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BlogueuZ : Hannah-Lina Une petite citation : Now all the criminals in their coats and their ties/ Are free to drink martinis and watch the sun rise. De quoi parle ce blog ? Right here, on the road, I'm on today and I get the feeling, I could chase you clean on in the ball. › L'ajouter à tes › Les favoris de Hannah-Lina › Petoncule › I-Love-You › ~Leev~ › Elea21 Catégories › Sans catégorie (32) Archives mensuelles › Archives complètes › Juin 2007 › Mai 2007 › Avril 2007 › Mars 2007 |
A Woman Left Lonely
L'art de la rhétorique
Posté le 09 mai 2007
@ 19:15
En entre un kilo de plume et un kilo de plomb, lequel pèse le plus lourd? Ou l'art de poser des problématiques idiotes avec l'emphase d'un grand spécialiste.
Pour en finir avec tous ceux qui considèrent comme un combat d’arrière garde le simple fait de prononcer une quelconque critique face au programme de Mr Sarkozy, élu démocratiquement président de la République française. Il n’est nullement question de remettre en cause le résultat de cette élection, inutile en effet de refaire les débats qui auraient dû avoir lieu pendant la campagne électorale. Laissons le P.S. à ses vielles antiennes, laissons-le tirer les conclusions de leur cuisant échec, et intéressons-nous à ce qui nous attend à l’avenir car contrairement aux tenants de l’attitude du wait and see il est nécessaire aux gens de Gauche de porter la contradiction aux dispositions du futur gouvernement de Mr Sarkozy, en effet il ne s’agit plus d’attendre pour voir comment les choses évolueront car le programme de Mr Sarkozy nous est connu, nous savons donc déjà ce à quoi nous attendre, l’inconnue, si inconnue il y a, reste encore la méthode qui sera employée. J’ose croire que les 53% d’électeurs qui ont voté pour Mr Sarkozy ont prient connaissance de son programme, de ce qu’il implique, de ce qu’il suggère, j’ose le croire en effet…. Mr Sarkozy, entend faire de la valeur travail le socle de son quinquennat, pour cela il a affirmé au cours de la campagne présidentielle que « le chômage et la précarité du travail, sont une grande préoccupation (pour les français) ». « Depuis 25 ans, on vous dit que le chômage est une fatalité et que le plein-emploi est impossible. Rien n’est plus faux ». A cela il sera nécessaire de faire remarqué à notre président de la République qui prendra ses fonctions le 16 mai, que s’il est vrai que le chômage n’est pas une fatalité d’autres se sont attelés à la tâche: la Grande-Bretagne et bientôt l’Espagne sont au plein-emploi. Mais n’oublions pas que Mr Jospin, déjà en 2000 dans un rapport du CEA sur le plein-emploi, affirmait que celui-ci serait effectif en 2005, la suite ne lui fut pas très favorable… Après les vaines promesses qui ne coûtent rien mais peuvent rapporter beaucoup de voix, Mr Sarkozy veux s’attaquer aux 35 heures puisque tout en les maintenant il rendra possible leurs exonérations pour les salariés et les chefs d’entreprises qui en font la demande expresse. Verra-t-on des salariés demander une augmentation de leurs taux horaire face à des employeurs qui auront tout intérêt à la leurs refusé ? Tout d’abord quelques précisions : un numéro de la revue Economie et Statistique (sorti à l’été 2005) reprenant les principaux travaux existants sur la question des 35 heures conclut que cela a permit la création de 300 000 emplois, beaucoup moins que les 2 millions annoncés en 1997 par le P.S. mais tout de même significatif. A cela Mr Sarkozy nous dit « qu’avec les 35 heures, vous avez moins pouvoir d’achat, vous consommez moins, toute l’économie s’est artificiellement réduite », il est nécessaire de s’y inscrire ne faux car la modération salariale a été de 1 à 2% selon les estimations. L’impact sur les salaires est donc quasiment inexistant. Certains ont perdu avec les 35 heures puisque l’annualisation du temps de travail s’est traduite par une meilleure adéquation des heures de travail aux besoins de l’entreprise et donc une réduction des heures supplémentaires. Au total, les emplois crées ont soutenu 1 à 2% de pouvoir d’achat, l’impact global des 35 heures sur la consommation, j’insiste bien sur la consommation, est proche de 0. Voilà une critique de impact des 35 heures sur la consommation que Mr