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black stone
Du rire aux larmes, tout un cinéma... Ce soir, entre amis, nous devions nous rendre au cinema. Comme souvent, nos choix du film étaient différents, l'importance est de se retrouver, en débattre, le faire découvrir, le critiquer, le faire aimer. Ils étaient tous en retard et moi en avance, c'est donc seule que j'ai pris mon billet, je me suis dirigée vers cette toute petite salle. Une salle de cinéma a pour moi l'art d'allier le sinistre à l'érotisme, je suis soulagée quand les lumières font place à la lugubrité de l'écran, on y distingue moi le moelleux fauteuil et son doux manteau rouge excitant. Assise dans une salle pratiquement vide, la solitude fut écrasante. J'aurai aimé qu'au moins l'un d'eux m'accompagne et surtout lui... il m'avait promis avant de se désister devant la possessivité de sa femme. Alors mon imagination se balladait, je m'imaginais avec lui, je me plaisait à rêver d'un moment où enfin on pourrait de nouveau se voir seul. Je me disais que cette séance nous aurait fait beaucoup de bien et le fantasme m'a mené à l'imaginer surgir dans cette salle. Quelle folle. Je ne suis qu'une amie, jamais il ne pourrait s'imaginer que l'entrevoir me suffit à soulager le fardeau de la distance entre mon homme et moi. Finalement, c'est un peu de lui que je retrouve en son ami. J'étais plongée dans mes pensées, il fesait froid et je m'imprégnais de cette odeur sucrée de pop-corn au caramel. C'est là que j'ai sentie sa présence. Il a surgit à mes côtés. J'ai eu envie de pleurer, de me coller à lui, de le serrer dans mes bras. Comment parvenir à s'éclipser devant tous les autres sans soupçon, je l'ignore. Mais parmi la dizaine de salles, il m'a retrouvé quelques secondes pour prendre la peine de voir comment j'allais. C'est peut-être stupide. Mais... le film n'avait pas encore commencé que je pleurais, touchée. Je sais qu'il a voulu m'embrasser. Je sais qu'il aurait voulu rester. Mais je ne souhaite rien gâcher, je préfère ne penser qu'à son amitié. J'ai pleuré. Le film était si beau, il m'a transporté, j'étais bien. Et puis, en sortant, je les ai vu au bout du couloir. Leur film était fini, ils m'attendaient. Il fallait que je fasse comme si de rien n'était, lui dire bonsoir avec indifférence. Comme si l'instant fugace n'avait jamais existé. Un instant pourtant si bon et si réconfortant. Pourquoi le dissimuler ? Et là m'est venu, un poids au coeur, j'ai à peine eu le temps de pivoter, pousser une ou deux portes et là comme une abrutie devant une lunette de wc, j'ai pleuré une éternité. — Ce billet est extrait du Blog de Kiwilie. |
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