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black stone
Fin de folie.
Posté le 18 août 2008
@ 04:10 - Dans Troubles
Fin de folie, retour à la vie.
Je suis partie précipitemment. A peine le temps de prendre au passage, un vêtement ou deux, du parfum, des livres, et je dévalais les escaliers le poids du sac meurtrissant mon épaule. Je me souviens des pièces tombant avec fracas dans la machine, l'attente interminable du ticket et je me suis enfoncée dans les entrailles de la ville en sueur. Les portes du métro se sont refermées et je tremblais de faim et de soif à me demander déjà vers où je courais. Puis ce fut encore plus rapide, arrivée à la gare bondée et puante, je me suis empressée de récupérer mon billet et je me suis précipitée vers mon tgv sur le point de partir, dernier wagon, tout au bout du quai, j'ai cru m'effrondrer et tout abandonner. Arrivée dans la voiture, rapidement j'ai trouvé ma place. Sans prendre le temps de m'attarder sur les autres, je me suis enfoncée dans mon siège, j'ai mis mes écouteurs et j'ai fermé les yeux. Impression depuis toujours de vivre ma vie dans un train, entre une gare et une destination, je construis une histoire, je vais je viens entre quelques quais j'échange larmes et baisers puis je repars. Mon portable a plusieurs fois vibré, je savais qu'il aurait tenté de me contacter, j'ai refusé l'appel, sommeil. A l'arrivée, j'ai deviné sa silhouette sur les quais. Il est beau, putain comme je suis aveugle. Je suis descendue et sans hésitation, j'ai été vers lui. Ses deux jours étaient doux, chauds et durs. Je me souviens des heures passées dans son lit et des quelques rares minutes où on s'y est endormi l'un contre l'autre. On a passé la journée le long des quais ou à flâner dans la ville. Il m'a invité dans un restaurant magnifique où on mangeait semi-allongé à la lueur des bougies des mets rares et raffinés. Je me souviens de ce café en fin d'après-midi, je buvais mon expresso, noir, amer en regardant les fines griffures sur son alliance, j'ai lentement passé mon doigts sur la gravure en son centre. On s'éternisait l'un dans les bras de l'autre, on était horriblement en retard mais qu'est-ce qu'on s'en foutait. Revenu à la raison, on a pris nos affaires, effacé les traces compromettantes et on est parti rejoindre les autres à la montagne. Le temps était orageux, la nuit est rapidement tombée. Durant des heures, je l'ai regardé conduire, j'aimais son air concentré, son reflet à la lueur des éclairs. Je ne me lassais pas de l'entendre parler de lui, de l'avenir, de tout, de rien, j'aime sa conception de demain. On refesait le monde, on parlait de nous comme si ça existait, quelle étrange et troublante impression, parler d'avenir ne nous avait jamais paru aussi simple et naturel... étrange... Nos mains étaient soudées, entrelacées, serrées à en craquer doucement nos doigts. Il pleuvait, l'orage était assourdissant, on était perdu, on était heureux. Dernière étreinte au creux de la vallée et on est monté au chalet. A peine arrivée, sa femme s'est emparée de lui, elle s'est plaint d'un tel retard et de cette odeur bizarre qu'il portait. Sa voix m'agressait, je me suis réfugiée près de la cheminée et la chaleur des flammes brûlait les larmes osant glisser le long d'un cil. Durant le séjour, on a à peine eu quelques instants pour se regarder ou même se frôler et encore, je l'avais perdu, je devinais son regard à l'affut, la peur d'être vue, je l'avais perdu... La veille du départ, il est brûtalement devenu sombre. A peine un mot, à peine un regard, renfermé à tout même à moi. Et ils sont partis, tous les deux, à peine un effleurement sur la joue et il avait déjà disparu comme si je n'avais jamais existé. Je savais que son départ serait douloureux, je ne savais pas qu'il le rendrait aussi difficile. Ce n'est qu'en fin de soirée que je suis moi aussi rentrée, haine, culpabilité, manque, solitude, envie de crever. Parmi mes mails, un de lui, bref, concis et froid. Je devine son envie de me dire à quel point je lui manquais mais elle était sans doute trop près.
Nos langues ne se sont pas touchées, nos sexes ne se sont pas mêlés. J'ai refusé toute pénétration. Mon corps et mon esprit lui sont toujours fermés, il lui manque de quoi me pénétrer. Je ne l'ai pas désiré. Je réalise à peine avoir passé quelques jours dans les bras d'un homme magnifique, talentueux, drôle, charmant, riche, désiré, portant sans gêne avec moi, une alliance au doigt. Quelle conne.
Aujourd'hui, il est toujours mon ami. Mais j'ai le sentiment d'avoir tout trahi.
J'ai fait une folie
Posté le 13 août 2008
@ 14:02 - Dans Troubles
J'ai fait une folie, elle n'est ni douce ni pardonnable. Mais elle est tout simplement telle que je suis. Cette nuit, je serai avec lui. J'ai pris mes billets, je vais faire mes bagages et ce soir, je le rejoinds. Ami ou amant. On a désormais, la nuit pour se décider. Quoiqu'il arrive, c'est dans ses bras que je me réveillerai. J'ai peur.
Histoire de ne pas oublier l'essentiel.
