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eucalyptus inside
Trente-trois
Posté le 27 décembre 2005 @ 12:00

[Après une désertion d'un bon mois (soulageante : j'y pense plus, j'y pense plus !), Boris is back dans ma tête. Et il y fout un sacré bordel, le con.]

[C'est typique ça : on s'imagine être en train d'oublier, ou du moins de s'éloigner, et paf ! on se le reprend en pleine gueule.]

[Si je me fie au dernier syndrôme "y'a plus que lui", j'en ai encore pour un an et demi avant qu'il jarte définitivement de mon crâne]

[La question qui se pose, c'est : est-ce que j'ai vraiment envie qu'il remballe ses affaires et quitte ses quartiers ?]

[Je crois que je préférerai mille fois qu'il soit présent en dehors de ma tête qu'uniquement dedans, mais que pour l'instant, je me dis que c'est déjà ça]

[Bon dieu, je suis pathétique à se fracasser le crâne contre un mur]

 

edit : tiens, j'ai gribouillé un ptit quelque chose ici. Le truc des sept machins, plus exactement.

Trente-deux
Posté le 24 décembre 2005 @ 15:05

Hier, mon frère a trouvé très à propos d'annuler ses billets de train à la dernière minute et de quitter Paris en bagnole, à vingt heures du soir, avec le brouillard la circulation la nuit sa caisse de merde et un pécé mort à l'arrière. Mes parents étaient sur les nerfs, très mais qu'est-ce qui lui prend il se rend pas compte et nous on s'inquiète et à quelle heure il va rentrer et il va y avoir des problèmes avec toute la circulation etc. Résultat : au moindre mouvement ou son de ma part, engueulade immédiate. Je prend un livre : je suis une fille indigne, alors que tout le monde s'inquiète j'en ai rien à foutre. Je pose le livre : fais pas cette tête-là, on voit bien que tu te rends pas compte. Je reprends le bouquin : t'as qu'à faire comme si tu nous entendais pas, de toute façon en ce moment t'es insupportable...

Vivement septembre.

Je sors d'une semaine à la campagne avec mes parents et ma soeur, sans réseau téléphonique, sans connexion internet, sans journaux, sans télévision, sans librairie. Eprouvant. J'aime pas la campagne, y'a trop de vide, trop d'espace, c'est plein de vide étouffant. Pas de possiblité de sortir seule ne serait-ce qu'un instant, ma soeur qui me colle aux pompes, toute excitée parce que c'est Noël. Bilan : j'ai beaucoup lu, j'ai même attaqué Don Quichotte (et même Marc Levy, j'en ferai en post tellement ça vaut le coup), j'ai bossé mon hautbois et j'ai ruminé, encore, encore, encore.

Septembre, je me barre pour trois ans. Trois ans ? Ca va pas faire un peu long, tes études ? C'est vraiment utile ? Venant de ma mère, qui a, comme mon paternel, son doctorat en poche (et qui elle, n'a jamais travaillé ) , je trouve la réflexion un poil déplacée. Je lui dis. Elle part faire la gueule. Super. J'ai encore des progrès à faire en résolution de problème.

Trente et un
Posté le 15 décembre 2005 @ 22:05

C'est Noël, je ne suis pas la toute la semaine prochaine, j'ai plein de cadeaux de retard donc je passe à la Fnac. Je passe à la Fnac donc je regarde s'il y est. Il n'y est pas donc je reprends mes activités normales (regarder les livres que je n'achèterai pas, ceux que j'achèterai un jour, ce que j'aimerais acheter mais c'est vrai que je suis venue pour offrir des trucs aux autres). Après dix allers-retours entre les rayons DVD et mangas, je me quasi-cogne dans un monsieur. je dis pardon, je suis polie. Je prends finalement un bouquin pour ma soeur (un jour, elle va m'assommer avec tous les livres que je lui ai offert et qu'elle n'a pas lu, mais que voulez-vous, y'a guère que ça que je sais offrir). Je vais à la caisse. Dix minutes de file. J'attends. Je souris, je dis bonjour d'un ton mal aimable (pas ma faute, j'essaie toujours de prendre une voix sympa, mais j'y arrive pas), je paie, je ramasse les quatre malheureux centimes, j'empochette le tout.

Je m'arrête juste à la sortie devant le récapitulatif des concerts je sais pas trop quoi, histoire de regarder tous les concerts chers auxquels je n'irai pas. Y'a du monde. Tiens, y'a le type que je me suis cognée dedans. Bon. Ben c'est pas le tout, je vais m'en vais. 

Je sors de la Fnac. Mademoiselle, Mademoiselle que ça fait derrière moi. Je me retourne. Le mec que j'ai heurté tout à l'heure. Vous avez un lacet de défait, qu'il dit. Ca ne m'étonne guère, puisque je n'ai jamais su faire des noeuds qui tiennent (tout une éducation à refaire) et que ceux de mes godasses pendouillent donc misérablement au ras de mon jean. Je fais un sourire cruche et puis bon, ben je refais mon lacet, je suis pas contrariante moi. Je me relève, il est toujours là. Je vais paraître ridicule, mais je voulais vous dire que vous êtes très jolie. Hein, quoi, comment, pardon ? Merde, j'ai pas de répliques toutes faites pour ces trucs-là, moi, tellement ça arrive souvent (hum). J'envisage un "vous faites erreur" mais j'imagine d'ici la conversation que ça va donner, alors. Je souris pour excuser le rosissement facial instantané. Il insiste : Je suis ridicule. Ben euh non, pas du tout, merci c'est gentil enfin là ça va commencer à me gêner. Est-ce que j'aurai le plaisir de vous revoir ? Oulah merde, comment qu'y me cause çui-là.

