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Tisane de violette et glace à la rose
Par ladychic MPL'ajouter à tes blogs
Une petite citation : " Et voilà que le lion s'est épris de l'agneau._ Comme l'agneau est stupide._ Et quel masochiste ce lion. "

De quoi parle ce blog ? Ni uniquement de mode, ni juste de mes petits ébats amoureux ou de mes déserts célibataires. De ce qui me viendra. D'une note de musique ou d'une fringue achetée par pur caprice. D'un amant envolé pour San Diego ou ces mignons qui gravitent dans mon périmètre. De Sartre à Cecily Von Ciegezar. Blog grand mélange de mots et de sentiments. Furie des phrases et des paragraphes.
" On est encore là, près à foutre le souk et tout le monde est cord-da. " - Ca s'appelle une claque
Posté le 26 avril 2009 @ 15:46

 

 

J'ai retourné la maison à la recherche de mes souvenirs d'ado. J'espérais retrouver mes cahiers, tous ceux que je voulais artistiques, pleins de photos et de paroles de chansons. Je me suis souvenue de celui que j'avais montré à ma psy, quand j'étais en troisième, qui contenait mes photos appareil dentaire guitare, les paroles d'Aqme et d'Alain Souchon. Rien de tout ça. J'sais pas comment j'ai laissé traîner tout ça. Je crois que dans un élan de maturité, une de mes multiples tentatives de renaissance, je l'ai jeté. Je devais penser que c' était pour mieux recommencer à zéro, pour avancer.

J'ai pourtant pas oublié, et je suis loin d'en avoir honte. J'étais conne quand j'avais quinze ans, mais je sentais habitée alors... Par contre, j'ai retrouvé mon album de Suprême NTM, j'ai pris une sacrée claque. "Laisse pas traîner ton fils", "C'est arrivé près d'chez toi" et "Ma Benz", j'y comprenais rien à l'époque. J'écoutais ça pour faire comme mon frère, qui lui non plus, devait pas vraiment percuter. J'aimais bien la réaction des gens qui me regardaient avec des grands yeux quand je leur disais que j'écoutais ça. Je me sentais différente. C'est ça la crise d'ado.

Aujourd'hui, si tu veux t'imprimer, si tu immortaliser tes sourires, tu prends des photos. Les aléas du numérique qui t'empêchent de rater tes photos, qui inhibe le suspens chez le photographe qui te filait les mains moitent parce que tu flippais qu'il ait vu des photos immondes. Aujourd'hui le papier ne vieillit plus, au pire tu fais une fausse manip' et t'es bon pour chercher trois heures sur ton disque dur. A présent tu blog, moi la première, geek en rose bonbon, plutôt que de remplir un journal intime. J'aimais bien celui que ma meilleure amie de cinquième m'avait offert. Il était rose avec un Titi en première page, y avait aussi un petit cadenas pour que je me sente mystérieuse. Aujourd'hui, ton ex, ton frère, tes profs et ton père découvrent ce qui se passe dans ta tête à condition d'avoir deux trois contacts qui te connaissent. Si j'bug, mon CD préféré s'envole, Itune le trouve plus et je me vois prise dans l'illégalité du téléchargement pour me remettre des frissons alors qu'avant ça, des CD, j'en ai perdu des tas derrière l'armoire où j'avais ma chaine hifi.

J'parle comme une vieille fille. J'ai l'impression de voir ma mère qui me demande comment ça marche une clé USB. Y a pas à dire, ça m'aide à me sentir authentique d'aimer l'odeur des vieux livres. Ca me plait encore plus d'essayer d'en écrire un. Je me demande dans dix ans comment je ferai pour me foutre de moi-même. D'ici là, j'aurais changé d'ordi deux fois, d'iPod cinq sans doute, j'aurais supprimé huit blog, me serait désinscrite deux fois de Facebook, changé trois fois de numéro de téléphone, de mec j'ose pas y penser. J'essaierai de retrouver des chansons que j'aurais aimé, qui auront supporté mes chagrins d'amour ou encouragé les débuts de romance, en vain. J'arriverai plus à me souvenir de quelle couleur étaient mes cheveux quand j'avais dix huit ans. J'aurai aucune photos de mes variations de poids, de celles ou j'avais toutes les tailles de jean. J'rencontrerai des gens en pouvant leur dire ce que je veux, sans jamais le faire car tout se retrouvera avec quelques billets.

