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Eucalyptus inside
Cinquante-neuf Je n'avais rien à faire alors j'ai jeté un oeil sur les photos qualité merdique que j'ai prises à Heidelberg, cet été. C'est très moche, c'est flou, c'est mal cadré. Et du coup j'ai été rechercher le carnet où j'avais noté des trucs et je pense vous en balancer des morceaux quand j'aurai rien à dire, par exemple aujourd'hui. Pas dans l'ordre, parce qu'il ne faut pas exagérer. Et je précise aussi que je sais pas, tout ce que j'ai écrit durant ces deux semaines en Allemagne a un drôle de style, un truc un peu bizarre qui me ressemble moyennement (sauf celui-là, parce que bon, j'suis pas maso, je commence en douceur). Bref. Aujourd'hui, le Philosophenweg.
Philosophenweg, le chemin des philosophes. La seule image qui me vienne à l'esprit, c'est celle d'hommes fluets, chemise de lin et cheveux longs volants au vent, version "écrivain romantique du 19e siècle". Les philosophes d'Heidelberg ne correspondaient probablement pas à cette vision. Bien qu'il soit difficile d'attester ou non la présence de la chemise de lin, on peut du moins assurer qu'ils devaient avoir des cuisses dignes de joueurs du XV de France. En effet, le Philosophenweg n'est pas une petite balade le long du Neckar, comme je l'avais naïvement cru, mais une randonnée (qui, à l'époque, devait par certains côtés ressembler à de l'escalade) à travers la montagne. Certes ils prenaient de la hauteur, mais, en pleine forêt, difficile d'avoir une vision claire. Moi qui m'attendais à une promenade tranquillou avec optio vue sur la ville, je me suis niqué les pieds sur les cailloux, j'ai subi un long monologue anglais-allemand sur la vie d'Emily Brontë et j'ai transpiré dans mon t-shirt tout propre. Le guide nous a lu un poême d'Hölderlin pendant qu'on tentait de reprendre notre souffle. Je crois bien que personne n'y a rien compris. On faisait tous des têtes de déterrés, alors le type nous a souri et a distribué des chocolats Kinder. C'est sans doute la seule chose qui restera, ce Kinder donné à la fin, comme on en offre aux mômes après une expérience traumatisante. — Ce billet est extrait du Blog de super-euca. |
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