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BlogueuZ : Hannah-Lina
Une petite citation :

Now all the criminals in their coats and their ties/ Are free to drink martinis and watch the sun rise.


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Right here, on the road, I'm on today and I get the feeling, I could chase you clean on in the ball.



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A Woman Left Lonely
Legs Universel
Posté le 29 avril 2007 @ 10:51
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Baroness Elsa von Freytag-Loringhoven, Dada Portrait of Berenice Abbott

À Toi,

Tant de marbres pesants, de caveaux hermétiques,

Pour confiner la mort sous les pieds des vivants.

Dehors sont les enfants, leurs rires hérétiques

Les arbres et le soleil, la douceur du Printemps…

 

Et puis voilà ce corps

Dont la vie s’est enfuie

Il a rejoint le port

Dont nous sommes partis

 

Les repères du temps s’en trouvent modifiés

« J’irai le voir demain ! Et son anniversaire ?

Quand lui rendrai-je enfin l’objet qu’il m’a prêté ?

Il faudrait l’inviter, sourire de naguère… »

 

Et puis voilà ce corps

Dont la vie s’est enfuie

Qui à rejoint le port

Dont nous sommes partis

 

A qui reprocher ton absence insolente ?

Est-ce une trahison ? Peut-on ainsi mourir,

Et nous laissant à tous un sentiment de manque ?

Un sourire suffisait : pourquoi ainsi partir ?

 

Ne subsiste qu’un corps

Dont la vie s’est enfuie

Qui à rejoint le port

Dont nous sommes partis

 

« Je te réponds ami, dit la voix d’outre tombe

On a joué, aimé, travaillé et souffert,

Le temps nous est compté, je suis déjà une ombre.

Je suis l’ombre à présent, à tes pieds, je prospère ».

 

Et déjà plus qu’un corps

Dont la vie s’est enfuie

Qui à rejoint le port

Dont nous sommes partis


N'oublies pas d'Oublier
Posté le 26 avril 2007 @ 10:53

Hebergeur d

 

Quand chez toi le temps s’écoule comme ces gouttes de pluie le long de ma fenêtre.

Et que loin de moi, tu réussi malgré tes fardeaux inutiles.

N’oublies pas d’oublier Marblehead, la pluie d’été, là-bas où tout à commencer.

Vent divin
Posté le 24 avril 2007 @ 13:09

L'ébauche maladroite d'une idée qui reussira plus tard.

Ravelstein - Saul Bellow

 

 

Ses hauts talons claquent sur le trottoir des Champs-Elysées lançant son corps à l’infini dans une démarche de star hollywoodienne. Elle fend la foule compacte de badauds, opinel aiguisé tranchant la matière humaine en quête de consommation. La rue est son podium, les passants son public, chacun a un rôle très précis dans la scénographie de sa vie. Se mettre en scène, mais surtout choisir la scène : la plus populaire, la plus fréquentée aura toujours sa préférence, on ne tergiverse pas avec le goût du public. Puisqu’il est paresseux, elle va le cherché dans les lieux qu’il vénère : temples de la marchandisation moderne, quartiers habités par l’intelligentsia parisienne ou par la bourgeoisie bien installée. Elle veut faire l’unanimité, car s’agissant de la beauté des femmes les critères semblent s’accorder qu’elle que soit l’Empreinte sociale. Sachant cela, elle est en guerre, chaque seconde de sa vie accomplissant son œuvre de sabotage.

Sa guerre, bien que peu médiatisée, fait pourtant rage au cœur de Paris, derrière les façades haussmanniennes des beaux quartiers ou dans les palaces des arrondissements huppés. Une guerre totale faisant autant de victimes que celles qui émeuvent tant nos journaux. Soldate d’une armée irrégulière et invisible, son terrain d’action s’étend des salons feutrés du Lutetia aux bureaux des yuppies, nichés dans les quartiers d’affaires de la capitale.

Adolescente, à Rouen, on ne l’imaginait pas autrement que shampooineuse dans le salon de coiffure de sa tante. Adolescente, déjà, elle se savait destinée à tous les possibles, elle briserait tous les fatums auxquels l’enchainerai l’ordre établi. Elle serait faction armée individuelle et prendrai sa place au côté des guerriers de Pandore. D’une vie en noir et blanc elle s’acharnera à extraire les couleurs les plus flamboyantes, construisant patiemment sa superbe.

L’écho de ses talons rythme le déhanchement ondoyant de son corps, laissant deviner la délicatesse de ses galbes qui jurent avec son maintien altier. De son corps paré des plus beaux atours, elle en fait une arme de poing à la mesure de l’offensive qu’elle mène. Son combat porte un nom barbare, presque scientifique, un nom qui de nos jours fait beaucoup se gausser les gardes chiourmes de la bonne pensée à la française. On dit que la bataille est dépassée ou chimérique, on dit que l’Histoire a toujours donné tort aux fous qui se sont risqués dans cette entreprise à vocation universelle. On charrie tant de concepts analytiques comme pour abolir toute tentative d’action, tant on en craint la violence démesurée. Cette douce belligérance effraye autant qu’elle fascine, elle effraye ceux qui sont et seront les proies des maquisards, sans scrupules, sans sentiments et sans autres idéaux que l’agrégat des triomphes quotidiens de leurs tentatives de déstabilisation.