Dans dix ans, comment on construira nos souvenirs ?

Mes espoirs en papier filtre
Posté le 20 mars 2009 @ 11:15

Mes tasses sentent le tabac. Mes écharpes sont imprégnées de fumées. J’ai la peau qui grise.

Mes ambitions se consument. Ma confiance en mois se dilatent pour finir gazée, empoisonnée dans l’atmosphère. Il y a dans la formule pharmaceutique de mes cours un goudron qui me plombe. Je comprend les neutralisation acide-base par le café et la soude. Je suis me sens corrosive à l’ intérieure, envenimée par un arthropode à papier filtre. La possibilité d’une réussite immédiate et aussi accessible que la flamme qui m’ incendiait. Cancérigène dégénérée.

L' incertitude du TGV - de quoi vous faire haïr Grand Corps Malade
Posté le 20 mars 2009 @ 11:11

L’ habituel trajet Mulhouse - Strasbourg exceptionnellement en TGV. A destination, entendre « direction Paris Est » et se dire «  Je sors ou je reste ? » Laisser tomber le sérieux des cours, le discours raisonnable maternel pour retrouver son appart du douzième. Ressentir son mélange de parfum et de tabac, sa barbe naissante qui picote et me rassure. Dire « Merde! » à ces soporifiques leçons de vie qui m’enracinent mais m’ anesthésient.

Je n’aurais rien à y gagner si ce n’est l’ éphémère plaisir de ses bras qui m’entourent. J’y laisserais mon année, mon sérieux, mon travail, un bout de ma famille. Si je fais l’addition, je suis sombre perdante. Contre quoi ? Contre son affection, son regard élogieux, sa malice et son caractère qui me fait vibrer. Pouvoir recommencer à faire semblant de dormir alors qu’il caresse mes cheveux et ma nuque pour me réveiller.

Je voudrais tellement laisser s’ échapper tous mes doutes, ces moments où je me demande où je vais, où je cherche l’attention d’autres pour me rassurer. Il suffirait de si peu, de la certitude d’avoir mon concours pour voguer vers la liberté. J’aimerais avoir les épaules pour pouvoir le soutenir, être comme sa béquille, son appui pour qu’il puisse avancer en toute sécurité. Je voudrais être plus que la copine à 500 km qui donne des conseils et entretient le désir à distance.

Il aurait dû en choisir une plus âgée, plus responsable, plus pragmatique. Il n’aurait pas dû s’attarder, pendant tellement de temps, à me chercher parce que je n’étais pas comme ses ex. Ses ex lui correspondaient, du moins en partie. Je n’aurais pas dû faire attention à lui alors qu’il était encore un étranger. Je n’aurais pas dû lui laisser envahir ma vie et tout déplacer, au point de me ravager, de la tête au pieds. Il aurait mieux fallu que je résiste à son énième requête après m’avoir chamboulée le cœur.

Et ce matin, j’avais tout pour le rejoindre, juste à prolonger mon billet. J’avais mes affaires pour tenir plus d’une semaine, mon envie de lui prête à me faire oublier mes interdits. Je l’aurais enlacé à lui briser la nuque en lui demandant de ne jamais me lâcher. C’ aurait été plus qu’un élan d’affect, ça été son premier «  Je t’aime. »

J'aurais aimé qu'on parle de moi comme on décrit les morts dans les livres ...
Posté le 28 février 2009 @ 21:33
J'aurais aimé qu'on parle de moi comme on décrit les morts dans les livres. Qu'on me raconte au passé avec des grands mots comme " liberté, ambition" ou encore " charisme". J'aurais voulu qu'on s' imagine mes scènes comme je dévore celle des autres: canapé, lunettes, tisane cigarettes.

J'aurais souhaité mener à bout mes grands projets de rien du tout. Mes multiples tentatives d'écriture, sans trop d'aboutissement par manque flagrant de maturité. J'aurais voulu m'improviser artiste ou me voir intellectuelle, écrivaine de génie mais pas commerciale du tout, ni undergroud ni VIP, juste une version de la canaille française des années cinquante.

