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eucalyptus inside
Quarante-cinq
Posté le 18 janvier 2006
@ 15:11
Chaque fois qu'un début de projet se pointe, une nouvelle possibilité s'ouvre. Et fout tous mes embryons de décision en l'air. Déterminée, c'est avec toutes mes hésitations bouclées dans mon sac à main que je suis allée faire un tour au CIO, trucmuche d'orientation tout ça. Un grand tour, d'ailleurs, un tour de deux heures et demie. But avoué : trouver. Trouver. Tomber d'un coup sur une formation hyper-géniale, avoir une illumination, mon épiphanie personnelle. Dénicher un plan B qui m'intéresse, puisque le plan A n'accepte à son bord que trente personnes et que certes, je me crois apte à y entrer et y réussir, mais hum, est-ce que les mecs du recrutement vont le croire aussi ? J'ai tout regardé. J'ai été sage et disciplinée, j'ai commencé par la brochure Les métiers de l'info-com, bicoze c'est le nom de ma formation actuelle (si on vire l'option de merde que j'ai choisi sous influence) et que l'édition, parfois, est inclue dedans. Ca m'a donné mon plan A (que j'avais déjà, oui) et puis quelques trucs inintéressants. Alors j'ai feuilleté Culture et patrimoine. Et puis Créativité et arts. Et puis Musique et son. Et puis Web je sais pas quoi. Et puis rien, rien de rien de rien. Or, il est impossible qu'il n'y ait qu'une seule formation en France qui m'intéresse. c'est impossible, c'est mathématique ou presque. J'étais donc sûre de moi : Littérature jeunesse à Clermont ou rien. Rien, c'est à dire une fac de n'importe quoi en attendant de retenter Clermont. N'importe quoi, genre une équivalence vers une L2 en allemand. Donc, j'en cause à ma prof, genre est-ce que j'aurai le niveau, ça s'est-y déjà fait, comment qu'on fait d'ailleurs, etc. Laquelle me répond, grosso merdo, que la fac, je peux oublier, mais qu'il est encore temps de postuler pour un assistanat en Allemagne et d'annuler si j'obtiens Clermont. Sauf qu'entre-temps, je ne sais plus si je veux aller en Allemagne tout de suite. Mais que bon, le fac, ça me gonfle. Et puis rien d'autre ne m'intéresse, sauf un machin qui sélectionne dur aussi et qui ne mène probablement à rien. Et que poursuivre le hautbois, en Allemagne, ça va être chaud. Sans compter que je ne sais pas si je suis capable d'enseigner le français, au fait. Dans ma tête, c'est le bordel.
Quarante-quatre
Posté le 16 janvier 2006
@ 21:47
Hier soir, vingt et une heures, ma mère me demande à quelle heure je me lève demain. Je sais pas encore, je lui réponds, je commence qu'à 10h30, enfin de toute façon y'a pas de souci, j'suis grande hein, je peux régler mon réveil, ne t'en inquiète pas. Ce matin, neuf heures moins le quart, ma mère entrouvre ma porte. Euh, à quelle heure est ton bus ? Putain. Putain, putain, putain, mon bus est à neuf heures douze et je devrais être debout depuis trois-quart d'heure, je me suis encore rendormie. Merde merde. Neuf heures douze, je cours après mon bus, lequel s'arrête et me lance, jovial (enfin le chauffeur, vous avez compris) "alors ma ptite demoiselle, on est en retard ?" Ouais c'est ça, chuis en retard, j'ai pris une douche ultra-rapide, j'ai mangé une demi-tranche de pain et j'ai déjà faim, j'ai oublié de prendre mes cours et mon bouquin spécial cours der merde en amphi, et avec ça j'ai pas eu le temps de me passer le moindre produit sur la gueule, je crois même pas m'être regardée dans une glace pour poser un diagnostic. Mon bus se prend dix minutes de retard sur un trajet qui en fait déjà quarante, je rate ma correspondance, je m'avance à pieds rue Nationale pour gagner du temps, le bus que je dois prendre me double. Gnn. Dix heures vingt, IUT, enfin. Marion me saute dessus : C'est toi qui a pleuré pendant Harry Potter ? Nan. nan c'est pas moi, merci, je sais bien que je suis assez lacrymale ces temps-ci mais non, ça va, Harry Potter, je tiens bien. ... En revanche, ouais, bon, j'ai regardé Le Pianiste hier nuit. Ben ouais. Ouais, j'ai tenu tout le film le gorge serrée et les sourcils froncés à mort, mais la scène où sa boîte de conserve roule avec le liquide qui s'en écoule, et son regard à ce moment-là, oui, je me suis écroulée. Et j'ai pas eu besoin d'un roman pour mon cours de merde en amphi. J'avais le film dans la tête. Je sens qu'il va y rester longtemps.
