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Jane Iris, Jane Absinthe
Coup de Coeur
Posté le 27 avril 2008
@ 18:02 - Dans Culture
J’ai pour habitude de ne pas vraiment regarder la télévision. Et encore moins les séries américaines, qui me hérissent le poil. Si j’adorais les sorcières de Charmed et autres Buffy il y a une dizaine d’années, je ne peux tout simplement plus supporter le sourire bright, le brushing surréaliste, la maison en carton, les lycées impitoyables et d’une façon générale ces abominables clichés de la société américaine moyenne dont nous sommes bombardés à travers la cinquantaine de séries en circulation sur nos chaînes. J. 27/04/2008 ![]()
Fausse alerte
Posté le 22 avril 2008
@ 22:07 - Dans Société
29 septembre 2007, Oliviero Toscani frappe une nouvelle fois et offre aux yeux de toute l’Europe le corps décharné d’Isabelle Caro, une marseillaise de 26 ans qui sort tout juste de son combat contre l’anorexie. L’italien, fort de ses campagnes provocatrices pour Benetton, tire la sonnette d’alarme pour ce qui serait apparemment un phénomène de société. Le 15 avril 2008, un texte de loi visant à combattre l’incitation à l’anorexie sera discuté à l’Assemblée Nationale, sur une idée de Valérie Boyer, la députée UMP des Bouches-du-Rhône. Mais est-ce qu’une loi pourra soigner une grave maladie mentale ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les publicités choquantes, les détraqueurs de sites pro-ana, voire les pro rondeurs, à quoi bon ? Tout au plus sensibilisent-ils des jeunes filles influençables en quête d’identité, ou désireuses de rébellion, qui se réfèrent à des idéaux – quasi inatteignables – vus sur les podiums, mais il faut faire la part des choses entre une maladie, un phénomène de société, et une nécessité esthétique dans le milieu de la mode. Car si certains accusent incontinent les mannequins, trop maigres pour la majorité de la population, il faut avoir à l’esprit que les corps longilignes et sylphides demeurent les plus appropriés pour la majorité des formes présentées dans les collections des grands chefs de la couture. Certaines associations fantasques sont même impitoyables sur le commun des mortels, pour notre plus grand malheur (je pense au dernier catwalk de Marc Jacobs… ) Comme le dit très justement Jessica Nelson, ex anorexique qui vient de sortir son témoignage chez Fayard Tu peux sortir de table, « l’anorexie est une maladie mentale à part entière, liée à un état psychique très particulier, mais [elle] n’est ni honteuse ni insurmontable, et [elle] n’a pas grand-chose à voir avec la volonté de suivre les diktats de la mode ! » Voilà donc la mauvaise cible… Et un bouc émissaire ? Car à l’heure où les bons samaritains de la santé nous mettent en garde avec des images morbides, ils oublient que là où l’anorexie frappe 35 000 personnes en France (soit 0,06% de la population totale), dans une tranche très particulière située entre 15 et 25 ans chez le sexe féminin, l’obésité, elle, gagne un terrain de plus en plus important en n’épargnant personne, et plus encore nos têtes blondes… A l’heure actuelle, 6 600 000 français seraient touchés de surpoids important voire inquiétant, soit 11% de la population, et le bilan de devenir carrément alarmant lorsque l’on sait qu’il progresse de 17% par an, pour arriver aux taux d’obésité américain d’ici 2020… Alors, nos autorités seraient-elles des Don Quichotte combattant des moulins à vent ? Se voilent-elles la face ? Ou préfèrent-elles attaquer un problème beaucoup plus superficiel en sachant que leur entreprise aura un succès plus certain ?
