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BlogueuZ : JanieJane Une petite citation : Aimez nous Peuple !! De quoi parle ce blog ? Mon avis critique sur des sujets d'actualité, mais principalement de mode ! Non, on ne se refait pas. EnjoY Your StaY !
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Jane Iris, Jane Absinthe
Coup de Coeur J’ai pour habitude de ne pas vraiment regarder la télévision. Et encore moins les séries américaines, qui me hérissent le poil. Si j’adorais les sorcières de Charmed et autres Buffy il y a une dizaine d’années, je ne peux tout simplement plus supporter le sourire bright, le brushing surréaliste, la maison en carton, les lycées impitoyables et d’une façon générale ces abominables clichés de la société américaine moyenne dont nous sommes bombardés à travers la cinquantaine de séries en circulation sur nos chaînes. Mais lors d’une nuit du mois de mars passée à câliner l’Homme devant des programmes télévisés inintéressants, me voilà soudain interpellée par une petite nouveauté – dont, bien sûr, j’avais entendu parler, mais avec mes a priori… La bête se trouve être l’œuvre de David Duchovny dont on n’avait plus franchement entendu parler depuis X-Files, mais qui signe là son retour triomphal, j’ai nommé Californication. David y campe Hank Moody, un critique littéraire quadra pour le moins cynique qui n’est pas sans nous rappeler notre Beigbeder national : premier délice. Hank possède ce charme insolent du poète maudit qu’on assène de « peux mieux faire ». Sa vie sentimentale est un vrai fiasco, il est accro aux drogues et au sexe pour se persuader du contraire et oublie qu’en définitive il n’a jamais aimé que sa femme, Karen, une grande liane qui est aussi la mère de sa fille de 13 ans, Becca. Mais je ne vais pas faire ici le synopsis complet de la série, il y a des sites officiels prévus à cet effet. Ce que Californication possède de tout à fait délectable est cette véracité dans l’action : non ce n’est pas une énième série à brushings et dialogues inhumains mais plutôt un pastiche évidemment réel de la classe artistique bobo de nos années 2000, véracité jusque dans la bande originale – ouf, on nous a épargné les groupes californiens à guitare pour ados au profit de Dylan, voire des consonnances Zeppelinesques. Ces personnages, tout de suite captivants, sont comme vous et moi, tiennent des dialogues cohérents, sont vêtus comme dans les rues de Paris, coiffés de façon tout à fait réaliste, ils font même l’amour tout nus ! Ils vivent, certes, dans la maison que nous autres pauvres téléspectateurs ne voyons que dans nos rêves, mais encore une fois nous nageons dans du plausible : fini le rêve américain dans la maison de poupée et son jardin parmi des milliers d’autres maisons et jardins identiques d’un suburb anonyme où même les chiens se ressemblent (quoi que Hank ne possède qu’un modeste appartement design.) Les ados ont des activités normales : guitare, sexe, soirées qui commencent à l’heure où les bons wasp puritains vont se coucher… (Non vous rêvez je ne fais allusion à aucune série qui passe actuellement sur M6 !) Bref, tout comme nous, ces personnages attachants dont nous nous évertuons à suivre les aventures au fil des semaines évoluent dans une société moderne et concrète – je dirais même crue ! – et pour la première fois je peux m’identifier et apprécier vraiment un produit de l’Oncle Sam, il n’en fallait pas plus pour me conquérir ! Mais apparemment, le bon puritain élevé au grain sus cité n’apprécie pas autant que moi, frenchie délurée, de voir un programme autre que celui dicté par son bon sens prude et ne répondant pas aux critères qu’il veut imposer au monde ; car si la France se contente de diffuser Californication tard dans la soirée, l’Amérique réserve cette pépite aux abonnés du câble, donc aux privilégiés qui paient pour voir autre chose que le traditionnel feuilleton pour ménagère ou adolescent en mal être. La rançon de la marginalité ! J. 27/04/2008 — Ce billet est extrait du Blog de JanieJane. |