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A Woman Left Lonely
Quand vous serez bien vieille...
Posté le 15 juin 2007
@ 16:46
La jeune fille, ce qu'elle est en réalité. Une petite sotte et une petite salope; la plus grande imbécillité unie à la plus grande dépravation.Charles Baudelaire Je crois entendre encore - Les Pêcheurs de Perles, Charles Bizet Il m’est toujours étonnant de constater la difficulté qui contraint mes attitudes dès lors qu’il s’agit de montrer mon corps, surtout dans sa nudité. Me regarder ou plutôt regarder le corps qui me sert de transport m’est souvent impossible. La nudité, la mienne mais aussi celle des autres, me plonge dans un mal aise très perceptible. Pourtant, j’en apprécie ses représentations, se mises en perspectives, ses joliesses, ses poses naïvement suggestives. C’est parce que la chair me semble bien souvent triste et encombrante que je me garde d’en faire l’étalage personnel. La seule idée qui puisse m’inciter à me découvrir se résume dans le jeu humain que cela provoque. Apparence et pouvoir, apparence du pouvoir de certains sur d’autres par la seule mise en avant de ce qu’ils considèrent être leurs atouts majeurs. Souvent, les femmes se défient en se montrant au mieux de ce qu’elles pensent être ; pour susciter l’admiration, le désir à défaut d’être aimées. Je n’ai jamais eût cette tentation, et je me garde loin de cela. Etre la plus banale, la plus insignifiante, la plus commune possible a toujours été un mode de vie constant chez moi. Se fondre dans la masse des passants, n’être personne en apparence, dissimuler ses trésors, ses perspectives et ses beautés.
J’ai toujours considéré les photographies comme des outils me permettant le souvenir de moments importants, jamais la pose, jamais le Beau bien trop inutile et triste. Car la recherche de la belle image de soi se repend bien trop vite dans une société suprêmement narcissique ayant déjà évacuée l’idée que seuls quelque uns ont la grâce naturelle et la conscience leurs permettant de s’émanciper de leurs propre image. Parfois les photos sont autre chose, un choc entre soi et le photographe, une confiance donnée, l’envie d’être au travers de quelqu’un d’autre. Ses photos, comment me sortir de lui…une obsession trop douce pour activer les défenses intrinsèques à ma personnalité. Ses photos, à Lui, Antoine d’A. je dissimule son nom comme pour épargner une part d’intimité car même s’il s’étale sur ses livres posées dans les rayonnages de n’importe quelle FNAC, aujourd’hui est depuis son retour il est à moi. Ses photos, je sais les affronter, les regarder droit dans les yeux… 1re nuit. 20 ans. Avoir mal. Pourquoi ? Te garder… Ça ne marche pas comme ça. Alors, comment ? Tu veux quoi ? Je lui ai répondu Rien, une nuit c’est tout. Oui, c’est raisonnable, m’a-t-il dit. 3 mois. Trop fatiguée, l’Ecole, je priorise, ambitions, concours Harvard Business School, trop prestigieux pour sacrifier cela sur l’hôtel de notre violent combat sensuel. J’ai grandi, suis revenue, pas si difficile que cela t’ais-je dit. Oublié, les nuits passées à me taper la tête contre les murs parce que ma mémoire en laquelle j’avais toute confiance me faisait défaut, me trompait même. Oublié l’angoisse de devoir affronter un amphithéâtre rempli de super cracks de la Finance, prendre la parole, prendre un air supérieur, nécessaire pour se rendre maître de ce type de situation.
Il faut, parfois, avoir une allure un peu salope, mais une Grande salope. Noémie et ses principes pas très cartésiens. Agis toujours de telle sorte que tu traites l’Humanité, en toi-même comme chez autrui, toujours comme une fin jamais comme un moyen. Avec lui je peux laisser libre court à mes penchants provocateurs, entre les parois de nos appartements, ces choses-là doivent demeurer entre certaines frontières, l’étalage n’est plus subversif, sauf lorsqu’il est délibérément heurtant, il faut beaucoup de pudeur pour être une vraie salope. Le reste n’est que minauderie pour filles qui veulent rester d’éternelles adolescentes. J’ai fait mon choix et parfois j’en disperse les effets mais toujours avec parcimonie.