Sarkozy aurait mieux fait d’oublier. Lors du débat opposant Mr Sarkozy à Mme Royal, celui-ci tout en restant très flou sur son réel sentiment au sujet des 35 heures, n’a pas oublié, en revanche de proposer la défiscalisation des heures supplémentaires or depuis les deux lois Fillon cette défiscalisation existe déjà. En effet 37% des salariés en temps- plein travaillent en moyenne 55 heures hebdomadaires et moins de 40% des salariés n’ont fait aucune heure supplémentaire en 2006. Par ailleurs, il reste toujours prouvé qu’une entreprise de 20 salariés détruisait 2 emplois pour faire 4 heures de travail supplémentaire. Il faudrait sans doute se demander si les heures supplémentaires subies ou désirées sont la solution idéale dans l’optique de Mr Sarkozy à faire accéder la France au plein-emploi. Par ailleurs, et toujours sur le terrain de l’emploi, Mr Sarkozy nous propose la fausse bonne idée qui n’a rien d’innovant consistant dans le cumul d’un emploi et de la retraite pour « encourager les entreprises a donner du travail au seniors » : en voilà une propositions inutile puisque le cumul emploi-retraite est déjà largement favorisé la seule limite étant située à 90% du dernier salaire perçu. Au chapitre économique Mr Sarkozy est aussi inconsistant que flou, il entend poursuivre le fameux plan Fillon à première échéance 2008 jusqu’en 2012 or prétendre que le financement des retraites était prévu jusqu’en 2008 relève de la désinformation pure. Le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) dit en réalité qu’il manquera plus de 50% des financements et par ailleurs que le rendez-vous prévu en 2008 est d’ores et déjà crucial voire même urgent pour trouver une solution qui comblera le fossé qui sera creusé. La méthode n’est pas bonne mais pour autant cela ne semble pas beaucoup affecté Mr Sarkozy. Par ailleurs il a annoncé à grand renfort de publicité, la revalorisation des petites retraites, cela part d’un bon sentiment, mais d’un sentiment qui coûtera cher aux finances de la France puisque cette hausse prévue à hauteur de 25% sera financée par les régimes spéciaux déjà déficitaires et coûtera 10 millions d’euros… Le plus choquant, me semble-t-il, demeure malgré tout la mise en place d’un bouclier fiscal à 50%, mesure déjà mise en place en Italie par le gouvernement de Mr Berlusconi. Mr Sarkozy en grand admirateur de la démocratie américaine et de son président Mr Bush rencontrera sans doute les même crispations des la part de son propre camp qu’a connu ce dernier lorsqu’il a tenté en vain d’introduire une semblable mesure. En effet les USA sont le pays où l’impôt sur les successions est le plus élevé du monde avec un plafond à plus de 80% et lorsque Mr Bush évoqua l’idée de l’allégé, et non de le supprimé, les républicains ont été les premiers à s'y opposés violemment, considérant que cet impôt est le fondement de la démocratie américaine : les plus fortunés doivent participer à hauteur de leurs avoirs et revenu à la solidarité nationale… Voilà sans doute une des leçons éprouvées par son ami Mr Bush que Mr Sarkozy fera bien d’étudier avec minutie. N’oublions pas que cette mesure se révèle être fort coûteuse, elle est estimée à plus de 5 milliards d’euros, de plus elle n’impacte ni la consommation ni l’investissement, puisqu’elle ne concerne qu’un français sur cinq, ce rapport n’est pas suffisamment significatif pour être profitable à l’ensemble de la collectivité. Assistera-t-on au retour du clientélisme qui semble beaucoup convenir à l’esprit de Mr Sarkozy et qui nous permettra de voir revenir dans notre contrée le grand rockeur Johnny Hallyday. Mr Sarkozy ne s’intéresse pas seulement à la mise ne place d’un bouclier fiscal puisqu’il propose également le transfert d’une partie des cotisations sociales sur la TVA, l’impôt français le plus injuste pénalisera les salariés deux fois, c’est en quelque sorte la double peine fiscale à la mode Sarkozy. En effet, il est prévu d’ajouter cette nouvelle imposition touchant les salariés alors qu’en même temps les entreprises se retireront du financement de la protection sociale. La TVA représente déjà plus de 50% des recettes fiscales de l’Etat alors que l’impôt sur le revenu, plus équitable, ne représente plus que 17% et l’impôt sur les sociétés 