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eucalyptus inside
Quarante-trois
Posté le 14 janvier 2006
@ 21:26
- Euh, Laetitia, le do de mon hautbois ne marche plus... - Dis, tu pourrais faire un truc à mon anche, elle est trop épaisse ? - Comment tu la fais, la trille sol dièse - la ? Ca, j'aime beaucoup. J'aime bien qu'on me demande des trucs en considérant qu'a priori, c'est le genre de problème que je peux régler. J'aime bien décoller une clé de l'ébène du hautbois pour que le do fonctionne à nouveau, j'aime bien qu'après un coup de couteau, le son sorte mieux et j'aime bien fouiller à droite à gauche et trouver le doigté exact d'une trille. Surtout j'aime bien être légitimée dans mes opinions. J'aime bien qu'on me trouve crédible. J'aime bien que les parents de la petite débutante me demande comment c'était quand j'ai commencé, j'aime bien rassurer la mère de François en lui disant que ça s'arrangera, j'aime bien expliquer aux petiotes du cours ce qu'est un cor anglais (indice : ça n'a rien à voir avec le pied, ni avec un instrument de la famille des cuivres). Ouaip. J'aime bien chercher des partitions hautbois-percussions, j'aime bien écouter des trucs en me demandant arrangeable ou pas ?, j'aime bien que tout d'un coup mon ouïe soit concentrée sur deux notes de hautbois dans la BO de tel ou tel film, j'aime bien que la prof me trouve bonne musicienne, j'aime bien que la nana de l'Instrumentarium s'étonne que je cherche la méthode Singer partie V, parce qu'on en vend très peu de ce niveau-là. Quand j'étais môme, y'avait quelques grandes en hautbois. Elles étaient en Moyen 2 ou en DFE, j'avais l'impression qu'elles jouaient incroyablement bien, j'étais fascinée, je trouvais leur son magnifique, je me disais jouer du hautbois, c'est ça. Aujourd'hui je suis plus loin qu'elles n'étaient, j'aime aussi me dire que devant les débutants, peut-être même devant leurs parents, je fais illusion. Tout à l'heure à l'orchestre, une saxophoniste arrivée y'a deux, trois ans m'a dit les grands, c'est toi, c'est Benoît, c'est.... La grande, c'est moi. La grande, c'est moi. c'était le post égotique du mois, merci de votre attention.
Quarante-deux
Posté le 13 janvier 2006
@ 21:16
Habituellement, pendant les soldes, je suis planquée chez moi, j'émerge au bout de trois semaines et je regarde ce qui reste. Ca me coûte pas cher, parce que je sais pas si vous avez remarqué, mais au bout de trois semaines, il ne reste quasiment que du 42, voire du 44. Les rares articles taille 36 ayant survécu sont soit importables, soit complètement niquées du genre irréparable. J'économise. Seulement cette année, je me suis dit que je ferai des soldes de vraie fille, avec repérage la veille, décollage tôt le matin et retour le soir, moi-même croulant sous les sacs et mon compte passablement allégé. Comme dans une série américaine où les filles vont dévaliser les boutiques en troupeau. J'avais fait une croix sur la meute : quand je fais les boutiques, j'aime bien être seule, sans compter que c'est moins humiliant lors de l'essayage. Le repérage, raté : les boutiques étaient fermées la veille pour préparer les soldes, et chez Bershka, aucun des quatre jeans ne m'allait. Le matin du jour J, j'ai eu la flemme de me lever, ma tête était bien trop lourde pour le reste de mon corps et je me suis affalée et rendormie jusqu'à onze heures. Hum. Quand j'ai débarqué à Tours, il était 14h00 et les files d'attente aux caisses prenaient environ le tiers des magasins. J'ai tenu bon. Dix minutes pour passer en cabine d'essayage, je poireaute ensuite le double pour payer et là, que vois-je ? Une fille sur deux, une fille sur deux a pris le même putain de pull que moi. Le même. Même coloris, même tout, mon pull, la seule fringue que j'achète et toutes les grognasses vont avoir la même, Tours sera noyée sous le pull make a wish. Bordel. Au moment où je réalise que mon pull va aussi être celui de la moitié des collèges-lycées, je me rends compte que la fille à côté de moi, même stature même minceur, porte mon manteau. Mon putain de manteau. Je sais qu'un jour, un jour je vais recroiser cette fille et sous mon manteau, elle portera mon pull.