J. 09/04/2008 ![]()
Hiver 2008/2009
Posté le 22 avril 2008
@ 21:53 - Dans Mode
Que les modeuses se réjouissent, l’hiver leur réserve de belles surprises ! La première bonne nouvelle, c’est que vous n’aurez nul besoin de vous ruer dans vos boutiques préférées, l’œil vif et la griffe acérée : le meilleur de ce qui fit votre hiver 2007 sera de retour en 2008, dans un esprit forcément revisité qui devrait apporter un souffle nouveau dans votre garde robe. J’ai nommé le gris ! Du presque blanc au presque noir, en passant par des variations souris, chiné ou anthracite, il sera omniprésent dans vos tenues, accompagné de son meilleur ami le moutarde, notamment en collants (le meilleur exemple chez Lacoste et ses preppys old school). La fourrure remet également le couvert pour nous envelopper de douceur et de luxe : renard et autres agneau de Mongolie parent nos têtes et nos épaules d’une touche sauvage observée chez Vanessa Bruno, Isabel Marant, Barbara Bui… Il semblerait que les carreaux soient à présent un incontournable de la saison, peut-être parce qu’ils confèrent un esprit écolier à cette saison qui s’ouvre par la rentrée des classes ? Toujours est-il que chez Isabel Marant, Ralph Lauren ou Marc by Marc Jacobs ils signent cette année encore leur grand retour, sans parler de la nouvelle collection D&G qui en fait carrément la consécration dans le plus pur esprit Queen Mum ! Dans la veine school boy, notons aussi cette délicieuse association collants + chaussettes, aux choix, dans vos bottines ou plateformes, qui, non seulement de tenir chaud, confèrent une allure follement après guerre. Quant aux chaussures, les low boots tiennent bon pour la troisième année consécutive, tandis que les bottes font un retour timide ! Et la deuxième bonne nouvelle, c’est Karl Lagerfeld qui nous en réjouit avec sa décision de nous faire redescendre sur terre : les derbies (vernis, de préférence) plats ravissent nos pieds fatigués par les plateformes qui frôlent parfois les 12cm… En revanche, quelques uns de nos chouchous furent absents des podiums, en cette semaine de la mode… La maille s’est fait la malle, tandis que les robes, qui semblent bouder le macadam humide des mois pluvieux, s’effacent devant la silhouette garçonne des années 40 de rigueur cet hiver. Si elle était à son apogée l’année dernière, ce n’est guère chez Chanel ou Marc Jacobs que la laine fut aperçue – et toujours sur cette note rigide qui signe cet hiver. Point donc de douceur casual et de formes nordiques cette année, la chaleur résidera dans nos peaux de bêtes. Alors, manque d’imagination cette saison ? Que nenni ! Le vrai esprit de cet hiver 2008/2009 réside dans le structuralisme des formes et la noblesse des matières. Compromis idéal de ces inspirations, le pantalon de la saison : à mi-chemin entre le sarouel et le jodhpur, à pinces, en panne de velours ou drap de laine, il s’arrête à la cheville et donne à la femme un air cavalier à la pointe du chic, j'ai nommé le pantalon carotte (ou 80's) ! Mention très bien à ce niveau là notamment pour Hermès, Lagerfeld, Saint Laurent, Vuitton, maîtres absolus du chic à la française. Associé à un manteau épais et graphique, gris ou noir, et des plateaux vertigineux, vous détenez la silhouette phare de l’hiver. Parallèlement, nous conserverons de l’été l’esprit aérien et transparent des blouses, qui florissent sur les corps frêles des beautés de chez Vanessa Bruno, Chanel ou Isabel Marant. En soie essentiellement, elles adoucissent la silhouette austère de l’hiver, de pair avec le cheveu flou et mi-long, dont la frange semble éradiquée pour un retour à la raie au milieu. En somme, une bonne nouvelle comme chaque année, doublée d'un espoir, si mince soit-il, d'être raisonnable ! Mais avouons-le, désirons-nous vraiment atteindre la sagesse ?? J. 30/03/2008
Eté 2008
Posté le 22 avril 2008
@ 21:49 - Dans Mode
Enfin, quelle conclusion apporter à un été si riche en tendances ? Les créateurs n’ont de cesse de nous impressionner (c’est le cas de le dire !) par leurs idées florissantes et la grande variété de silhouettes qu’ils proposent. Il nous paraît bien loin, le temps où les diktats nous imposaient un genre unique sans place aucune à la créativité. Cet été, nous pourrons à l’envi glisser de la babydoll aérienne au new-look Dior, en passant par Woodstock, sans jamais nous écarter des chemins battus de la sphère mode. Amen !