15%. Les principaux axes de la politique du nouveau gouvernement semblent d’avantage privilégier les plus aisés des français au détriment des salariés les plus modestes. Sans oublier le recul social que représente la modification du droit de grève, car sous l’aspect très porteur du service public minimum se cache un travail de sape très préoccupant. Il est prévu de rendre obligatoire un vote interne dans les entreprises dont les salariés sont en grève, ce vote doit intervenir à échéance de 6 jours de grève, et Mr Sarkozy a déjà précisé que si la majorité des salariés vote la continuation de la grève, la minorité doit continuer le travail. Curieuse conception de la démocratie quand on sait à quel point une grève cristallise une crise de confiance au sein d’une entreprise et que permettre à une minorité de continuer à exercer son travail revient à casser purement et simplement la grève. Je ne prétends pas que le droit à exercer leur travail pour ceux qui le désirent doit être remis en cause, mais institutionnalisé la possibilité de ne pas faire grève est une grave remise en cause de cette avancée sociale, d’autant plus qu’il est prévu que le vote de la grève soit rendu public. De plus Mr Sarkozy est déjà remit en cause sur les dispositions qu’il envisage de prendre au sujet de la Recherche, en crise depuis plusieurs décennies. Le Collectif Sauvons la Recherche, dans un récent rapport dénonce le programme de Mr Sarkozy comme « une aggravation des réformes de ces dernières années », le Collectif SLR de continuer « sa volonté de détruire les organismes, de ne plus faire de financement sur projet de court terme, de donner une autonomie sans rivage aux universités, a pour seule conséquence, si ce n’est pour objectif, de mettre toute la recherche publique au service des intérêts privés ». Concernant l’UE, Mr Sarkozy a l’intention de faire revenir par la porte le TCE que les français ont jetés par la fenêtre, proposant le recours à un mini-traité. Dans le même temps, le jour de son élection il n’a pas manqué de martelé son désir d’une UE politique et forte à laquelle il ne manquera pas d’apporter son soutient. Mais comment construire une UE forte politiquement avec un traité revu à la baisse, un texte de supermarché. Mr Sarkozy devra prendre une décision claire car a vouloir ménagé la chèvre et le choux, il risque de s’en trouver incohérent. D’ailleurs, les instances européennes n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes quant à la possibilité d’un mini-traité de pacotille. Mr Sarkozy ne craint pas d’être impopulaire par ses mesures fiscales mais semble très perplexe face à cette UE si nécessaire pour la France. A trop affirmé son européanisme en ménageant son atlantisme, et à manier une double langage il n’est pas certains que les parlementaires européens se laisseront avoir à cette dialectique que les français ont plébiscité. De plus et toujours au sujet de l’Europe, comment s’opposer à l’entrée de la Turquie alors que celle-ci attend à nos portes depuis 1965 ? Quelles seront les conséquences d’un refus brutal et incompréhensibles pour de millions de turcs laïcs, ouverts d’esprit et déjà européens dans leurs cœur. Et que dire de la politique sur l’immigration, la justice et sur la sécurité… Le bilan de Mr Sarkozy ministre de l’Intérieur n’est pas reluisant du tout. Plus de 30% d’agression depuis 2002, plus de 11% de violences faites aux personnes, plus de 26% pour les faits de violence au sein d’un établissement scolaire. Lorsqu’il y avait 20 000 voitures brûlées par an au temps du gouvernement Jospin, la faute était à la Gauche mais lorsque depuis 2002, il y a près de 45 000 voiturés brûlées en moyenne par an, la faute incombe au Roi de Prusse selon Mr Sarkozy. Voilà ce qui nous attend, dans les grandes lignes. Suffisamment je pense pour comprendre que certains soient inquiets quant à son arrivée au pouvoir et à la politique qu’il ne tardera de mettre en place. Rajoutez à cela le fameux « style Sarkozy » qui se veut le Kennedy français, dôle de référence pour quelqu’un qui veut incarner le renouveau…mais sans doute comme pour Kennedy son mandat sera marqué par le clan, les affaires souterraines et le règne de ses amis qui dans le cas de Kennedy étaient tous liés à la pègre américaine.