Quarante et un
Posté le 11 janvier 2006
@ 18:42
- Alors, t'as réussi le DS ? Hier je planchais sur mon partiel de Management des Systèmes Informationnels (matière aussi chiante que l'indique son nom). Une heure, deux questions : quelles sont les différences entre veille stratégique et intelligence économique (bonne question, je pensais que c'était la même chose, haha) et indiquez les grandes étapes de la conception d'un SI. Waouh. Je peinais sur ma feuille blanche (ptain, je crois que je confonds veille stratégique et veille économique), en regardant ma montre toutes les trente secondes. Au bout de vongt minutes, ma feuille était pleine de gribouillis genre veille strétagique : surveiller l'environnement de façon stratégique ou encore intelligence économique : rien à voir avec l'économie. ni avec l'intelligence. se méfier du nom, mais rien, rien de constructif. Et là je me suis dit : ma fille, tu es en train de foirer ton partiel. Tout d'un coup, bam, je me suis vue d'au-dessus et j'ai réalisé : c'est pas mon ds que je plante, c'est ma vie que je rate. Je suis encore en train de faire des études qui ne me conviennent pas, je laisse encore mes amis s'éloigner sans option retour, je crois bien que j'attends encore Boris, je suis toujours embourbée dans mes problèmes, je ne vise pas assez haut, je vais avoir vingt ans et je n'ai rien fait.
Quarante
Posté le 08 janvier 2006
@ 16:37
J'étais en train d'écrire la fin de mon commentaire composé, ou plus exactement j'en étais à me demander comment transcrire "c'est à ce moment-ci que le récit bascule dans une tonalité pessimiste" en allemand et tout d'un coup, pof, je suis partie loin dans mes souvenirs d'Heidelberg. Le type à guitare qui chante Joe Dassin, place de l'Université, avec un accent monstrueux, la caissière qui me demande si j'ai la carte de fidélité et qui, devant mon regard interrogatif, enchaîne en disant que si je l'avais, j'aurai immédiatement compris, le videur de la boîte de salsa qui exige de fouiller mon sac, le lourdaud imbibé de bière qui me demande si je suis seule (non, non, mon copain est juste là-bas, le grand, là ) , la prof qui me fait confirmer que le truc à fleurs s'appelle bien laurier rose en français, l'italienne qui hurle des insultes dans les couloirs, la nana qui essaie de me vendre sa revue anarchisante (non, je ne lis pas l'allemand - bon, alors vous pouvez toujours faire un don), la libraire qui me propose de commande rle bouqui que je cherche, le charabia du taxi, la visite guidée avec commentaire vitesse maximale et l'étudiant qui nous explque comment traverser la ville pour retomber sur la place du marché. Le tout en allemand. Alors bon, j'aime l'allemand, je le comprends à peu près et je le baragouine, mais franchement, franchement, considérant que je n'ai jamais été foutue d'écrire un seul commentaire composé (en français!) qui tienne la route, comment voulez-vous que j'en rédige un correct dans la langue de Goethe ? Hum ?
edit : 1600 mots. Et en écrivant le dernier, je me suis dit putain, mon plan est à chier. Donc, la mort dans l'âme, je vais rendre un truc mal structuré. Youpi. [sans compter qu'il faut encore que je le recopie entièrement après avoir dégagé les fautes de déclinaison, que mardi il y a aussi une interro de vocabulaire/thème en allemand, que je suis sensée rédiger une chronique en anglais en vue d'une session radio sur un sujet que je ne connais pas encore, que le même mardi, j'ai mon partiel de Management des Systèmes d'Information et que je n'ai même pas eu le courage de classer mes cours dans l'ordre (pour ce que j'ai pris de notes, de toute façon), et que mon anche de hautbois merdafond (je merdafons, tu merdafons, il merdafond, nous merdonzafons, vous merdezafons et ils merdafont) et qu'il serait donc pertinent d'en monter/gratter une autre.]
Trente-neuf
Posté le 06 janvier 2006
@ 00:12
- Pourquoi t'es maigre alors que je suis grosse ?
- Ptain j'ai réalisé un truc, t'es la dernière copine célibataire qu'il me reste !
Ce qu'il y a de bien avec Aude, c'est qu'elle fout pile le doigt là où ça fait particulièrement mal.
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