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La Vida Loca
TOM & JERRY
Posté le 28 août 2009
@ 11:19 - Dans muteenerie
Franchement, j'ai toujours cru que j'étais une dure à cuire, tout le contraire d'une chochotte. Petite, déjà, je biberonnais aux films d'horreur. Mes meilleurs amis s'appelaient Chuky et Freddy Krueger. Aucune réelle phobie à signaler. Araignées ? Pas peur ! Femmes à barbe ? Non plus. Je m'imaginais invincible et blindée ... Jusqu'au jour où un intrus moustachu a pénétré chez moi. Pas José Bové mais presque. L'APPARITION Que je vous explique : j'étais pénarde sur mon lit, en train de rejoindre une communauté Facebook ("J'ai trois oreilles et mon grand-oncle est un poney" lorsqu'un objet poilu non identifié a traversé la pièce. Misant d'abord sur l'illusion d'optique, j'ai tranquillement continué mes pérégrinations cybernétiques (Leslie joined the group "Seul Francis Lalanne peut me juger" . Dix secondes plus tard, paf, l'OPNI est à nouveau apparu. J'ai alors compris à qui j'avais à faire ... Une bonne grosse souris des familles, du genre qui te défie du regard sans vergogne. D'un coup, d'un seul : j'ai hurlé ... Comme toutes ces greluches froussardes dont je me moquais avant à la télé. "Pourquoi un tel cri?", interrogez-vous. Eh bé, disons qu'un rongeur en cage, chez Animalis, ça passe, mais à même le parquet, chez soi, c'est quand même plutôt crade. J'ai donc couru en direction de l'aspirateur (aux grands maux, les grands remèdes), malheureusement, à mon retour, le bestiau n'était plus là.LE PASSOIRE ET L'OREO Préparer un piège n'est pas chose facile, ah ça nan. Malgré un visionnage intensif de MacGyver, j'ai mis un paquet de temps avant d'élaborer un traquenard digne de ce nom. Et quel traquenard ! Une passoire, un Bic bleu, un fil de fer et un morceau d'Oreo, le tout assemblé. Belle embuscade, n'est ce pas ? Du lourd, de l'ingénieux ! Hélas, ça n'a pas fonctionné. Durant des nuits et des nuits, déguisée en Tom, j'ai veillé, attendant que Jerry tombe dans mes filets. En vain ... Au lieu de venir casser la croûte, cette peste à poil a préféré organiser des teufs dans les murs, avec ses potes. Un festival de nuisances sonores ! Et puis un jour ... Plus rien, le silence ... Jerry est parti comme il est venu : sans prévenir. Aujourd'hui, je l'avoue, je le confesse : sa présence me manque. Nous aurions pu devenir amis, qui sait. Je lui aurais donné des Dragibus au petit déjeuner, des moules en dessert. Nous aurions regardé How I Met Your Mother tous les deux, nous serions partis dans la Creuse ... Rah, triste vie ! Cette expérience m'aura au moins appris une chose : j'aime profondément les animaux (Leslie joined the group "Je veux un lama" .
ME, MYSELF AND MSN
Posté le 22 juillet 2009
@ 12:13 - Dans muteenerie
9h47 C'est partis mon Jean Louis, ouverture de session. 9h48 Danse avec la lose : je suis la seule connectée. Pas l'ombre d'un pèlerin sur le réseau. Les gens normaux amorcent leur matinée 100% matières grasses et moi, je me la joue tox' du clavier. En avant pour la tactique du "hors ligne" (c'est un peu comme la stratégie de la terre brulée, mais en pas pareil). 10h04 Je m'ennuie. Je vais voir si rogeraimelekayak.com ça existe. Non. 10h32 Affluence, méga rush. Connexions à toute berzingue: c'est la fête de Neuneu. 11h19 "Gwen vous a ajoutée à sa liste de contacts." Mein gott, le mec des sports nautiques rencontré cet été. Il m'a retrouvée. Je l'accepte mais l'enthousiasme ne dure qu'un temps. Le mignion a des lyrics d'Adamo dans son pseudo. Y'a des moments où faut pas déconner. La neige tombera sans moi : je le bloque. 12h10 De drôles de phénomènes sévissent sur MSN. Primo, le gus à qui tu n'as jamais rien à dire. Mais vraiment jamais, hein. "Salut, ça va? Bien & toi ? La pêche !" Mille ans après: "& sinon, la fonte des glaciers, ça t'énerve un peu ou pas?" Après, on a le ravagé cybernétique: il parle en crypté ("Kikou! T'as pas une cam? Nan? Fichtre, c'est pas lol tout ça."
