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A Woman Left Lonely
Dura Lex, Sed Lex
Posté le 19 avril 2007
@ 16:33
Maurice : Tu n’as pas confiance en mon sentiment pour toi ? Jeanne : Je ne sais pas, mais j’ai peur, j’ai peur de quelque chose de terrible… Maurice : Tu es fatiguée, énervée par cette longue attente, qu’encore une fois je te prie de me pardonner. De quoi as-tu peur ? Jeanne : De quelque chose d’imprévisible, de quelque chose que l’on sent venir, sans avoir de raisons précises. Maurice : Eh bien moi, sais-tu ce que je sens venir ? Le succès, et j’ai des raisons précises : le sûr instinct des gens de théâtre ; leur habitude du public, pour ne pas parler de l’expérience personnelle qu’ils ont de la critique ! Allons, maintenant il faut se calmer… Strindberg, Crime et crime, Acte I Dans le vague de mon quotidien, je ne sens rien venir, quant aux précises certitudes « des gens de théâtre » ou d’ailleurs, je m’en méfie, par principe. Apprendre à toucher des mots ce qui en apparence n’a été pour moi que pure perte de temps, par principe, j’ai eu beaucoup de principes. 2 jours. Retour à Paris, ma vie sans trop de soucis et puis … l’idée d’éviter l’ennui à tout prix. L’incertitude de ma démarche par ici, vague comme je le suis. Parfois la tristesse des choses inconnues m’envahie. Retour à Paris. Je lis Jim Harrison, The Summer He Didn’t Die. Et puis je m’oblige à quitter mon appartement quelques heures par jour. Le soleil et la beauté de la ville en cette douce saison, semble vouloir m’offrir quelques alibis. Je me cache derrière de grosses lunettes noires, passer incognito dans ma rue, alors même que les lunettes sont la seule chose qui se remarque chez moi. Et si…refaire une vie ; Et si le courage ne me faisait pas autant défaut, réussirai-je le départ de mon choix, après tous ceux que j’ai, selon moi, ratés, en beauté, toujours ? Refaire la course, sur une autre piste, avec un autre équipement, me débarrasser de toutes ces lourdes carapaces invisibles. Mes Carapaces sont faites du sentiment profond de mon autosuffisance. J’ai une faille narcissique de la taille du Grand Canyon et cela m’indique que mes attitudes, dans leurs incohérences cachent une lecture implacablement froide. Mon regard est froid, ma voix sèche et certaines de mes intonations parfois blessantes. Je ne suis pas d’un accès facile, et le mépris, chez moi, est toujours plus évident que la « bonté d’âme ». Le temps passant, j’ai appris à complimenter certaines personnes, à accrocher chez certains des traits intéressants, à découvrir la curiosité que d’autres peuvent susciter en moi. Mais malgré tout, je suis bien obligée de m’avouer que ceux qui m’intéressent sont toujours à mon image. Ceux qui m’aiment sont comme moi, pour comprendre il faut « en être », être de ceux qui n’ont jamais ressentis le besoin de prouver quoi que ce soit, de ceux pour qui le démonstratif est au mieux « touchant » au pire « tuant de ridicule ». Aussi loin que je puisse me souvenir, je n’ai jamais recherché l’approbation dans les mots ou les regards de mes parents, professeurs et encore moins amis. Mes réussites me semblent aller de soi, mes échecs aussi. Je suis acide avec ceux qui après avoir vomi leur grands et petits malheurs devant mes yeux, attendent de moi quelques compassions. Ces gens-là, je les déteste parce qu’à trop parler avec leurs tripes, il n’en sort que de la merde. Les geignards, les complexés, les « pathologiquement tristes », les « Mon Malheur est Trop Malheureusement Malheureux », tous ceux qui cherchent l’admiration par l’étalage de leur minuscule pathos peuvent déclencher en moi quelque chose de l’ordre de la guerre psychologique, l’instinct de tuer, une mort symbolique. In memoriam de la connerie humaine, parce que les malheurs exposés aux regards complaisants ne valent jamais ceux qui s’étouffent, se maitrisent sous un silence, signe de profonde introspection, de désir de comprendre, de se comprendre. Les faits bruts ou à l’inverse les sous-entendus, l’humour lorsqu’on parle de douleur, m’émeuvent d’avantage que tout autre concours lacrymal. Je ne renierai jamais, chez moi, cette part d’intransigeance. Si je me prends à écouter les sirènes doucereuses de la sempiternelle complainte, je me taperai la tête contre tous les murs d’ici bas. J’aime ceux qui ont le don, il est vrai très exceptionnel, de savoir divulguer leur histoire personnelle, leur Etre profond, les matériaux qui les composent. J’aime ceux qui me condamnent à deviner leur vie, à la construire. Je suis de ceux qui se cachent derrière des aveux consentis et auxquels je n’entends pas que quiconque y touche. Retour à Paris, pour mieux, sans doute, et quand bien même si la vacuité de ces journées ne m’apporte que des graines mortes-nées. Retour Ici, ma vie parfaite, merci. Post-scriptum : Mr Liviu Librescu, Docteur en Sciences appliquées, professeur au Virginia Tech. fait partie de ceux qui ont été assassinés il y a trois jours à Blacksburg. Il était né en Roumanie il y a 77 ans, juif il avait survécu à Auschwitz et au virulent antisémitisme roumain. Le 16 avril 2007 il a bloqué la porte de sa salle de classe afin d'empécher la folie meurtrière d’un jeune con, ses étudiants ont tous survécus ayant eu le temps de se cacher ou de sauter par les fenêtres. Lui fut tué froidement, à bout portant. « Que le Roi des rois dans sa miséricorde l'abrite à l'ombre de ses ailes et dans le secret de sa demeure afin qu'il contemple les délices de l'Éternel et réside dans son sanctuaire. Qu'à la fin des temps il le relève et l'abreuve au fleuve de ses délices » Kaddish.
Virginia Tech, Blacksburg
Posté le 17 avril 2007
@ 18:55
A well regulated militia, being necessary to the security of the free state, the right state of the people to keap and beer arms, shall not be infringed. Second amandment, US ConstitutionEt puis tout passe, assomée, anesthésiée.
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