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Jane Iris, Jane Absinthe
Bonjour Sagan Depuis que les réalisateurs ont sorti le biopic, les profanes peuvent du jour au lendemain prétendre connaître une grande figure du champ culturel d’hier ou d’aujourd’hui, ou tout simplement découvrir une personnalité. En allant voir « Sagan » je ne savais rien de la romancière, pour moi une énième intello gauchiste. Eh puis j’ai découvert un petit bout de femme fantasque et têtue, désintéressée et passionnée, rendue tout du moins vivante et attachante par la géniale Sylvie Testud, qui affiche une ressemblance troublante. Le film est long, un peu trop d’ailleurs, mais assez pour nous immerger dans le petit monde de Françoise, fait de voitures de sport et de coups de tête, d’aventures en tout genre et excessives, oppressée par les éditeurs, les créanciers, les pique assiettes. Peut-être un peu trop scolaire en ce sens, les plans se superposant plus ou moins maladroitement pour présenter au spectateur chaque facette de l’histoire ; mais la deuxième moitié du film m’a davantage absorbée jusqu’à une fin tragique digne du chanteur de Balavoine… Mais au –delà de ces petites maladresses, c’est un vrai portrait qui est brossé, authentique et réaliste jusque dans les détails – un vrai bonheur pour les yeux ce Kelly, assorti au trench beige intemporel et pantacourts d’époque… Une belle réalisation doublée d’un casting parfait : Pierre Palmade est l’ami fidèle, Guillaume Galienne le frère protecteur, Jeanne Balibar la femme fatale, Arielle Dombasle la pourrie sans scrupules, Chantal Neuwirth restera la femme de chambre dévouée… Et évidemment est-il encore besoin de nommer la prestation parfaite de la petite Testud qui incarne l’écrivain depuis ses 19 ans jusqu’à sa mort dramatique avec une justesse rare et poignante, frôlant parfois le diktat de la véracité, mais coïncide parfaitement avec Sagan sans la timidité, le trouble, le rire, mais aussi la lâcheté. Parlons-en de cette lâcheté, il semblerait que la relation houleuse entre la mère et son fils soit évidente pour qui connaît le personnage, mais cette facette est plus qu’obscure dans le film, où par ailleurs d’autres points sont bâclés, étouffés ou oubliés. Voilà ce que bon nombre de critiques ont pointé du doigt, taxant l’œuvre de Diane Kurys de trop prévisible où tout est montré, surligné, affiché sans jamais décoller. Oui, comme je l’ai remarqué, tout ceci est assez linéaire, et le rendu d’une vie pourtant si palpitante n’est pas à la hauteur des espérances. Mais pour moi qui ne suis pas particulièrement cinéphile avertie et me contente de ressentir les choses, je pencherais plutôt pour l’œuvre intimiste, centrée sur les sentiments et les relations dans laquelle on peut tenter de se retrouver ou d’analyser un petit monde aux antipodes du nôtre. Certainement que la rebelle Sagan ne s’est pas, une fois de plus, laissée faire dans cette biographie, mais la réalisatrice a su au moins figer les émotions et offrir une belle ambiance littéraire et bohème qui m’a insufflé une furieuse envie de m’y mettre (enfin !) aussi. Jane, le 17/06/2008 — Ce billet est extrait du Blog de JanieJane. |
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