, il télécharge des smileys improbables (celui représentant Elise Lucet compris) et abuse de wizz, ces alertes sonores abominables. Pour finir, il y a le junkie, celui qui se connecte 23 heures sur 24. L'après-midi, il est là, la nuit, il est là, le 30 février, t'en fais pas, il sera là aussi. 12h47 Une potine m'explique qu'internet constitue l'une des plus grandes menaces pour notre vie sociale: "T'rends pas compte mais on va tous finir comme les hikikomori au Japon. Haaan, tu sais pas ce que c'est, tête de piaf ?! Ce sont des gens qui restent cloîtrés dans leur piaule, les mirettes rivées sur le PC, par peur de se confronter à la réalitée. En fait, le truc c'est que... Bordel, t'as checké la nouvelle version de Windows Live Messenger? Bordel bis, on peut écrire en doooré ! Trop moumoute, je télécharge !" OK. Elle est belle la France ... 13h32 Un individu étrange me demande s'il peut m'envoyer des photos de Mireille Mathieu. Je décide de ne pas répondre. 14h00 Un dimanche sur MSN, c'est comme un samedi au H&M Rivoli : ça bouchonne sec ! Sur 9o contacts, 81 sont en lignes. Y'a plus de saison, moi j'te le dis. 14h43 L'allumé de 13h32 s'accroche : "Réponds, je sais que tu es là. Mireille sans frange ne t'interesse pas?" 14h44 J'accepte les images chocs. 14h45 Je vomis. 15h28 Déconnexion momentanée. J'ai faim. Je veux un kiwi. 16h40 Back dans les bacs. 17h13 "& des photos d'Ardisson à poil, ça te branche?" 17h14 Non, ça ira. Merci 17h31 Fermeture de la session. Ras la moule du virtuel. Envie de moments aussi simplets qu'une pub pour le fromage de chèvre. Je pense aller courrir dans l'herbe et compter mes doigts. @+
Perchééé !
Posté le 12 octobre 2008
@ 12:27 - Dans muteenerie
08h12 Mon bigo portable s'agite sous la couette. J'ouvre un oeil, puis le deuxième. Un message reçu : 'Yo l'asticot. Grosse soirée demain. Talons obligatoires sinon tu restes à la lourde. Ps : T'as pas le choix, tu viens. Tchuss !' 08h49 OK, il me reste une journée pour apprendre à marcher correctement sur des échasses. Je demande à l'oracle, soit mon Popples en peluche, si ça va bien se passer. Pas de réponse. 10h04 Converse trouées, santiags bosselées, tongs en éponge... Rien de glamour à signaler dans ma penderie. Je choure une paire à ma soeur. Sensation de vertige rien qu'en louchant dessus. 10h22 J'enfile le tout. Je mesure maintenant près de 1,8om. Le chapon rôti de Noël qui m'était resté dans le cuissot a disparu. La joie me submerge. Je vacille. 11h30 En selle Leslie : J'entame une série de dix longueurs dans le couloir. 11h31 MORTECOUILLE, MAIS COMMENT QU'ELLES FONT LES AUTRES ? 11h32 Ma démarche peut assurée m'évoque plein de choses : la Mère Denis en mode arthrose du genou, le girafon d'hier, vu sur National Geographic, mon père rond comme un boulon... Dur, dur d'être une gonzesse. 12h04 Me voilà dans la rue. Entière. Vivante. J'ai descendu l'escalier de l'immeuble sans fracture du tibia. 12h11 Tiens là, c'est plat. Y'a de l'espace. Personne à la ronde. Vais essayer d'être sexy. 12h23 Hésitante, je me tortille, roule du boule, lance des oeillades aux lampadaires. Quand soudain ... PAF ! 12h25 Ô grille de métro : Je te conchie toi et toutes les semblables. 13h47 Besoin de reprendre des forces. Seule, je déjeune en terrasse. Un vieux crasseux me reluque la guibole 'Vous êtes mannequin ?', qu'il me demande. 'Ouais, pour le jambon Madrange. D'ailleurs, je dois bouger : j'ai un casting pour Normacol, un laxatif ultra-stimulant.' 