Posté le 12 août 2008
@ 06:51 - Dans Troubles
Fin de la conversation de cette nuit avec lui. - j'ai tellement mal au ventre... - tu as tes règles ? - mmmmh non. - mmmmh non depuis combien de temps ? - arrête - réponds - arrête - kiwilie réponds ! - j'en sais rien - je sais que tu vas me détester. Mais donne moi une réponse. Je ne te lâcherai pas avant ça. - je suis honnête, je ne me rappelle plus. Je crois que la dernière fois que je les ai eu, il était là. Maintenant laisse moi tranquille - kiwilie, ça fait plus de 2mois. Et donc ? Tu ne réponds pas. Tu es enceinte ? Tu as fait un test au moins ? J'en ai assez de faire un monologue. Kiwilie, je déteste ça. Tu dois faire un test. Réponds maintenant ! Kiwilie... Tu es toujours là ? Tu sais que je déteste quand tu fais ça ? Réponds stp... Stp... réponds moi. Kiwilie. Kiwilie. Kiwilie putain ! Qu'est-ce que tu fais? Je n'ai pas encore osé lui répondre, ça fait 5h de ça. Je n'ose même pas me répondre à moi-même, pourtant il a raison et maintenant qu'est-ce que je fais ?
tout simplement bon.
Posté le 11 août 2008
@ 00:00 - Dans Troubles
J'ai passé la journée près de lui, allongée au bord de sa piscine, je savourais le soleil tout comme son regard qui me brûlaient la peau. Il y a 4ans, je lui aurais fait l'amour. Il y a longtemps que je vis des périodes sombres et inavouables. Tantôt ange, tantôt diable, ainsi va la vie. Tout le monde peut juger à celà je réponds vivez. Aujourd'hui, je l'ai regardé. Je lui ai avoué ma peur, mes sentiment troublés, je lui ai avoué être effrayée de ma souffrance lorsqu'il me manquait. Je ne l'ai même pas effleuré. Laissez moi rire de la moral humaine, je ne me suis pas dénudée mais j'ai mis mon coeur à nue. Je ne suis pas aveugle. Je sais que tout ce qu'il m'attire en lui, c'est ce qu'il manque en l'autre. Je ne suis pas niaise, je sais que ce n'est pas une raison. Je ne suis pas insensible, je sais que mon silence leurs épargne mille et une souffrances. Je ne suis pas naïve, je fonce encore dans une profonde abîme. C'est la seconde fois que sa main frôle le bas de mon dos. Et moi l'athée, je me donne la libertée de penser "dieu que c'est bon d'être aimée".
Du rire aux larmes, tout un cinéma...
Posté le 10 août 2008
@ 09:28 - Dans Troubles
Ce soir, entre amis, nous devions nous rendre au cinema. Comme souvent, nos choix du film étaient différents, l'importance est de se retrouver, en débattre, le faire découvrir, le critiquer, le faire aimer. Ils étaient tous en retard et moi en avance, c'est donc seule que j'ai pris mon billet, je me suis dirigée vers cette toute petite salle. Une salle de cinéma a pour moi l'art d'allier le sinistre à l'érotisme, je suis soulagée quand les lumières font place à la lugubrité de l'écran, on y distingue moi le moelleux fauteuil et son doux manteau rouge excitant. Assise dans une salle pratiquement vide, la solitude fut écrasante. J'aurai aimé qu'au moins l'un d'eux m'accompagne et surtout lui... il m'avait promis avant de se désister devant la possessivité de sa femme. Alors mon imagination se balladait, je m'imaginais avec lui, je me plaisait à rêver d'un moment où enfin on pourrait de nouveau se voir seul. Je me disais que cette séance nous aurait fait beaucoup de bien et le fantasme m'a mené à l'imaginer surgir dans cette salle. Quelle folle. Je ne suis qu'une amie, jamais il ne pourrait s'imaginer que l'entrevoir me suffit à soulager le fardeau de la distance entre mon homme et moi. Finalement, c'est un peu de lui que je retrouve en son ami. J'étais plongée dans mes pensées, il fesait froid et je m'imprégnais de cette odeur sucrée de pop-corn au caramel. C'est là que j'ai sentie sa présence. Il a surgit à mes côtés. J'ai eu envie de pleurer, de me coller à lui, de le serrer dans mes bras. Comment parvenir à s'éclipser devant tous les autres sans soupçon, je l'ignore. Mais parmi la dizaine de salles, il m'a retrouvé quelques secondes pour prendre la peine de voir comment j'allais. C'est peut-être stupide. Mais... le film n'avait pas encore commencé que je pleurais, touchée. Je sais qu'il a voulu m'embrasser. Je sais qu'il aurait voulu rester. Mais je ne souhaite rien gâcher, je préfère ne penser qu'à son amitié. J'ai pleuré. Le film était si beau, il m'a transporté, j'étais bien. Et puis, en sortant, je les ai vu au bout du couloir. Leur film était fini, ils m'attendaient. Il fallait que je fasse comme si de rien n'était, lui dire bonsoir avec indifférence. Comme si l'instant fugace n'avait jamais existé. Un instant pourtant si bon et si réconfortant. Pourquoi le dissimuler ? Et là m'est venu, un poids au coeur, j'ai à peine eu le temps de pivoter, pousser une ou deux portes et là comme une abrutie devant une lunette de wc, j'ai pleuré une éternité.
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