A quoi pense-t-elle, lorsqu’elle coiffe son chignon faussement négligé en scrutant son reflet dans la vitrine de Vuitton. Vent divin, à quoi penses-tu ? Sans doute à Ovide, dont la précoce lecture lui fit entrevoir l’éternelle image que les hommes se font des femmes. De la Rome antique au Paris de l’ère nouvelle… quel phallocrate cet Ovide. Avant tout, que ton esprit soit bien persuadé que toutes les femmes peuvent être prises : tu les prendras ; tends seulement tes filets. L’amour coupable est agréable à l’homme ; il l’est aussi à la femme : l’homme sait mal dissimuler, la femme cache mieux ses désirs. Si le sexe fort s’entendait pour ne pas faire les avances, la femme vaincue, prendrait bientôt le rôle de les faire. Sais-tu seulement, Ovide, à quel point tes mots résonnent dans son esprit, à quel point ils furent pour elle le cahier des charges de son existence.

Parce qu’on la disait vaincue, de victime elle sera bourreau allant au bout de ce que même la morale des plus libérés fait semblant de reprouver. Pour être un Vent divin elle a fait de son Etre initial, parfois laborieux, parfois peureux, un Etre dont l’élégance semble naturelle, facile et dont surtout la conscience de soi ne dépasse pas celle de la juste cause pour laquelle elle combat.

Vent divin, nombreux sont ceux de ton espèce qui, jour après jour, donnent des coups de boutoir salvateurs à la distribution de pacotille de cette pièce de théâtre de mauvais goût. Elle reprouve tous les poncifs sous-entendus, trop entendus, sur ce qu’elle est, ce qu’elle fait. Son job, fait couler beaucoup d’encre et abattre beaucoup de forêts, parce que le citoyen lambda a le droit de connaitre le malheur de ceux et celles qui ont choisit de faire de leurs corps une eucharistie démoniaque, communion mortelle pour ceux qui n’ont pas la cuirasse d’un Vent divin. Une méthode comme une autre, cette tactique valant bien celles employées par les nombreuses qui espèrent, en silence, apercevoir leur transfiguration dans les yeux hideux de stupides bedonnants. Miroir aux alouettes, mariages dont les sentiments ont oubliés d’être mentionnés dans les clauses annexes du contrat.

Elle n’est pas une menteuse, divine mais pas menteuse. Chacun ses seuil de tolérance, les siens sont placés au-delà de son enveloppe charnelle et bien avant son cortex cérébral. Sa solitude lui semble être un moindre mal en comparaison des vies que mènent certaines femmes que sa lutte dégoute. A celles qui la méprisent, elle fait un pied de nez en dépouillant leurs foyers de ce qui semble en être la quintessence. Les hommes sont si faibles, toujours à se persuader qu’ils dominent le monde alors qu’ils sont incapables de maîtriser leurs instincts primaires.

Pour accepter que des mains moites et tremblantes touchent son corps, que des salives épaisses et visqueuses se posent sur sa peau, pour accepter d’être prise sans jamais se laisser possédée, elle doit raisonner et donner un sens à ses courts abandons successifs. La baise comme tactique dans la lutte qu’elle mène. A ceux qui veulent la beauté, la fausse naïveté, la douceur rêche de ses doigts de fée, la jeunesse, surtout et avant tout la jeunesse, à ceux-là elle lance ses missiles corps-corps, la mort. Chaque nuit, laisse son cortège de victimes étendues sur le taffetas des lits trônant au cœur des Suites impériales. Mais sait-elle seulement que ses combats corps-à-corps l’abîment, la laissant comme froissée après que tant de mains l’aient touchée. Sans doute, le sait-elle. A quoi bon penser à soi alors que d’autres n’ont pas même la force ou le courage de s’extraire de leurs conditions, enfermées dans des carcans rigides, prisonnières des schémas imposées par les dignes successeurs d’Ovide.

L’abjection ne lui fait pas peur car la honte craint son visage d’opaline. Elle se vit combattante et forte, maitresse-femme dominant ses sujets elle récupère ce qu’il lui revient de droit, elle vit cela comme une simple opération financière de rétrocession. Quand certains se disent amoureux d’elle, Vent divin se transforme en blizzard et souffle si fort qu’elle glace l’impudent qui ose lui parler d’autre chose que des termes de la transaction qu’elle impose.

Réussira-t-elle l’inversion tant désirée, celle qui fera, un jour, que l’argent deviendra autre chose que le signe du pouvoir phallocrate des héritiers libidineux. Beaucoup de Vents divins ont cessé d’ondoyer au dessus de Paris, beaucoup ont cassé leurs illusions révolutionnaires sur les murs des endroits chics en proie aux bacchanales perpétuelles. Mais elle, elle dont la force dépasse l’entendement de ceux qui osent écouter le récit de sa vie, elle n’abandonnera jamais son apocalypse quotidienne, pour la bonne cause qu’elle sait défendre, en abattant les murs d’hypocrisie, d’ignominie et de mépris. Supérieure à tous ceux qui veulent faire de son corps un terrain de jeu, elle les contient dans sa splendeur apaisée. Elle préfère laisser les illusions aux niais qui l’approchent plutôt que de s’en faire un épais manteau de tristesse.

Et maintenant....
Posté le 23 avril 2007 @ 10:50
Hebergeur d
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