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eucalyptus inside
Cinquante-neuf
Posté le 09 mars 2006
@ 16:00
Je n'avais rien à faire alors j'ai jeté un oeil sur les photos qualité merdique que j'ai prises à Heidelberg, cet été. C'est très moche, c'est flou, c'est mal cadré. Et du coup j'ai été rechercher le carnet où j'avais noté des trucs et je pense vous en balancer des morceaux quand j'aurai rien à dire, par exemple aujourd'hui. Pas dans l'ordre, parce qu'il ne faut pas exagérer. Et je précise aussi que je sais pas, tout ce que j'ai écrit durant ces deux semaines en Allemagne a un drôle de style, un truc un peu bizarre qui me ressemble moyennement (sauf celui-là, parce que bon, j'suis pas maso, je commence en douceur). Bref. Aujourd'hui, le Philosophenweg.
Philosophenweg, le chemin des philosophes. La seule image qui me vienne à l'esprit, c'est celle d'hommes fluets, chemise de lin et cheveux longs volants au vent, version "écrivain romantique du 19e siècle". Les philosophes d'Heidelberg ne correspondaient probablement pas à cette vision. Bien qu'il soit difficile d'attester ou non la présence de la chemise de lin, on peut du moins assurer qu'ils devaient avoir des cuisses dignes de joueurs du XV de France. En effet, le Philosophenweg n'est pas une petite balade le long du Neckar, comme je l'avais naïvement cru, mais une randonnée (qui, à l'époque, devait par certains côtés ressembler à de l'escalade) à travers la montagne. Certes ils prenaient de la hauteur, mais, en pleine forêt, difficile d'avoir une vision claire. Moi qui m'attendais à une promenade tranquillou avec optio vue sur la ville, je me suis niqué les pieds sur les cailloux, j'ai subi un long monologue anglais-allemand sur la vie d'Emily Brontë et j'ai transpiré dans mon t-shirt tout propre. Le guide nous a lu un poême d'Hölderlin pendant qu'on tentait de reprendre notre souffle. Je crois bien que personne n'y a rien compris. On faisait tous des têtes de déterrés, alors le type nous a souri et a distribué des chocolats Kinder. C'est sans doute la seule chose qui restera, ce Kinder donné à la fin, comme on en offre aux mômes après une expérience traumatisante.
Cinquante-huit
Posté le 05 mars 2006
@ 23:01
Evidemment j'ai passé mon samedi à glander et j'ai gardé l'équivalent d'un semestre de cours d'histoire à réviser pour la journée de dimanche (enfin, la journée, l'après-midi, quoi). Or, j'ai une manière de révision toute personnelle : je prends des notes en cours magistral en glissant quelque fois des trucs débiles pour me faire glousser quand je relirais (1851, le retour de l'Empire contre-attaque). Des notes oui, mais paoint trop n'en faut. Ensuite, je laisse mes cours macérer en bordel jusqu'à la veille du partiel. [Ici les gens organisés s'insurgent : mais pourquoi au dernier moment ? Par flemme d'une part, par habitude d'une autre et entre les deux, parce que c'est, d'expérience, ce qui convient le mieux à ma mémoire. Connais-toi toi-même, comme disait l'autre.] Le jour I venu, j'extrais mes cours de la masse de feuilles accumulées, je jarte tous les polycopiés (ça va bien, j'peux pas tout bosser non plus, ho), je classe en me basant sur mes souvenirs, j'empile dans l'ordre, j'allume mon portable et j'ouvre un document Word. Et je tape. Je tape et je transforme mon charabia en français correct rédigé. Ce qui est problématique lorsque je me suis vraiment ennuyée pendant le cours et que j'ai pris mes notes en "moderne" (comte de Chambord : toujours un gros con, tant pis pour sa gueule, fallait être aware). Mais surtout, surtout, c'est long et chiant. J'étais sur la partie consacrée au rôle du président de la République dans la Constitution de la Ve (République donc), c'était-à-dire mon avant-dernière copie double lorsque mon portable a hurlé tidédodédoditi. J'arrête mon Winamp, j'enregistre mon document et je réponds. Le directeur de l'IUT, m'apprend une camarade, a fermé l'établissement jusqu'à lundi inclus. Lundi inclus, comme dans le lundi où y'a le partiel d'histoire pour lequel j'ai révisé toute ma journée inclus. Putain, c'est déjà assez chiant de travailler dans l'urgence, mais alors à l'avance, ça me gonfle.
