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Par super-euca MPL'ajouter à tes blogs
Une petite citation :
De quoi parle ce blog ? De pas grand-chose, et c'est déjà bien assez...
Soixante et onze
Posté le 12 avril 2006 @ 22:41
Parfois je vis tellement dans mon imagination que j'oublie de faire la différence entre ce qui est avéré et supposé. Je me laisse embarquer dans mes scénarii réconfortants et autres, et quand je remets les pieds dans le bus j'ai du mal à reconnecter. Je me projette un peu loin pour ne pas voir ce qui m'arrive sur la gueule, je gère tout au dernier moment, c'est-à-dire que je ne gère rien, je m'imagine réaliser des trucs mais je n'imagine pas les préparer, je veux la réussite sans les efforts, je veux l'épanouissement sans les dépassements, je veux l'empathie sans la communication, je veux des tas de trucs mais j'en suis pas sûre, pas sûre de ce que je ferai avec, je trouve parfois que l'échec serait plus rassurant parce que connu, encore que ce soit juste l'attente plus que l'échec ou la réalisation qui soit réellement mon domaine, j'attends d'être prise à l'IUP sans constituer les dossiers, je repousse l'entretien avec la responsable de stage d'heure en heure et puis de jour en jour, je ferme les yeux sur les difficultés, j'attends, j'attends en regardant dans le vide ou en m'occupant à des choses infimes, ce que je portais tel jour quand est-ce que je vais chez le coiffeur, ne pas penser à téléphoner au directeur pour un entretien, si j'allais voir mes mails - ne pas lire ceux de l'université parce que dossier à rendre dont pas une ligne n'est écrite, j'attends en observant les autres en me plongeant dans mes souvenirs, j'attends qu'un truc arrive et me secoue, je pense mais pas trop fort sinon des trucs s'embrouillent, je ne pense pas aux problèmes qui se résoudront tous seuls, je vois l'avant, l'après, pas le pendant, jamais. Je ne sais pas, j'attends.
Soixante-dix
Posté le 10 avril 2006 @ 10:14

Ce soir Nel a un concert à Esvres et comme on a pas été foutues de se déplacer pour le premier, il n'est pas question qu'on manque celui-là. M. passe me chercher et ne se paume qu'une seule fois en cours de route, avec rien qu'un quart d'heure de retard, c'est super bon signe. J'embarque mes cartes made in mappy, elle tient la volant, s'occupe du levier de vitesse et autres trucs auxquels je ne touche pas, moi je gère le reste, gauche droite tout droit refais donc un tour de rond-point, en bref je copilote.

Du premier coup on tombe dans le bon coin, pourtant sans adresse ni rien, trouver la salle des fêtes en suivant toujours la rue la plus large ou en empruntant la seule voie possible, on se gare à dix secondes de la salle, on arrive avec dix minutes de retard et rien n'a commencé. 

Le concert se passe bien, seconde partie musicale contrairement à la première, on reste un peu au vin d'honneur, on discute on dit des conneries on va pisser on s'attarde. A peine remis le pied dans la voiture que le portable de M. sonne, elle répond, on discute à trois sans s'entendre les unes les autres, je sors regarder le nom de la rue où nous sommes, enfin on repart.

La N143 tout de suite, super, la D27 sera sur la droite et on sera rapidement à la maison, peut-être à minuit et demi pour moi ou une heure pour elle, Anaïs braille Mon amour mon coeur dans le lecteur CD, on discute de trucs débiles, et puis il est tard il y a du bruit alors on dit (je dis) des trucs qu'on avait (que j'avais) pas forcément l'intention de dire, et on plaisante et d'un coup on se dit merde, le panneau juste là indique que le château de Loches est dans six kilomètres, putain, c'est tout au sud du département, il est presque une heure du matin, ouhla on est perdues. On s'arrête, on respire, faire demi-tour et suivre les indications, la D27 sera à gauche dans ce cas, Tours est indiqué à environ trente-trois kilomètres, putain putain putain, il y a un plan du coin dans la portière droite mais ni elle ni moi ne savons lire ce genre de truc, tant pis, on va suivre la direction Tours, on roule et rien de neuf, tiens je crois qu'on est revenues à Esvres, ptain le détour de fou qu'on a du faire, la D27 n'est nulle part, bon, alors tout droit, Esvres est indiqué à gauche, à droite, Esvres est derrière nous devant nous tout autour de nous, je suis nulle en géographie et j'ai pas le sens de l'orientation mais quand même, je vois pas comment c'est possible d'être cerné par ce foutu bled, bon, restons sur la N143, peut-être qu'on l'a prise dans le sens inverse tout à l'heure, on va juste rentrer tard et puis voilà.

Nous avons donc mis approximativement une heure, une heure et quart pour faire seize kilomètres.  