15h06 Ayé, j'y arrive ! J'ai compris le truc. 15h58 Sous mes pas réguliers, le trottoir se transforme en podium. Je me sens femme 16h01 J'ai envie qu'on m'appelle Madame : Je rentre dans une boutique. 16h02 J'en ressors illico. Par respect pour mon banquier 16h33 Aïe ! 16h44 Aïe, aïe, aïe... 17h05 J'ai la voûte plantaire en kit et le dos en hachis. Il est temps de migrer. 17h20 J'aperçois un bus à l'arrêt. Dix mètres nous séparent. Impossible de courir sans passer pour un cake au crable. Je le rate. 18h13 Retour au bercail. Home sweet home. Je saigne des talons. Charmant. 18h14 Sagem en main, je réponds au texto reçu le matin : ' Yo l'bigorneau. Compte sur moi pour demain. J'ai grand hâte. Ps : Je viens pieds nus. C'est mon petit côté Yannick Noah. Tchuss !'
GOOOOOOOOOOAL !
Posté le 12 octobre 2008
@ 12:24 - Dans muteenerie
Il y a de ça quelques années, je tutoyais ma Megadrive et ordonnais à ma mère qu'elle m'appelle Sonic en public. Je boycottais moult surprises-parties, préférant broyer les burnes des monstres dans Zelda plutôt que de danser bourée avec Benoît de la 4°C. En gros, j'étais accro aux jeux vidéo, je taquinais le joypad comme un vrai taureau. Je me suis calmée le jour où j'ai découvert les bouquins de Charles Bukowski et la seconde selon Gambetta. Loin des manettes, je me sentais bien. Du moins c'est ce que je croyais . . . "PREPAREZ VOS CRAMPONS, LES GARS" "Si si, tu peux passer, mais on jouera à PES, tu vas te faire chier." Le gus qui me cause ? C'est mon copain, ma crotte. Le problème qui se pose ? Monsieur me prend pour une fille de base, le genre qui comprend que dalle au foot et qui est capable de soliloquer deux plombes sur le dernier push-up Wonderbra. "Préparez vos crampons, les gars", j'ai répondu, "j'arrive". Sur le chemin, mon palpitant valdinguait, j'allais à nouveau appuyer sur un bouton start : le panard ! Arrivée à destination, on m'a accueillie comme une reine : "T'sais PES, c'est pas comme Nintendogs, c'est plus compliqué." A ce moment là de l'histoire, j'ai voulu balancer une vanne incluant sa mére et Bruno Masure, mais je me suis retenue, m'emparant d'une manette en silence. J'avais trois gus à démolir avant d'affronter le boss ultime : mon mec ! LA TIGRESSE DES SURFACES Mon premier adversaire est brun, répond au nom de Thibaut, mais se fait appeler le Fennec des Surfaces. Dans son oeil, je lis la peur, la panique. Le match commence. Thierry Roland n'est pas là. Tant pis. "Et bam, un petit pont. . . Hop, hop, hop, l'accélération. . . Buuuut !" Je jubile, laisse échapper des bruits porcins. "Corner. . . Tête. . . Gooooal !" Le verdict est sans appel : Leslie 3 - Thibaut 0. "ça faisait longtemps que je n'avais pas joué", qu'il me sort. A d'autres ! Les deux zozios qui ont suivi ont fait preuve de la même mauvaise foi : "Tain, la console déconne", "J'ai pas bouffé à midi. C'est pas mon jour." En tout cas, c'est le mien : Le tigre est en moi, j'ai l'impression d'être dans la pub de Kellogg's. "A mon tour, ma crotte." La rencontre démarre, mais très vite s'interrompt. Monsieur a une crampe à l'index et réclame un temps mort. A ce moment-là de l'histoire, j'ai cru bon de lui envoyer une vanne, incluant son père et Jackie Sardou, mais il n'a pas apprécié. Lui et ses potes m'ont virée à coups de lattes, après avoir tenté de me pulvériser le larynx. J'ai finis la soirée avec ma Game Boy, baptisée Zizou pour l'ocasse. Et 1, et 2, et 3-0 !