Xanax Party
Posté le 12 juin 2007
@ 15:14
Me débarrassé du Je tellement superfétatoire. Le Nous m’étouffe, me statufie, me perd. Ensemble, chacun protégé par la fine pellicule qui enveloppe nos individualités. Ensemble, donc. Lui me convient. Seule à Paris, Nancy est loin et revêche, Noémie très loin est déjà revenu de beaucoup trop d’espaces pour penser que ce voyage sauvera quoi que ce soit à son retour ici. Ensemble, sans se sentir trop seule, il m’accroche à lui. Photographier toujours, ma vie si banale, quel intérêt a-t-il à ce que je suis ? Sans doute l’idée que de tout cela il ne restera que des images. Images dont la vue me gêne toujours autant, mon image veut me vaincre et puis se défie, s’enfuit pour mieux ressurgir sur le coin d’une table quelconque à défaut d’être enfermée dans un placard gris et triste comme ceux dans lesquels il enferme les centaines de clichés qui le désespère tant. Pourquoi toujours ton appareil photos ? Parce que je préfère voir les choses dans le viseur de mon Canon. Canon, canon, canon…J’ai envie de toi, entre la cuisine et le salon, je me fous de tout ce que cette envie soudaine peut susciter comme idées d’abandon, de soumission. J’ai une telle tendance à … tu sera toujours loin de ma vérité… alors ce ne sera qu’une infime partie de ce que je récents, rien de très certain et constant… je trahis toujours, même ceux qui m’ont connu entre une cuisine et un salon. Planifier les quelques mois de soleil trop lourd, ensemble. Je te suis parce que j’ai envie de te voir face à elle, évoluer dans ce microcosme étrange dans lequel tu te sens à l’aise, est que tu la regarde de la même manière que tu me regarde ? Regard lointain, à travers notre ensemble, au-delà.
- Pourquoi tu ne sors pas, viens avec moi. - La lumière du dehors me tue les yeux. - Viens. - Non, lâche moi, je ne connais pas R. et V., cela me gène. - Et moi, tu me connais ? - Non, même pas tu vois. Antoine. - Malak. - Alors ? - Ce soir on sort Ensemble, que tu le veuille ou non, tu as besoin de prendre l’air. - Je préfère passer la soirée au lit avec toi. - Je veux que tu sortes. - D’ordinaire l’idée de passer une soirée et une nuit complète au lit avec une fille, disons moi, te fait un tout autre effet. - Je veux que tu sortes. - Non et inutile de faire semblant de t’intéresser à l’idée que je prenne l’air pour me sentir mieux, par rapport à quoi, dis-moi ? A cette relation, étrange, un mois normal presque anodin qui précédera un autre mois tel que tu le vis ailleurs, qui te révélera à moi…je n’aime pas sortir le soir. - Tu crois que je vais t’amener aux Chandelles ? Je veux te présenter à ma sœur. - Pourquoi ? - Pas.
