Depuis le début, avec mes amis, nous avons remarqué que filles et garçons ne se mélangeaient pas beaucoup en Argentine. En France, il n’est pas surprenant de voir des bandes d’amis mixtes, alors qu’ici c’est, à chaque fois, les filles d’un coté et les garçons de l’autre. Pour vous donner un exemple concret, parlons d’une de mes dernières soirées où une copine argentine, Justi, m’a invitée à un pre-boliche (before) chez son cousin. Nous arrivons avec Justi et toute sa bande de copines chez le garçon où tous ses copains nous attendaient et nous nous asseyons. Spontanément je m’assois au hasard entre deux garçons mais je me fais vite reprendre à l’ordre, Justi me fait signe de venir m’assoir à coté d’elle sur le canapé où elles étaient entassées à quatre. La disposition de la pièce était une vraie caricature, les garçons d’un coté et les filles, en ligne, de l’autre. Je me serais crue à une boom de 4° où tout contact avec la gente masculine et vu comme un signe de haute trahison. Cette soirées n’est pas un cas isolé, quelque soit l’âge ou le type de soirée, il y a toujours cette cession. La frontière n’est franchie que dans le cas où un garçon repère une proie et qu’il décide de partir à sa conquête, ce qui est souvent loin d’être gagné vu la froideur des Argentines. J’ai fini par en parler à un garçon argentin, je lui ai demandé s’il était possible d’être amie avec un garçon et s’il ça se faisait d’avoir des groupes d’amis mixtes. Je n’ai pas été déçue par la réponse, il m’a dit que tout simplement il n’était pas possible de trainer avec un groupe de filles car à chaque fois c’était source d’histoires : Gonzalo était intéressé par Deby qui était intéressée par Marcelo qui était intéressée par Vane qui était sur Gonzalo…. Bref la peur du triangle amoureux les a fait renoncer. Un vrai calvaire pour européenne en manque de bons copains avec qui partager conseils, fous rire et défis.
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