Je m'étonne à ta vue, comme du temps passé
Posté le 04 mai 2007
@ 14:42
![]() Victor Brauner - Chimère
Nous, vouloir nous quitter? croire cela plus sage et juste? Quelle horreur nous saisit, l'acte accompli, ce meurtre? Ah! si peu nous connaître Parce qu'en nous règne un dieu Adieu - Hölderlin Un dîner, ailleurs de mon quotidien apaisé. D’une invitation banale, je m’aperçois qu’il n’en est rien, banalisé peut-être, camouflée, flouée. J’accepte pour preuve de mon détachement à lui et en ce moment à moi aussi.Le jour, l’heure, tout m’a convenu, même le retour à l’Orient Extrême. Joies passées, communs souvenirs d’une période douce et insouciante. Orient Extrême, son restaurant fétiche, presque son lieu de vie que je m’oblige à éviter depuis un an, allant jusqu’à faire des détours insensés pour ne pas l’approcher de trop près.Parler comme avant, avant ce qu’il faut appeler le sérieux contentieux qui nous a dissout. Un an que je n’ai pas entendu le son de sa voix, une année pendant la quelle j’ai travaillé à l’oublier en m’enfermant dans mes espaces protégés de tout ce que je suis, de lui en somme. Evidement, en m’éloignant de lui, c’est moi que je cherche à fuir. Notre histoire débutée sur un curieux malentendu s’est achevée dans la tristesse de nos mensonges et de nos violences. Cachée, ne pas briser la parfaite harmonie de son couple, ne pas gâcher la relation exceptionnelle qu’il construisait avec son fils. Heureux, il me disait que sa vie lui convenait telle qu’il se l’était construite. Détruits, nous nous sommes échoués lamentablement, échoués sur le rivage d’une histoire somme toute très banale. J’ai su très tôt que j’étais enceinte, de lui comme une évidence. Et puisque je devais restée cachée, privée de tout libre-arbitre, j’ai décidé de lui retourner cette dissimulation imposée. Vengeance, vengeance, jouer pour ne pas sombrer. Il ne s’est aperçu de mon état que lorsque celui-ci lui a sauté aux yeux. Hors de lui, m’accusant de trahison, manipulation, il voulait que j’avoue mon crime. Dis-le que tu es enceinte, dis-le que cet enfant est de moi. Je joue comme ailleurs de la scène, je ne suis pas enceinte, cet enfant n’est pas de toi. Etrange le fait que jamais je n'ai pu lui dire les mots qui s’imposaient à moi. Jamais je n’ai pu sortir de la cachette, obéissante jusqu’au bout de l’indicible.Et puis j’ai avorté d’un enfant que je n’ai jamais porté. Quel besoin aurai-je eu de le prévenir de l’avortement d’un enfant que nous n’avions jamais conçu. Alors que nous étions dans un schéma de démence quotidienne, il a essayé, sans succès, d’obtenir par le biais de mes parents et de mes amis mon internement dans un établissement psychiatrique. Folle, tu es folle, irrémédiablement, définitivement.Et puis… chacun connaît des moments lamentables, presque honteux.Je suis revenue de ce lieu où je nous avais oublié, en ayant superposé ma réalité aux faits. Il savait déjà que mes oublis ont toujours un goût amer, un goût de reviens-y. Le jour de mon retour à Paris, il est venu chez moi, frappant la porte à coups de poings et de pieds, hurlant sur le pallier : pourquoi tu ne me l’as pas dit. Comme ailleurs de l’évidence du désastre, je lui ai ouvert la porte le laissant entrer dans mon appartement. Il m’a poussé jusqu’au salon où il m’a jeté sur le canapé en me frappant. Folle tu ne réalises pas la portée de tes actes. Moi, je riais de lui, de son inaptitude à comprendre ma dérive. Lorsque tout a été fini, que le calme était a nouveau installé entre nous deux, il a voulu faire l’amour avec moi, il y a comme une sorte de fatalité lorsque nos deux corps sont en présence. Et cette idée, qu’il avait alors, de faire ensemble un autre enfant, comme pour me laver de cette inutile culpabilité. Je crains qu’ensemble nous soyons aller au bout de ce qui parait supportable.Depuis cette journée, rien si ce n’est cette longue lettre qu’il a déposé dans ma boîte aux lettre quelques jours après notre chute finale. Lettre terrible, Empreinte de haine, haine contre lui, sa faiblesse, son manque de discernement, haine froide contre mon immaturité, mes mensonges et mon incapacité à aimer. Jamais, au cours de ces trente-huit pages manuscrites, je n’ai lu de regrets de sa part, regrets face à la démesure qu’il a déployé contre moi, regrets que je me serrai empressé de mépriser. Il a fini de décharger en moi ses rancoeurs dans la violence résumée d’une dernier phrase : disparaît de ma vie, éloigne-toi de moi, parce que je crains