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A Woman Left Lonely
Par Hannah-Lina MPL'ajouter à tes blogs
Une petite citation : Now all the criminals in their coats and their ties/ Are free to drink martinis and watch the sun rise.
De quoi parle ce blog ? Right here, on the road, I'm on today and I get the feeling, I could chase you clean on in the ball.

Set Mandela Free...
Posté le 30 mai 2007 par Hannah-Lina

...And the tears are flowing
wipe them from your face...

Simple Minds - Mandela Day

J’imagine que tout cela est normal, banal, quotidien et donc absolument insignifiant. Réflexe conditionné par les souvenirs de réactions mécaniques.

Avant la fin de l’Apartheid le gouvernement de l’Afrique du Sud effectuait le recensement de la population de couleur noire en photographiant les townships à partir d’avions volants à moyenne altitude. Ils ordonnaient aux habitants de sortir de chez eux, dans leur rue… et puis tel des relevés topographiques ils les prenaient tout connement en photo. De retour au Ministère de l’Intérieur ils développaient ces clichés (quelques centaines de milliers, à l’échelle de l’Afrique du Sud) puis à l’aide d’une bonne loupe ils comptaient les gens sur les photos, sachant qu’un cliché représente un kilomètre carré ils en déterminaient la densité de la population noire dans chaque township… Sauf que sur ces photographies il se pouvait qu’il y ait des « gens de passage » se trouvant là « par hasard », en visite chez des amis ou de la famille … sans compter ceux qui refusèrent de sortir de chez eux pour se faire marquer comme des animaux… En fait beaucoup des habitants des townships se jouaient de ce recensement à la mode Afrikaners.

Ah, l’Etre humain est plein de ressources, jamais à court d’une idée nauséeuse.

 

Il m’a dit que c’est à cette époque qu’il a prit la décision de faire de sa vie œuvre de Vérité. Contre tous ceux imbus de leurs certitudes culturelles, sociales, économiques, raciales – que ce mot est abject. Chacun ses armes, je l’ai toujours pensé, et les meilleures ont souvent l’apparence inoffensive de ces petits actes insignifiants accomplis dans un quotidien par trop banal.

 

Je suis Noire lorsque j’entends Louise me dire qu’avec son Master en Droit Européen elle ne trouve aucun poste et que le seul stage qu’elle a pu faire était dans un cabinet de lobbying franco-africain. Lui dire quoi à cela, lui dire rien, tu sais… j’ai la chance de ne pas être trop « typée arabe », d’avoir un nom dont l’origine parait indéterminée accolée à un autre dont l’origine ne pose plus les problèmes qu’il posait il y a soixante ans en Europe… Mais mon deuxième prénom, Malak, je l’ai fait passer à la place d’honneur lorsqu’en 2001 j’ai eu la nationalité française. Je n’ai jamais connu de quelconques discriminations, j’ai toujours pu travailler aux postes et dans les sociétés qui m’ont intéressés, faire les études qui pendant quelques années ont été mon seul et unique centre d’intérêt. On me demandait, bien sûr de quelle origine était mon prénom, comme si elle n’était pas suffisamment explicite. Arabe, était ma réponse, tout à fait arabe, je précisais toujours comme pour signifier à mon interlocuteur la bêtise de sa question. Mais vous êtes née en Roumanieoui mais mon père est Syrien. Ah, donc vous n’êtes arabe qu’à 50% (rire gras, vaguement complice)...oui peut-être mais lorsqu’on me tient le type de discours que vous me tenez à l’instant j’ai follement envie de l’être à 150%, arabe je précise. Le directeur de la salle des Marchés dans laquelle j’ai travaillé à la Société G. m’a certainement prise pour une détraquée en quête de mon identité et moi je l’ai laissé pour ce qu’il est : un brave type un peu niai.

 

 

- Je t’aime.

- Plus que le Cambodge ?

- Plus que ce que tu fais semblant de croire.

- Pourquoi ?

- Tu es dans l’intraquilité permanente.

- Tu m’aimes, donc ?

- Oui.

— Ce billet est extrait du Blog de Hannah-Lina.

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