J. 15/03/2008 ![]()
Rollicking
Posté le 22 avril 2008
@ 21:40 - Dans Musique
Il est des groupes qui suivent la tendance, qui plaisent, certes, même à moi, mais qui ne font décidément preuve que de peu d’originalité et se complaisent dans la facilité de la grande écoute. Puis il y a ceux, avant-gardistes, plus fantasques peut-être, qui font fi du moule et décident de créer un genre novateur, loin de la scène parisienne en vogue. Ce fût le cas lorsque le charismatique compositeur des Malaparts, Hugo Jardin, se rassemble autour des Mantis et des Boxon pour former un nouveau courant connu à présent sous le nom de Rollicking. Un excellent concentré de testostérones pourtant loin du cliché des rustres mégalomanes puisque littéralement, rollicking signifie exubérant ! Quand on décompose ce nom, on pense vaguement à deux colosses du paysage rock’n’roll, d’un côté le sex appeal de nos papys à la langue tirée, de l’autre la quintessence de la guitare du gominé qui se déhanchait comme un diable… Mais assez de théorie, en pratique il est plus étonnant encore de se confronter à ces mômes de Paname hors du commun. Et quelle meilleure preuve que leur tout premier concert, tenu en bonne et due forme le vendredi 22 février dans la petite salle de l’Espace B. Une première modeste, dans une salle qui ne paie pas de mine, mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Nos mâles à part et leurs acolytes ont prévu de nous faire vibrer ce soir, et ce sera promesse tenue. J’aurais aimé à dire « et le meilleur pour la fin », mais les premiers à se jeter à l’eau furent les Mantis. Pourquoi le meilleur ? Avant ce soir je n’avais aucune idée de l’identité de ce duo sulfureux hormis leur place privilégiée dans bon nombre de top friends Myspace, et tant mieux, si j’ose dire, car je n’y aurais peut être pas prêté plus attention que ça, mais je découvrais ce soir Emi, le batteur blond, et Santi le guitariste et chanteur brun. Les Mantis sur scène m’ont fait l’effet d’une bombe, tout d’abord leur symbiose parfaite, et leur jeu de scène à couper le souffle (parenthèse d’une modeuse : la tenue bel hidalgo de Santi, sa boucle d’oreille et son rouge à lèvres, et l’allure plus folk d’Emi avec son gilet de renard sur une chemisette déboutonnée n’étaient pas sans émoustiller mes yeux experts), le tout porté par des riffs détonnants et une batterie qui m’a rappelé qu’il existe bel et bien une différence entre batteur et boîte à rythme. Eh puis il y a la voix, ou plutôt les voix, l’union du lead presque hystérique qui frôlait parfois un accent Scottish des plus sexy, et les chœurs cristallins de celui qui assurait aussi un set de batterie d’une perfection rare. Les morceaux s’enchaînent, et les bras m’en tombent. Enfin le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau (et le moment que nous attendions tous plus ou moins), leur tube clé qui met le feu aux foules Where are you my Generation, entonné par la salle entière pendant plus de 7 minutes… Une tuerie, et peut être un clin d’œil aux Mods et leur légendaire My Generation des Who, toujours est-il que le succès est franc et les oreilles comblées. Pause cigarette (stupide loi, je t’aurai). D’après une tactique scabreuse émise par Alexandre, guitariste héroïnomane qui n’a jamais touché à la dope (dixit Hugo J.), les Malaparts prennent la scène d’assaut pour livrer un set énervé et puissant tels des maîtres régnant sur leur public (c’est qu’ils connaissent la technique du coup d’état sur le bout des doigts… ). Et je fais partie du quatuor (qui n’en est plus