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TIME FOR HEROES
YOU ARE BURNING LIKE A CITY OF ELECTRIC LIGHTS
Posté le 02 janvier 2009
@ 23:17
Mes dizaines de dernières cigarettes s'amassent en petits paquets de petits mégots, il a neigé. Des petits vieux émergent de l'église, ils sont ébahis par le froid et le soleil dur sur le ciel blanc. Ils ralentissent, chassent les pigeons, referment les grilles. Je croyais les haïr, je voudrais leur ressembler. Ils croient, ils savent. Moi j'ai tout à penser, et je ne veux pas. Mais l'encens me monte à la tête, j'ai la nausée de ma première communion, le coeur qui fuit, qui se cache des vitraux terribles. Alors je reste sur les marches, mais je sens l'empreinte de la pierre sur ma chair et je fuis aussi. Ce sont des bottes de pluie brunâtres, le crissement des rouleaux multicolores, de petits confettis sur la feutrine verte, les chaises de fer forgé, le renard-du-champ-d'en-face, les cotons dans les bocaux du Body Shop, les élastiques, les films plastiques pastels, Tom & Jerry sur le ferry, le flacon noir de Papa. Canaux, tulipes, eczema. C'est Amsterdam que j'oublie.
WHAT A PRICE
Posté le 28 décembre 2008
@ 23:57
(Je voulais la version de Link Wray, introuvable sur internet.)
"As a child it was impossible to penetrate the secret of that joy which comes from a sense of superiority. That extra sense, which enables one to participate and at the same time to observe one's participation, appeared to me to be the noirmal endowment of everyone. That I enjoyed everything more than other boys my age I was unaware of. The discrepancy between myself and others only dawned on me as I grew older." " The truly great wrtier does not want to write : he wants the world to be a place in which he can live the life of the imagination." Henry Miller, Sexus Fixer des vertiges, voilà l'essentiel. Le bras posé sur le zinc, le petit noir à la main seront-ils jamais assez ? Auront-ils jamais l'empreinte de l'imaginaire ? L'angoisse de ne jamais savoir quoi enfin faire de mes impressions s'accroche partout. Sur les volutes de fumée quand déjà il est trop tard pour songer à se coucher, sur les arpèges de leurs guitares hésitantes, sur la poussière des moulures de la salle aux miroirs. Les miettes s'agglutinent, et je tremble de ne pas comprendre. Je poursuis images anciennes et curiosités, en vain. Elles se dérobent, dégringolent. Je tombe avec elles au fond du puits, mais toujours elles fuient. Je meurs un peu plus de songer qu'elles n'appartiennent qu'à moi, que les restituer m'est impossible. Je désespère de les hurler, de les faire goûter à un monde hébété et inattentif. Il y a, et pourtant, ils vivent sans se percevoir : ils ne surplombent pas. Je m'étonne de leur persistance à vouloir raser; mais voilà, je n'ai pas les ailes de géant pour le leur dire. Je vis, je bois, j'écris, je joue et j'aime. J'attends quelque chose de tout cela, et rien, rien, rien. Le silence ne s'installe pas pour autant, le vide ne fait pas sens, une syllabe creuse, tout au plus.
LOVE AND HAPPINESS.
Posté le 12 décembre 2008
@ 18:26
Trois semaines que je ne mangeais presque plus. J'ai craqué. J'aurais aimé dire que c'était fatal. Tragique, je ne pouvais pas résister. Non, je sais bien que c'était possible de ne pas descendre au G20, ou de repartir une fois que j'y étais rentrée. A chaque seconde, j'étais capable de décider que c'était idiot, que j'allais me détester, une fois remontée chez moi, face à mon PC, plaquette de chocolat en main. A avoir dépensé de l'argent dont je me serais servie pour des cadeaux de Noël. Mais voilà, je n'ai pas fait le bon choix. Parce-que oui, il y a une bonne et une mauvaise solution, quand il s'agit de régler mes problèmes. J'avais déjeuné normalement, c'était bien, j'étais à peu près fière de moi. Et pourtant. Depuis mercredi soir, je passe mes journées à revâsser bêtement. Il pense à moi, je pense à lui, j'ai hâte de le revoir. Il travaille, moi je fais semblant, mais tant pis. Les concours blancs se passent plus mal que bien, j'aurais peut-être la chance d'arranger ça pendant les vacances. Peut-être, parce-que je sais bien que rien n'est moins sûr. Je ne me fais pas assez confiance pour ça. Je m'énerve, à la fin. J'ai beaucoup de raisons d'être heureuse, je n'y arrive jamais complètement. Just fake it until it actually all works out. Je pense que je vais probablement vivre une jolie histoire, et si comme il l'a dit, le meilleur était vraiment pour la fin, ça n'ira que de mieux en mieux. Je crois qu'on est ensemble, c'est drôle, on s'envoie des textos comme un vrai couple alors que ça ne fait même pas deux jours. Maybe it's all in my head. Je n'arrive pas encore à y croire complètement. On verra. C'est comme ça qu'il faut penser non ? Jour après jour ? C'est pas si facile, finalement. Je ne veux plus me saborder, je ne sais pas comment faire.
IN OTHER WORDS, HOLD MY HAND.
Posté le 10 décembre 2008
@ 23:44
On a descendu les Champs-Elysées, jusqu'à la Grande Roue, et puis il m'a embrassée.
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