être capable, un jour de colère de te laisser autre chose que le souvenir d’une clinique aux Pays-Bas.Et puis la vie, par des sorts qu’elle seule connaît, annule le passé trop pathétique, me rendant parfois atone, souvent détachée, ataraxie parfaite, heureuse finalement.Une année trop idéale, sans mon Idéal, fuyant.Retour à nous, le temps d’un dîner, sans évoquer le passé, les heures ridicules où nous nous sommes tant tués. Orient Extrême, le nom m’inspire la promesse d’une belle soirée, attablés dans ce lieu familier. Une année, vois-tu mon chéri je t’ai obéis, nul signe de vie avant que tu ne m’ai réécris. La réservation était à son nom, je suis arrivée un peu en avance et me suis surprise a avoir un petit rire très peu chic lorsque j’ai demandé sa table au maître d’hôtel. Je suis parfois une petite fille, c’est tout mon problème, je ne fais pas des erreurs mais des bêtises. J’ai un don inné pour relativiser mes fausses routes, je les acceptes et les digères mais toujours en les contextualisant car après tout ma vie n’a rien de tragique.Le restaurant japonais était bondé, au comble de ce que le quartier peut offrir de plus pédant, mais malgré tout je m’y suis toujours sentie aussi à l’aise que les poissons dans le grand aquarium, prêts à finir en sachimis mais heureux du spectacle qu’offre la faune germanopratine. Tout comme ces chers poissons, je voulais être la plus décorative possible, je me suis apprêtée : maquillage professionnel, vêtements en vogue mais très « élégance discrète qui coûte cher mais dont je suis la seule à savoir à quel point parce que c’est cela le snobisme ». Je voulais être ton sur ton avec l’ambiance et avec lui. Etre ouvertement so glam tout en laissant envisagé des ressorts cachés, une sensibilité faite de puissantes réflexions heideggériennes et kantiennes matinée de quelques hiatus dignes de Maître Eckhart. En vérité j’avais réussi a prendre la pose parfaite et je m’y tenais mordicus. Drapée dans du sublime, parfois je ne me refuse rien, petite flûte de champagne rosé et cigarette d’usage, rien en moi ne laissait paraître l’angoisse de le revoir.Je l’attends, comme avant. Tout à coup il apparaît, son beau sourire illuminait son visage de cire, masque bambara, son élégance m’a toujours intimidée, son aura m’efface en même temps que le monde qui l’entoure. Je me lève pour l’accueillir, comme il est d’usage pour celui qui trop content de ne plus être seul se jette au cou de l’Etre espéré. Il m’embrasse sur la joue et me dit que je suis très belle. Mon teint aspect maquillage professionnel, mes yeux charbonneux, mes traits creusés, tirés à l’intérieur de mon visage, malgré ces artifices nul doute que ma beauté n’a pas l’évidence de la sienne. Je ne suis pas dupe de mes faux-semblants. Lui a l’allure de ces gravures qui souvent illustrent les textes des romantiques allemands alors que moi je suis une faiseuse de circonstance d’un commun très galvaudé. Nous nous regardons sans mot dire, avec de légers sourires, nous sommes apaisés, nos cœurs à l’unisson d’un même sentiment de légèreté. Nos regards disent la joie d’avoir vaincu le sentiment de tristesse nous permettant de constater qu’entre nous, désormais, ne subsiste aucune rancœur.Mes yeux ne peuvent se détacher de siens, je me dissolve dans le noir intense de ses pupilles, à l’infini je plonge sans cesse en lui. Oui, il y a comme une sorte de fatalité lorsque nos deux corps sont en présence.Très rapidement, la table s’est trouvée envahie par des plateaux de sachimis, yakitoris, oursins et coquilles Saint-Jacques. Trop gênée de le revoir et de manger à nouveau en sa présence j’ai un peu hésité avant que de déguster les plats, notre nectar d’ambroisie. Car nous sommes des Dieux qui par un malheureux concours de circonstances ne trônons pas sur l’Olympe car nous sommes perdus ici-bas au milieu des ombres.Le dîner fût animé par une succession de discussions destinées surtout à accélérer la fin du repas. Quand l’heure est venue de partir, je me suis levée un peu chancelante, il a mit son bras autour de mes épaules et nous sommes sortis dans la rue, et alors que la douce atmosphère de cette soirée nous a dévié vers nous, il m’a embrassé en me poussant sous une porte cochère, puis il a posé sa tête au creux de mon épaule en m’entourant de ses bras. Viens chez moi, je me suis entendue réppondre pourquoi pas.Aucun mot n'est assez joli pour résumer notre ultime révérence.
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