Pro Time
Posté le 05 juin 2007
@ 09:19
Je ne peux décidément pas m’habituer à ces deux petites heures de décalage horaire. Le contexte professionnel et ma présence en cette ville inconnue sont certainement la cause de mes réveils nocturnes. Casablanca, 7 heures du matin, le deuxième jour de mon intervention débute dans deux heures et demie. Mon téléphone portable et mes laptop sont à l’heure de Paris…je suis réveillée depuis 5 heures, heure de Rabat. J’écoute en boucle des manele, chansons roumaines de variété, très populaires là-bas. La musique extrêmement forte dans mon casque, le Powerpoint devant les yeux et la Tribune comme lecture, je veux m’éviter toute mauvaise conscience professionnelle. Je pense un peu à la Roumanie, à sa langue qui, même lorsqu’elle sert de support à des musiques approximatives, m’émeut beaucoup. Toujours la langue roumaine accompagne ma vie et finalement elle parvient à faire passer le stress de situations aux quelles j’ai l’impératif de l’excellence. A chaque fois que je préparais des concours, des examens, des soutenances, des entretiens, j’avais dans les oreilles le son de ma langue natale. On est d’un pays comme on est d’une langue. Je suis de France, parce que le français est la langue dans la quelle je sais le mieux exprimer mes sentiments, je suis d’Amérique parce que l’anglais est la langue qui m’a permit de découvrir le monde lorsque je n’était qu’une enfant, je suis de Roumanie, parce que le roumain me rappelle sans cesse que le parcours d’une vie ne se perçois bien qu’à l’orée de son point de départ, je me fonde en elle dont la persistance mémorielle ne me quittera sans doute jamais.
Haide, haide…
Laura Vass, Copilul de Aur - Cine e inima mea
Michi Quoque Niteris
Posté le 31 mai 2007
@ 12:29
Pensées et lampes enterrées dans la profonde solitude.
Pablo Neruda – Vingt poèmes d’amour et Une Chanson désespérée
Tu sevitanretla’D Ne ueP M’offres sèrT Que euQ Très serffo’M Peu eN D’alternatives uT
Je t’ai connu plus courageux, bien sûr je sais que le fait de buter sur chaque mot n’est pas, chez toi, la preuve d’un malaise. Tu t’exprimes comme tu photographies, avec des cassures et des approximations, aucune linéarité ni dans la chronologie ni dans le fixing. Mais avoue que tes ressacs sont identiques à ceux qui te perturbaient il y à quelques années. Avant la Cambodgienne il y eu l’Algérienne ; toutes deux très jeunes et très belles, selon tes mots. Décidément, tu ne peux t’habituer au commun de la banalité d’une relation de proximité. Les Ailleurs t’attires tels les lucioles par la lumière… Tu crois que tu t’en sortira en te précipitant à l’autre bout de la planète pour « sauver » quelqu’un dont la conscience de soi est déjà abolie par de nombreuses années de toxicomanie et qui malgré sa situation dramatique ne te permettra pas de te racheter de toutes celles que tu as oublié, les laissant échouées dans ces lieux qui te fascinent tant. C’est le tonneau des Danaïdes, tu perdras celui que tu viens à peine de retrouver et qui te rassure un peu. La beauté des femmes t’attire et te détruit. Finalement c’est ta faiblesse esthétique que tu ne cesses de refouler dans tes photographies et qui t’aboliras. Je ne veux pas jouer à cela. Je suis trop ou pas suffisamment intelligente pour ne pas comprendre que ce Retour me vaudra un départ pour une vie qui m’usera bien trop vite. Echec et Mat, j’ai beaucoup trop de choses à accomplir pour me limiter à tes virages psychologiques. Restons-en là, amicalement car seulement de cette façon tu comprendras l’inutilité de tes envolées faussement humanistes. Oui, je fuis l’autodestruction parce que la complaisance me dégoûte alors ne comptes pas sur moi pour m’appesantir sur tes abandons et tes réminiscences, sur tes amours compliqués par des situations chaotiques, sur celles dont la seule beauté ne leurs ont pas permit de s’extraire de pays et de schémas condamnés depuis des siècles. Ne comptes pas sur moi pour entrer en empathie avec elles jusqu’à leurs ressembler uniquement parce qu’elles sont les seules qui t’excitent réellement. Ne comptes pas sur moi pour oublier qui je suis et me ridiculiser dans le seul but de t’attendrir et te retenir. Je ne suis pas quelqu’un qui cède facilement au misérabilisme ambiant et même s’il porte une certaine fulgurance j’ai toujours été dans l’impossibilité de m’intéresser à ceux qui me sont diamétralement opposés. Alors je te fuis, comme je fuis tous ceux qui attendent que je sois la spectatrice de leur propre mise en scène. Je n’oublie rien mais personne ne peut me contraindre à transgresser mes valeurs morales. Tu sais qu’il ait des sujets sur lesquels je cultive ma rigidité.
