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black stone
Quel pied ! Ca commençait mal, on se retrouve, je boude. On a mis la journée entière à s'organiser, tout ça pour se retrouver à 16h dans un parc desséché. Tout le monde chahutait, il y avait une bonne ambiance. Je riais mais je ne pouvais m'empêcher de les voir, marcher tous les deux devant moi, la main dans la main, un pincement au coeur. C'est normal, c'est sa femme... Alors qu'ils étaient tous réunis, j'ai préféré m'éloigner, lire un chapitre au bord du ruisseau. J'ai pleuré plus que je n'ai lu mon roman mais ça m'a apaisé. Ils étaient tous réunis, tous, il ne manquait que lui : mon homme.Quand je suis revenue, enfin il a commencé à m'envoyer quelques signes. Un regard, un geste ou deux. N'aimant pas le sport, elle s'est tranquillement allongée au soleil et là enfin, je me suis sentie plus sereine. Avec les garçons, on a joué jusqu'à épuisement, les nerfs ont craqué, on a tous dégénéré, bataille générale. Il en a profité pour me prendre dans ses bras et m'emporter au ruisseau à l'abris des regards, juste quelques minutes. J'ai à peine eu le temps de lui souffler la gorge serrée "tu m'as effacée" , il m'a fait non de la tête en me reposant à terre et s'est éloigné rejoindre les autres.Le soir, on a improvisé un restaurant. Mon humeur s'assombrissait redoutant de rentrer chez moi, seule. Lorsque surprise, il s'installe en face de moi. Sa femme se posant naturellement à côté de lui, j'éclipse rapidement ma joie.Ce face à face s'annonce délicat. Alors me vient une idée saugrenue. Qui n'a pas vécu cette période pré-pubère où on joue à se "faire du pied" ? La dernière fois qu'un garçon m'a surpris ainsi, je devais avoir 13ans en salle d'étude, il s'appelait David. Et là, c'est moi, gamine qui osa franchir le pas.Tout en choisissant sur la carte un verre de porto, je retire discrètement mes ballerines sous ma chaise. Puis, mine de rien, je pose mes pieds nus sur ses lacets, je me joues des boucles, je caresse le tissus, je glisse mon pied le long de sa jambe. Sérieux comme il est, je redoute le moment, où il va sèchement me repousser. Et là, à son tour, il me surprend. Il enserre mes pieds entre ses jambes, je suis calée, au chaud, je suis bien. Ainsi, la soirée s'est déroulée, tranquillement, emprisonnée tantôt caressante, tantôt caressée, c'était doux. Elle a réclamé qu'il l'emmène à Rome et en Egypte et pour son anniversaire, elle souhaite les Maldives, elle a plaisanté des surnoms qu'elle lui donnait, elle a parlé de leur avenir. J'espère qu'elle était heureuse, enfin elle avait peut-être le sentiment de le posséder entièrement. Leurs alliances brillaient à la lumière des bougies. Elle était au coeur de la soirée, elle aussi rayonnait.Je m'en fous, sous la table de bambous, nous étions liés, soudés, finalement, mon ami ne m'a pas effacé... quel pied.
et encore... je ne vous ai pas encore dévoilé les messages dissimulés dans les biscuits chinois... — Ce billet est extrait du Blog de Kiwilie. |
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