Quarante-trois
Posté le 14 janvier 2006
@ 21:26
- Euh, Laetitia, le do de mon hautbois ne marche plus... - Dis, tu pourrais faire un truc à mon anche, elle est trop épaisse ? - Comment tu la fais, la trille sol dièse - la ? Ca, j'aime beaucoup. J'aime bien qu'on me demande des trucs en considérant qu'a priori, c'est le genre de problème que je peux régler. J'aime bien décoller une clé de l'ébène du hautbois pour que le do fonctionne à nouveau, j'aime bien qu'après un coup de couteau, le son sorte mieux et j'aime bien fouiller à droite à gauche et trouver le doigté exact d'une trille. Surtout j'aime bien être légitimée dans mes opinions. J'aime bien qu'on me trouve crédible. J'aime bien que les parents de la petite débutante me demande comment c'était quand j'ai commencé, j'aime bien rassurer la mère de François en lui disant que ça s'arrangera, j'aime bien expliquer aux petiotes du cours ce qu'est un cor anglais (indice : ça n'a rien à voir avec le pied, ni avec un instrument de la famille des cuivres). Ouaip. J'aime bien chercher des partitions hautbois-percussions, j'aime bien écouter des trucs en me demandant arrangeable ou pas ?, j'aime bien que tout d'un coup mon ouïe soit concentrée sur deux notes de hautbois dans la BO de tel ou tel film, j'aime bien que la prof me trouve bonne musicienne, j'aime bien que la nana de l'Instrumentarium s'étonne que je cherche la méthode Singer partie V, parce qu'on en vend très peu de ce niveau-là. Quand j'étais môme, y'avait quelques grandes en hautbois. Elles étaient en Moyen 2 ou en DFE, j'avais l'impression qu'elles jouaient incroyablement bien, j'étais fascinée, je trouvais leur son magnifique, je me disais jouer du hautbois, c'est ça. Aujourd'hui je suis plus loin qu'elles n'étaient, j'aime aussi me dire que devant les débutants, peut-être même devant leurs parents, je fais illusion. Tout à l'heure à l'orchestre, une saxophoniste arrivée y'a deux, trois ans m'a dit les grands, c'est toi, c'est Benoît, c'est.... La grande, c'est moi. La grande, c'est moi. c'était le post égotique du mois, merci de votre attention.
Quarante-deux
Posté le 13 janvier 2006
@ 21:16
Habituellement, pendant les soldes, je suis planquée chez moi, j'émerge au bout de trois semaines et je regarde ce qui reste. Ca me coûte pas cher, parce que je sais pas si vous avez remarqué, mais au bout de trois semaines, il ne reste quasiment que du 42, voire du 44. Les rares articles taille 36 ayant survécu sont soit importables, soit complètement niquées du genre irréparable. J'économise. Seulement cette année, je me suis dit que je ferai des soldes de vraie fille, avec repérage la veille, décollage tôt le matin et retour le soir, moi-même croulant sous les sacs et mon compte passablement allégé. Comme dans une série américaine où les filles vont dévaliser les boutiques en troupeau. J'avais fait une croix sur la meute : quand je fais les boutiques, j'aime bien être seule, sans compter que c'est moins humiliant lors de l'essayage. Le repérage, raté : les boutiques étaient fermées la veille pour préparer les soldes, et chez {MARQUE}Bershka{/MARQUE}, aucun des quatre {MARQUE}jeans{/MARQUE} ne m'allait. Le matin du jour J, j'ai eu la flemme de me lever, ma tête était bien trop lourde pour le reste de mon corps et je me suis affalée et rendormie jusqu'à onze heures. Hum. Quand j'ai débarqué à Tours, il était 14h00 et les files d'attente aux caisses prenaient environ le tiers des magasins. J'ai tenu bon. Dix minutes pour passer en cabine d'essayage, je poireaute ensuite le double pour payer et là, que vois-je ? Une fille sur deux, une fille sur deux a pris le même putain de pull que moi. Le même. Même coloris, même tout, mon pull, la seule fringue que j'achète et toutes les grognasses vont avoir la même, Tours sera noyée sous le pull make a wish. Bordel. Au moment où je réalise que mon pull va aussi être celui de la moitié des collèges-lycées, je me rends compte que la fille à côté de moi, même stature même minceur, porte mon manteau. Mon putain de manteau. Je sais qu'un jour, un jour je vais recroiser cette fille et sous mon manteau, elle portera mon pull.
Quarante et un
Posté le 11 janvier 2006
@ 18:42
- Alors, t'as réussi le DS ? Hier je planchais sur mon partiel de Management des Systèmes Informationnels (matière aussi chiante que l'indique son nom). Une heure, deux questions : quelles sont les différences entre veille stratégique et intelligence économique (bonne question, je pensais que c'était la même chose, haha) et indiquez les grandes étapes de la conception d'un SI. Waouh. Je peinais sur ma feuille blanche (ptain, je crois que je confonds veille stratégique et veille économique), en regardant ma montre toutes les trente secondes. Au bout de vongt minutes, ma feuille était pleine de gribouillis genre veille strétagique : surveiller l'environnement de façon stratégique ou encore intelligence économique : rien à voir avec l'économie. ni avec l'intelligence. se méfier du nom, mais rien, rien de constructif. Et là je me suis dit : ma fille, tu es en train de foirer ton partiel. Tout d'un coup, bam, je me suis vue d'au-dessus et j'ai réalisé : c'est pas mon ds que je plante, c'est ma vie que je rate. Je suis encore en train de faire des études qui ne me conviennent pas, je laisse encore mes amis s'éloigner sans option retour, je crois bien que j'attends encore Boris, je suis toujours embourbée dans mes problèmes, je ne vise pas assez haut, je vais avoir vingt ans et je n'ai rien fait.
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