J'aurais préféré qu'on me voit comme une fille pleine de ressources que comme une enveloppe creuse juste bonne à jouer le mulet qui apprend tout ce qu'on veut bien lui enseigner sans développer ni ne rien n'y apporter. Mais bilan de bientôt dix huit années de recherches culturelles : ni plus ni moins qu'une passivité affligeante. Des heures devant des drames cinématographiques en tous genres: français, américains mais surtout ibériques. Des nuits entières, des souvenirs de lycée à se laisser prendre par les auteurs, à tourner les pages pour le plaisir du bruit, et de la sensation que ça produit. Nombreuses soirées d'aphone pour mieux faire parler les oreilles: blues, jazz ou classique pour les soirées mathématiques. Mais plus aucun mot, plus d'argumentation de café théâtre les soirs d'été, plus non plus de veillés de nuit pour marteler le clavier à en devenir ivre. Ecrire, relire et corriger pour toujours finir par tout supprimer. Rien à la hauteur de ce à quoi j'aimerais aspirer. Rien que des bouts de tout, jamais plus que des contours tout flous.

J'aurais voulu m'accomplir dans des causes plus nobles que la recherche du dernier carré Lacroix. J'aurais souhaiter paraître plus que les simples lois de l'apparence. J'aurais voulu qu'on m'admire, mais seulement après argumentation. Kit à ce que l'on me déteste avant, pourvu que j'arrive à convaincre, à surprendre. J'aurais aimé qu'on veuille me demander mon avis, qu'on me pose des questions suite à des interrogations profondes, sans prétention de pouvoir y répondre, mais pour le plaisir de pouvoir réfléchir, pour cette capacité mutuelle à faire grandir.

Je dois avoues qu'aujourd'hui j'aimerais me regarder dans un miroir et retrouver de minuscules parcelles de celle que j'étais. Non pas que la roue aie tournée ni que je me sois complètement vidée, mais ressentir ces frénésies d'écritures, ces morceaux d'arrogance qui prônaient la possibilité de devenir pharmacienne pour la vie et auteur pour le reste. J'aimerais ressentir cette satisfaction qui me prenait parfois et délaisser définitivement ces semblants d'amertume ou de ratés qui m'envahissent à chaque fois que je fais une première relecture et que je sens que ce n'est rien d'autre que gaspillages, babillages, enfantillages.

J'aimerai bien me lever demain, et qu'en cadeau, mon stylo ne veuille plus quitter ma main.
Pétale de prose en avalanche
Posté le 26 février 2009 @ 12:05

 

 

" If I lay here, if I just lay here, would you lie with me and just forget the world ?" C'était purement approprié. Il ne pouvait en être autrement. Pas de contingence dans ce jeu-là. Pas de hasard pour suite de grande histoire. Dans ce contexte, il n'y avait pas d'alternative, pas de feinte possible ou de choix. Face à face avec ce chemin biscornu sans déviation possible. A pied joints, en plein dedans.

Il aurait été impossible que je n'ai pas la larme à l'oeil lors de ce dernier épisode de la saison 2 de Grey's Anatomy, même après l'avoir vu quatre fois. Pas d'autre possibilité non plus pour que ça se déroule en d'autres lieux, avec un autre. Il n'y a pas à combattre contre ce genre de destin, pas à se fourvoyer avec la raison et le regard des autres qui vous questionne, vous emprisonne, vous empoisonne. Il y a des mots et des instants qui s'imposent et ne se posent pas la question de savoir si c'est bien ou pas, si à long terme ça aboutira ou simplement si ça se fait. C'est comme ça, point barre.

 

Ils parleront, diront que c'est nuisible à mon avenir, à mes études. Ils vomiront sur mes plaisirs et jugeront mes souvenirs. Qu'ils crachent en l'air, bannissent le monde de m'avoir laisser faire. Je m'interdis de culpabiliser. Je m'interdis de m'interdire encore, ne serait-ce que pour l'avoir trop fait.

Il n'y avait aucun autre choix que d'accepter que tout se déroule comme ça. Il n'y avait pas d'autre envie non plus, que de me laisser prendre sa voie. Que de retrouver ces étreintes là, même si ça doit me nuire, même si ça doit me détruire. Je les laisse volontiers me salir, me maudire, s'ils y trouvent la force de nous laisser rire.

 

 

" Forget what we told before we get to old."

 

 Lacroix si c'est toi.

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