j'm'installe, j'refais ma vie. Avec toi. Et ça, ça m'aide à survivre. La vie m'attend ailleurs. J'n'ai plus rien à quoi me rattacher, et ça fait bien deux ans ou trois que ça dure. J'n'attends que ça, partir. J'étouffe tellement ici, depuis quelques années, que je n'aspire qu'à une chose : me barrer. Me barrer, et tout recommencer à zéro. Et tu seras mon point de départ. J'ai plus envie d'voir les mêmes têtes tout le temps, les mêmes têtes depuis 7 ans. J'ai plus envie de me lever le matin et de voir que dehors il pleut et il fait froid. J'veux me ballader en t-shirt dès mars. J'veux du soleil, comme dirait l'autre. Et j'te veux toi. Parce qu'il n'y a qu'avec toi que j'suis tellement moi. Quand on se réveille à 8 heures dans un lit, que tu me serres dans tes bras, que je me blottis contre toi, et qu'on s'rendort. Quand on traine devant la télé à r'garder les infos, quand je cuisine mes cookies pendant que tu fais des pancakes, quand on cuisine tous ces desserts mais que j'n'arrive quand même toujours pas à grossir. Quand on prend une douche tous les deux et que tu me masses les cheveux. Quand on va au ciné, voir des bons films, ou des navets. Quand j'passe du rire aux larmes à cause d'une trop haute dose d'hormones. Quand tu m'chatouilles et que je te supplie d'arrêter car je déteste la sensation. Quand on fait les tigres sur le lit, à grogner comme des gamins de 10 ans. Quand on se serre l'un contre l'autre sur le canapé, et qu'on discute de tout et rien. C'est ça que je veux, moi. C'est tout. Et puisque depuis que tu es rentré dans ma vie j'ai entamé une nouvelle vie qui me convient bien mieux, puisque depuis que tu es là j'ai un grand rayon de soleil qui organise le bordel de mes jours passés, alors j'ai décidé que je t'aimerai encore, encore, encore et encore, à t'en étouffer. Mes mots dégoulinent, c'est vrai, mais après tout s'ils débordent c'est parce que moi j'suis amoureuse, et que j'n'ai jamais su m'exprimer autrement que par des mots dégoulinants. — Ce billet est extrait du Blog de Souffle. |
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