un, pour le coup). Pourvue d’un tambourin je me démène pour tenir un rythme parfait et réaliser quelques effets stylistiques sur les conseils de mon homme mais aussi inspirés de mon maître incontesté, la Reine du glam - qui en posa d’ailleurs les fondements, certitude que je garde envers et contre tout. Je m’en sors avec moult ampoules et bleus, mais satisfaite car selon le public et les Malaparts eux-mêmes je fus divine (au moins autant que l’égérie des Dandy Warhols). Quant à mes républicains en Perfecto, je leur trouve une virilité certaine. Même le séant duveteux d’Alexandre est propice à l’attirance ce soir, à en croire les groupies… La sueur émane, les yeux flamboient, les gorges se démènent, les corps se déchaînent, l’empire Malapartiste est à son apogée tandis que je me fraie un passage dans les méandres des jacks. Mais me voilà soudain propulsée sous les projos exactement, pour ma chanson éponyme dont les paroles me qualifient tout à fait (le génie d’Hugo). Mais loin de me décontenancer, je tambourine de plus belle, notre jeu polisson en irrite plus d’une mais qu’importe, nous poussons l’indécence jusqu’à leur offrir une scène de galoche des plus impudiques (qui ne sera malheureusement pas immortalisée… ). Les pogos s’enchaînent, le public remue et braille en cadence, la salle approuve, et je crois même qu’Alexandre fait s’effondrer le faux plafond par ses coups de boots acharnés, coup de maître. Pause cigarette (décidément !). Debriefing entre Malaparts et intimes, quand tout à coup (d’état ?) n’ayant pas vu l’heure filer nous nous rendons compte que nous sommes en train de rater la troisième et ultime (du moins, ce qui aurait dû l’être) partie du concert. Juste le temps de courir rejoindre l’antre des mâles émeutiers et nous voilà de retour dans ce qui pourrait être la fosse, et l’effervescence de reprendre de plus belle. On peut dire que les Boxon n’ont rien à envier à la nouvelle scène parisienne : loin de la panoplie slim/veston/zizis de rigueur dans le milieu, eux ont choisi l’allure follement vintage des plus grands des années ’80. On assiste à un revival du pantalon forme 501, des mocassins, Doc Marteens, veste d’aviateur, bandana à imprimé cachemire, et la coupe Indochine de Valentin qui donne une allure décidément New Wave au groupe. Leur jeu d’enfants terribles rend les filles folles et les garçons turbulents, leurs paroles en français insufflent un élan de frénésie chez le public parisien qui s’encanaille et se reconnaît en des chansons telles que Tu Es Impossible ou Dis Moi, mais redouble d’ardeur lorsque le quartette reprend l’effronté Et Moi, Et Moi, Et Moi du Dandy de la chanson française, harmonica et tambourin à l’appui (avec l’aide d’un Canard !). Puis soudain, comme une nuée de guêpes la foule en délire rejoint la scène dans une cohue indéfinissable, Mantis, Malaparts, Boxon, Ducks, et d’autres encore que je ne saurais citer, tous reprennent en cœur le fameux Generation dans un tintamarre orgasmique où le Rollicking n’a plus formé qu’une seule entité joyeuse et turbulente. Et le concert de se terminer progressivement dans une orgie de voix et instruments, sûrement portée par quelques grammes d’alcools mais surgissant comme un coup d’éclat (pour changer) d’une joyeuseté franche, et même si le public était en nombre restreint ce soir, il fut certainement le vecteur de l’ambiance électrique qui régna tout au long de la partie. Pourvu que la Rollicking Experience remette le couvert sous peu !
J. 08/03/2008
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