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eucalyptus inside
Cent-douze Réveillon avec des tas de gens dont une trop grande proportion d'inconnu(e)s, sensation d'étrangeté des détails qui collent pas les filles habillées avec des robes invraisemblables de petite madame, cette coutume ridicule d'embrasser tout le monde en souhaitant à chacun les meilleures choses, que tu réalises tout ce dont tu as envie, bonheur travail argent amour santé, j'ai l'impression que ça n'a aucun sens, alors je le fais machinal, j'essaie second degré mais je sens bien que je ne suis pas dans le ton de la soirée. Repas un ennui gênant, que dire que faire, je souris un peu mais ça marche pas très bien puisqu'on a toujours rien à se dire, je suis très nulle pour toutes les petites conversations superficielles qui "créent du lien", genre le temps dehors le temps qui passe la déco la salle les périodes des fêtes c'est bon ta salade, très très nulle, et quand on m'en cause d'ailleurs je crois ne pas savoir planquer un bout de grimace ironique. Ensuite on gigote avec derrière de la musique plutôt pas terrible et c'est marrant comme dans ces cas là les bras ça sert vraiment à rien. J'essaie de me dire que l'important c'est d'avoir l'air parfaitement détendu même si ridicule, j'essaie, bof, m'en fous allez, c'est pas des gens qui comptent. Devant ma part de bûche glacée je me dis tiens ça doit faire dix minutes que je pense que j'aurais été mieux ailleurs. Une fille porte une robe rouge chinoisante courte sur des bottes noires avec des talons épais larges z'et moches, et un micro-gilet blanc cassé sur sa forte capacité pulmonaire. Jolies jambes. Elle s'agite devant le seul garçon potable de la soirée, qui semble totalement absorbé par ses déhanchements. Je me dis, c'est une amie et non la première pétasse venue, elle est intelligente et drôle et sympa. Je songe aux tonnes de jolies filles qui potentiellement accaparent l'éventuel, on me secoue le bras pour me dire viens, y'a plus personne qui danse c'est pas drôle, alors j'accepte et on remue en essayant d'ignorer les trente personnes assises qui nous font plus ou moins face.Après la masse diminue, j'assure l'élément râlant/grinçant/puéril, je suis partante pour tout et je perds à tous les jeux, je mets en valeur tout le monde c'est ma bonne action de l'année (pour me la ramener un peu - et compenser - je décide de répondre éditrice à tous ceux qui me demandent ce que je veux faire après mes études, mais personne ne le demande). En allant pisser je croise ma gueule dans un miroir, j'ai des machins rouges sur le fornt qui n'y étaient pas il y a quatre heures, mon kohl s'est dilué sur toute la paupière inférieure, j'ai des cernes de dix mètres, les cheveux en vrac et une marque de pull sur la joue. 2007 ça commence bien je trouve. — Ce billet est extrait du Blog de super-euca. |
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