Set Mandela Free...
Posté le 30 mai 2007
@ 11:01
...And the tears are flowing
Simple Minds - Mandela Day
J’imagine que tout cela est normal, banal, quotidien et donc absolument insignifiant. Réflexe conditionné par les souvenirs de réactions mécaniques.
Avant la fin de l’Apartheid le gouvernement de l’Afrique du Sud effectuait le recensement de la population de couleur noire en photographiant les townships à partir d’avions volants à moyenne altitude. Ils ordonnaient aux habitants de sortir de chez eux, dans leur rue… et puis tel des relevés topographiques ils les prenaient tout connement en photo. De retour au Ministère de l’Intérieur ils développaient ces clichés (quelques centaines de milliers, à l’échelle de l’Afrique du Sud) puis à l’aide d’une bonne loupe ils comptaient les gens sur les photos, sachant qu’un cliché représente un kilomètre carré ils en déterminaient la densité de la population noire dans chaque township… Sauf que sur ces photographies il se pouvait qu’il y ait des « gens de passage » se trouvant là « par hasard », en visite chez des amis ou de la famille … sans compter ceux qui refusèrent de sortir de chez eux pour se faire marquer comme des animaux… En fait beaucoup des habitants des townships se jouaient de ce recensement à la mode Afrikaners. Ah, l’Etre humain est plein de ressources, jamais à court d’une idée nauséeuse.
Il m’a dit que c’est à cette époque qu’il a prit la décision de faire de sa vie œuvre de Vérité. Contre tous ceux imbus de leurs certitudes culturelles, sociales, économiques, raciales – que ce mot est abject. Chacun ses armes, je l’ai toujours pensé, et les meilleures ont souvent l’apparence inoffensive de ces petits actes insignifiants accomplis dans un quotidien par trop banal.
Je suis Noire lorsque j’entends Louise me dire qu’avec son Master en Droit Européen elle ne trouve aucun poste et que le seul stage qu’elle a pu faire était dans un cabinet de lobbying franco-africain. Lui dire quoi à cela, lui dire rien, tu sais… j’ai la chance de ne pas être trop « typée arabe », d’avoir un nom dont l’origine parait indéterminée accolée à un autre dont l’origine ne pose plus les problèmes qu’il posait il y a soixante ans en Europe… Mais mon deuxième prénom, Malak, je l’ai fait passer à la place d’honneur lorsqu’en 2001 j’ai eu la nationalité française. Je n’ai jamais connu de quelconques discriminations, j’ai toujours pu travailler aux postes et dans les sociétés qui m’ont intéressés, faire les études qui pendant quelques années ont été mon seul et unique centre d’intérêt. On me demandait, bien sûr de quelle origine était mon prénom, comme si elle n’était pas suffisamment explicite. Arabe, était ma réponse, tout à fait arabe, je précisais toujours comme pour signifier à mon interlocuteur la bêtise de sa question. Mais vous êtes née en Roumanie… oui mais mon père est Syrien. Ah, donc vous n’êtes arabe qu’à 50% (rire gras, vaguement complice)...oui peut-être mais lorsqu’on me tient le type de discours que vous me tenez à l’instant j’ai follement envie de l’être à 150%, arabe je précise. Le directeur de la salle des Marchés dans laquelle j’ai travaillé à la Société G. m’a certainement prise pour une détraquée en quête de mon identité et moi je l’ai laissé pour ce qu’il est : un brave type un peu niai.
- Je t’aime. - Plus que le Cambodge ? - Plus que ce que tu fais semblant de croire. - Pourquoi ? - Tu es dans l’intraquilité permanente. - Tu m’aimes, donc ? - Oui.
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