... 

S'il avait eu dix ans de moins, je dis pas. Et encore...

Je continue mon chemin, en scrutant les silhouettes autour. Des fois que Boris serait par là.  

Trente
Posté le 10 décembre 2005 @ 14:09

"Le monde des eunuques est un monde où il est difficile de pénétrer" (sic) (extrait d'une base de données interne à mon IUT). J'ai hurlé de rire dix bonnes minutes sous le regard consternée de ma binôme, j'ai répété la phrase une bonne douzaine de fois jusqu'à m'apercevoir que bon, ben non, elle trouvait pas ça drôle.

"J'ai mal à la tête et mes entrailles d'entre-déchirent alors, oui, j'ai le droit d'être de mauvaise humeur, voire de très mauvaise humeur, et je dis que le chef du département est un con si je veux, fais pas cette tête-là, il est con il est con on n'y peut rien et Oh pardon, tiens, euh, bonjour monsieur le chef du département euh eh ben moi j'vais devoir y aller parce que j'ai un...". Ca commence à être très conflictuel avec le chef de département, également prof d'informatique, ayant une très forte tendance à l'incompétence, à la beauferie, à la mauvaise foi et de manière plus générale, à la connerie. Hier en entrant en cours j'ai essayé de lui sourire pour rattraper le coup, Marion m'a dit qu'en fait de sourire, c'était plutôt une grimace crispée type "je vais vomir". J'y peux rien, dès que je le vois ou l'entends, j'ai le visage qui se contracte.

"C'est toujours quand je vais mal que les autres vont bien". Houston, on a un problème : mon malobid revient, signe infaillible que ma vie n'est pas top. Stress ? Malobid. Solitude ? Malobid. Pression ? Malobid. Angoisse ? Malobid. Avenir adieu ? Malobid. Contraintes ? Malobid. Paumée ? Malobid. Les autres, si je compare avec le nez sur mon nombril, ils vont bien. Un couple n'importe où, et une bise glaciale se lève quelque part dans moi, le bruit du souffle sur un verre d'eau, un espèce de chuintement froid, je suis sûre qu'en faisant des efforts, presque je pourrais chialer. Plus mauvaise période malobid : ma terminale S. Invivable. Mon corps détecte bien avant mon cerveau que ce que je fais ne correspond pas à ce que je voudrais faire. Il fait mal jusqu'à ce que je règle le problème. Le point délicat c'est qu'avec le malobid la seule chose que j'aie envie de faire, c'est m'enterrer très loin et me laisser crever en silence, espérer que les choses s'arrangent d'elles-mêmes, surtout ne rien faire, laisser le temps passer, enfin rien qui n'ait un quelconque rapport avec "se relever et aller de l'avant". 

"Evidemment bien écrit. A continuer...". Juste ça. J'ai peut-être passé dix-neuf ans à beaucoup attendre et ne pas concrétiser grand-chose, si ça me fait roiser ce commentaire-là, sans doute que ça en valait quand même le oup. Evidemment continuer, quoi d'autre sinon ? 

Vingt-neuf
Posté le 07 décembre 2005 @ 14:11

Monsieur Noël,

J'espère que je ne m'y prends pas trop tard. Je sais pas si j'ai été hyper sage, mais en revanche j'ai plutôt bien réussi mes partiels (cf bulletin de notes). Je n'ai mis à éxécution aucune de mes menaces, j'ai mis la table et fait à manger (des nouilles, certes) à ma soeur quand c'était nécessaire. J'ai été à tous mes cours sauf lorsqu'accidentellement l'horaire de mon CM avait disparu de mon agenda, et même j'ai travaillé et ma grammaire allemande est devenue un peu moins à chier, pardon, défaillante.

J'aurais donc une commande un peu spéciale à te faire. Je voudrais bien ne rien avoir, par exemple, rien du tout (mais alors rien du tout) sur les cinq noëls suivants et avoir à la place, genre l'année prochaine (mais on peut s'arranger pour faire ça plus tard, enfin tu verras bien), un hautbois professionnel ou une avance financière sur l'achat d'un hautbois pro, parce que je crois que la banque ne voudra jamais à raison puisque je ne suis qu'étudiante et que le prêt à taux zéro genre un hautbois à un euro par jour (sur cinq mille jours) n'existe pas encore, et c'est mal barré pour qu'il existe un jour.

...

Sinon, je veux bien : Pierrot mon ami, Odile, Les enfants du limon de Queneau, Temps zéro, La journée d'un scrutateur, Palomar de Calvino, Emma d'Austen, L'auteur ! l'auteur ! de Lodge, L'herbe du voisin n'est pas plus verte, elle es plus loin et puis c'est tout (ou quelque chose comme ça) de Garreta, Les riches minutes de l'Oulipo de l'Oulipo, L'Iliade et l'Odyssée d'Homère, Herr Sommer de Süskind, Les rêves des autres d'Irving, Le roman des Jardin de Jardin, Amour absolu de Jarry, La conquête de la Pologne de Jimenez, Plume de Michaux, Bel-Ami de Maupassant, La vie mode d'emploi de Pérec, Le mal de Montano de Vila-Matas, et Generation Golf ein d'Illies.

C'est toi qui vois. 

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La phrase des fois con, des fois pas : (propose la tienne)
"Quand on se voit milliardaire, on se voit toujours en train de dépenser le milliard, jamais en train de le gagner" (Boris Vian)
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