Soixante-neuf
Posté le 04 avril 2006 @ 22:22

Soixante-neuf, année érotique, ouais, super, ça colle vachement bien à ma journée hypra glamour, c'est fou, presque j'ai eu envie de sauter le numéro, haha, elle est facile.

Deux secondes j'étais tentée de faire un post sensuel, ou alors un post sur Boris, ou alors un post sur moi et mes côtes, genre est-ce qu'on peut considérer que ce corps est à moi et me correspond, genre est-ce qu'il y a un mâle, ne serait-ce qu'un seul, qui me trouverait désirable (presque un gros mot), et puis passer tout de suite à des exigences suprérieures, genre est-ce que Boris me trouve / me trouverait désirable, est-ce que la notion de désirable existe vraiment, est-ce que les gens beaux ça existe, est-ce que le beau c'est pas dans nos têtes, par exemple dès que je mets un pied dans une salle je trouve que toutes les filles sont dix fois plus jolies et intelligentes que moi, intelligentes passe, jolies reste, pourquoi je me sens pas belle, comment y remédier, année érotique mon cul, année platonique, une encore, une de trop, est-ce que je peux prendre deux kilos en un mois alors que j'y arrive pas sur un an, est-ce que ça changerait quelque chose, je veux Boris.

Et puis finalement j'écris ça, comme ça vient, je me dis que parfois je ferais mieux d'enregistrer mes posts et de balancer un fichier audio, mais je sais pas plus lire qu'écrire, encore plus mal peut-être, et je crois que j'arriverais pas au bout de ce truc, de ces trucs que j'écris quand je relâche, quand je ne pense ni mise en forme ni scénarisation ni angle de vue ni correction grammaticale ni lecteur, quand je pense pas relire, quand je pense peut-être même pas poster.

J'ai dit pas de post sur Boris il y a quelque temps et c'est toujours un post sur Boris.

Soixante-huit
Posté le 03 avril 2006 @ 16:40

Hier, vous avez sans doute raté le documentaire La nature du sexe, dont le titre allemand suggérait plutôt Le sexe dans la nature. De quoi ça causait ? Non pas de coïts en prairie ou sous les pins parasols, je vous vois venir, mais plutôt de la sexualité chez les animaux, sujet dont on a, il est vrai, largement soupé en cours de SVT.

Ce qu'il avait  de différent, ce documentaire ? Une présentation décalée, du genre à faire pouffer de rire à force de parallèles tordus. Les différentes situations rencontrées sont  suivies, immanquablement, d'un extrait de film noir et blanc vieux comme Hérode, avec doublage inventé pour l'occasion. Le commentaire poursuit le même chemin.

Exemple : je ne sais plus quel espèce d'oiseau à plumes est en concurrence avec un autre. Ils s'impressionnent vigoureusement à coup de déploiement d'ailes, et c'est le plus joli qui gagne le coeur de sa bien-aimée. En gros. Et le commentateur de constater : Et l'oiseau éconduit fait comme n'importe quel mâle rejeté : il rentre seul chez lui et regarde la télévision sur son canapé pourri. Huhu.

L'histoire ne dit pas si le mâle rejeté regardait à la télévision un documentaire sur la sexualité des hommes. 

Soixante-sept
Posté le 02 avril 2006 @ 12:25

Des fois j'ai des auditions. Des fois j'ai bossé plusieurs mois dessus, des fois je joue avec un piano confirmé et des fois avec des élèves, des fois je stresse beaucoup et des fois énormément, des fois y'a quelques dizaines de parents et des fois cent-vingt inconnus, des fois c'est jean et chemise et des fois noir obligatoire. Des fois on est massé dans le fond de la salle et des fois on poireaute sur la scène, des fois je joue sans arrêt et des fois tout à la fin.

Des fois on se dit ça va être nul, des fois ça se passe vraiment bien, des fois les gens applaudissent une fraction de seconde après la note finale, des fois je tremble et puis dès que je joue, tout s'envole, des fois le piano se plante un tout petit peu et des fois le piano se plante complètement, des fois c'est moi qui ajoute un temps et des fois c'est les autres qui en oublient, des fois les parents d'élèves me jettent des fleurs et des fois les profs, des fois je le dis avant c'est la dernière audition que je fais et des fois je me dis que la musique, c'est vraiment ce qui m'apporte le plus.  

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La phrase des fois con, des fois pas : (propose la tienne)
- Tu vois, les amplis des autres, y vont juste jusqu'à 10. Mais après 10, t'as pu rien. C'est con. Alors que les nôtres, les nôtres y vont jusqu'à 11. Donc on peut pousser jusqu'à 8,9,10, et 11.- Ben oui mais après ? - Ben... après... après. Faudrait un ampli qui aille jusqu'à 12. (Spinal Tap)
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