BiGLOUCHE !!
Posté le 09 octobre 2008
@ 16:57 - Dans muteenerie
Dix ans que je dois porter des lunettes. Putain, dix ans ! Mon premier rendez-vous chez l'ophtalmo a en effet eu lieu en 1998 (j'écoutais Larusso). Je vais pas t'apprendre ce que c'est la préadolescence, hein : tu rebouches pas le tube de dentifrice, tu bois la flotte au goulot et t'envois chier l'autorité. L'ophtalmo n'y a bien évidemment pas échappé : ' Meuh nan, j'ai pas besoin de binocles ! Meuh nan, j'ai pas 5 à l'oeil gauche : retourne à la fac, tu me casses les coudes ! ' Si j'ai réagi de cette façon, c'est que dans mon collége, le sort réservé aux bigleux était effroyable. On les martyrisait, leur collait des serviettes hygiéniques sur l'Eastpak. Rah, ce qu'on peut être vil à cet âge-là ...
AU TOP L'HYPERMETROPE
Ce qu'on peut être con, ouais ! Si à cette époque, j'avais écouté le corps médical, je ne me serai pas retrouvée à 16 berges, avec la vue d'une octogénaire sur le déclin. Migraineuse et confuse, je suis donc retournée voir le docteur ès globes oculaires. On a d'abord envisagé le port de la lentilles de contact, une proposition que j'ai déclinée fissa. 'Euh disons que je connais quelqu'un sur qui elles sont restées collées, donc non. ' Dernière option possible ? Les lunettes. Ordonnance en main, j'ai filé chez l'opticien. J'y ai essayé plusieurs montures, donc une qui m'a donné des airs de secrétaire. Le genre de secrétaire lubrique qui peuple l'imaginaire des routiers. Mon choix s'est finalement arrêté sur une paire de Wayfarer. 'Un modèle indémodable', ne cesse de me repéter ma charcutière. ' En plus, ça se marie très bien avec le foie de veau !' Une semaine plus tard, elles créchaient sur mon pif.
EN MODE MAC LESGGY
J'ai eu du mal à m'adapter au début. Quand je croisais mon reflet dans les miroirs des magasins, je me faisais l'effet d'une nana qui lit du Schopenhauer à l'heure du goûter, une nana qui n'a jamais écouté Larusso en fait. Les 'Tiens, c'est marrant ! On avait les mêmes lunettes de protection en cours de chimie' n'ont rien arrangé. La malédiction du bigleux en direct live ! Puis, petit à petit, j'ai fini par m'habituer, par me les approprier. Aujourd'hui, elles font partie de moi. Un peu comme pour Gandhi et Mac Lesggy, mais en pas pareil. Je sens que mon oeil gauche travaille et sa me fais tout chaud dans mon corps. Je perçois mieux les petits détails de la vie : les bourgeons des fleurs, les points noirs de mon frére ... Une nouvelle naissance en quelque sorte ! Par contre, il me reste encore quelques trucs à élucider. Primo, j'aimerais comprendre comment j'arrive à foutre autant de traces de doigts sur mes verres. Deuxio, pourquoi quand je tape la bise à quelqu'un, je donne systématiquement des coups de carreaux? Si jamais l'autre fou d'Afflelou a la réponse, hein ...
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