Cinquante-sept
Posté le 03 mars 2006
@ 19:32
- Je sais pas encore quel programme je vais te donner, pour l'examen de hautbois. Ce matin j'ai farfouillé et j'ai retrouvé l'enregistrement de la fameuse sonate. J'ai mis le CD dans le lecteur de ma mini-chaîne, j'ai appuyé sur close, je me suis assise en tailleur et j'ai mis play. Et là j'ai morflé. C'est superbe, c'est sûr. Et ça peut l'être, vu la putain de difficulté technique. Trois mouvements qui changent de caractère sans arrêt, le prestissimo en piqué léger, les traits techniques bourrés d'altérations, des changements d'octave partout et des intervalles que jamais j'ai entendu ça, du suraigu piano-piano et du grave qui sonne, des trucs super joyeux qui côtoient des longues phrases mélancoliques, du mystère, de la délicatesse et du fortissimo. Le pire, c'est que je vais en chier comme pas croyable, mais que je meurs d'envie de le bosser, de passer une demi-heure sur chaque difficulté, de répéter dix mille fois avec le piano pour le mettre en place et de le présenter devant un jury.
Cinquante-six
Posté le 02 mars 2006
@ 11:38
Ce matin j'arrive tranquillement à l'IUT, assez soulagée de pouvoir trouver des WC puisque j'ai une tenace envie de pisser depuis que j'ai posé mon arrière-train dans le bus. J'arrive donc, les yeux plantés sur mes godasses trouées et sur le sol glissant et à côté de moi, quelqu'un fait Oh c'est marrant tout le monde est dehors. De quoi donc ? Ben regarde, y sont tous dehors. Hmmm. Même y'a des tables devant les portes. Ah ben oui tiens, ça c'est marrant, ils ont bloqué les accès à l'IUT. Youpi. Un groupement de documentalistes fait le pied de grue devant le bâtiment. Avec eux, the prof de sémiologie. Quelqu'un râle parce que nous enfermer dehors, ça fait quand même grave chier, et le prof ajoute Puis c'est comme s'il faisait froid, les lèvres bleuissant doucement. On se décide à entrer dans le hall (ouvert, lui, mais des grands types empêchent l'accès aux couloirs) où il y a un débat. Comme à l'IUT mars est le mois des DS, et que ce sont des étudiants extérieurs qui ont organisé le blocage, le débat fut constructif. - Bon on vous demande du respect et du silence, tout le monde va pouvoir parler et exprimer son opinion parce que c'est la démocratie, dit le gentil organisateur. Ca, c'est le président de l'IUT qui cause. Et c'est la dernière intervention que j'aie entendu, parce qu'ensuite des gens ont commencé à se taper sur la gueule et le président a décidé de fermer le bâtiment. Personnellement, j'aurais bien voulu assister à mon avant dernier cours d'expression écrite. Et puis pisser, quoi.
Cinquante-cinq
Posté le 24 février 2006
@ 14:33
Les chats chassent, donc mon chat chasse. Fort bien. D'ailleurs à bien y réfléchir, le chat précédent ramenait des rats, des musaraignes, des poissons, des lapins, des écureuils et des oiseaux à un degré variable de démantibulation. Seulement le chat qui actuellement dort sur mes genoux présente un léger défaut de fabrication. Tigrou chasse des proies très particulières. Il y a un mois, j'avais découvert que le ver de terre, noble animal dont on ne décrira jamais assez le caractère violent et dangereux, semblait bénéficier de la prédilection du félin. Un truc remue à la surface du sol ? Sans hésiter, Tigrou fouaillait la terre et, victorieuse, ramenait la terrifiante bestiole sur le tapis de cuisine. Désormais, le déterrage de bêbête grouillante ne lui suffit plus. Tigrou s'est convertie à la chasse high-tech : la poursuite de curseur sur écran plat. Mission difficile dont elle ne doute de sortir tête haute.
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