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eucalyptus inside
Vingt-huit
Posté le 02 décembre 2005 @ 19:54

Tout à l'heure on était affalées dans les couloirs de l'IUT, nos derrières confortablement calés dans des fauteuils qui se baladaient par là à tout hasard, au milieu de cartons. On discute mollement depuis une bonne heure quand d'un coup, elle jaillit de son siège, tend un doigt vers une micro-affiche.

- C'est les quatrièmes tremplins du jazz !
- Quand ça ?
- Y'a pas marqué, ils cherchent juste des candidats.
- ...
- Les auditions se font devant 200 mecs !
- Woah.
- ...
- ...
- Ca te dirait ?
- Ben je ne suis dans aucun groupe de jazz..
- Il suffit d'en faire un, non ?

Deux minutes plus tard, on était déjà à dire que je connais une flûtiste, elle une basse, peut-être Marion à la guitare, une amie chante bien et joue du piano, de temps ent emps je passerai à la batterie, et quel genre de jazz, est-ce que tu as des partitions, où est-ce qu'on peut répéter, j'ai des trucs d'orchestres qu'on pourrait arranger, tu as suivi des coiurs de composition ? et puis aussi on ferait des trucs de musique de films, je dois avoir Robin des bois, et si on se base sur un truc de piano on peut tenter Tiersen, oulah y'a plus rien de jazz, non mais si on fera des sessions d'impro et d'façon on est pas obligées, tu regardes de ton côté ?

Dans le bus, un grand sourire idiot.

Vingt-sept
Posté le 27 novembre 2005 @ 14:07

Dans mon rêve de cette nuit, une nana guère supportable de ma (lointaine) première S m'annonçait qu'elle préparait cette année son Diplôme de piano. Ca m'a paru étrange, même dans un rêve, parce qu'à ma connaissance elle n'avait jamais posé les mains sur un clavier. Et elle d'expliquer qu'elle avait commencé il y a deux ans et demi, et qu'elle présentait donc son DFE en juin.

Ca m'a fait longuement réfléchir en me réveillant, malgré l'heure extrêmement matinale. Longtemps j'ai difficilement supporté que des gens soient également musiciens, sauf s'ils étaient vraiment. Oui, ça n'a pas de sens. Je veux dire que j'ai considéré assez longtemps que les personnes réellement musiciennes étaient nées dedans, avec le biniou dans les mains à l'âge des premières rédactions. Evidemment c'est idiot, mais je me sentais, comment dire, spoliée par le fait que d'autres soient musiciens. C'était la seule définition de moi que j'avais sous le coude : la fille qui fait de la musique. Alors, que d'autres en fassent à l'arrache ou tardivement, ça me donnait la sensation que mes neuf ans de solfège et tous mes exercices techniques au hautbois étaient complètement vains.

Alors cette nuit, quand l'autre andouille m'a annoncée qu'elle préparait son DFE, ça m'a fait un choc. D'autant que j'ai encore l'idée idiote qu'on ne peut pas vraiment être bon musicien, avec des émotions, de la musicalité et compagnie, si on n'a pas cette sensibilité dans le fond, une intelligence particulière, une réelle empathie.

C'est con, hein. J'idéalise les musiciens. Le pire, c'est qu'il est probable que je le fasse pour me donner l'impression, moi, d'avoir ses qualités-là.

Vingt-six
Posté le 24 novembre 2005 @ 22:13

Ce matin, c'est en traînant les pieds que je suis allée en cours, non seulement parce que aucun intérêt et vent glacial, mais aussi parce que perspective de remise de DS. DS d'expression écrite. Et, autant je peux supporter de me ramasser lamentablement en droit, en doc technique, en MSI, en machintruc et tout ce que vous voulez (même si ça n'arrive pas, mais, posons l'hypothèse : eh bien j'en aurai rien à foutre, strictement rien à foutre), autant expression écrite, là, je stresse.

Parce que j'imagine bien mon prof, là, le type que c'est plus un homme c'est un dieu tellement son savoir est encyclopédique et son humour hors d'atteinte, je l'imagine bien me rendre une copie quasi-vierge de toute annotation, avec seulement en haut un "à chier". Et là, catastrophe, je crois que de ma vie entière je n'oserai plus toucher à un seul stylo pour rédiger un post, un article ou un bout d'invention. 

A reculons donc j'entre dans la salle de cours, je fais un sourire pincé en lui disant bonjour, je serre les mâchoires et je fronce les sourcils à mort, Frida Kahlo style. Je jette un coup d'oeil à N. qui semble être dans le même état de nerfs que moi. Et là, que fait-il, ce terrible dieu ? Il nous dit qu'il doit téléphoner deux secondes, jette une masse de feuilles sur la table la plus proche de lui et lance Récupérez vos torchons en attendant.

Autant que je l'avoue immédiatement : je n'ai pas eu le courage d'aller chercher ma copie, compulser tout le tas pour dénicher la mienne. J'ai attendu qu'une bonne âme me la tende, j'ai ouvert à moitié les yeux, regardé avec appréhension le commentaire. 

Et j'ai respiré.  

Vingt-cinq
Posté le 23 novembre 2005 @ 18:29

Y'a un truc que j'ai jamais su faire, c'est m'empêcher d'écouter les discussions des autres dans le bus. Le matin c'est pas passionnant, surtout à l'heure des début des cours au lycée. Très et il m'a dit et j'lui ai dit et là il a dit. Puis des fois, ça fait sourire.

Hier soir, juste derrière moi, un portable n'arrêtait pas de sonner. Au quatrième appel, le trsè réclamé grogne faut qu'elle arrête. A côté de lui une fille s'étonne : pourquoi qu'il ne décroche pas lorsque sa copine lui téléphone ? La réponse est simple : parce qu'elle appelle tout le temps. Et si tu décrochais, est-ce que ça ne règlerait pas... ? Non. Ah.

S'ensuit une longue conversation dont je n'ai pas perdu un mot malgré mon demi-coma post-amphiesque. En gros, sa copine lui téléphone tout le temps, donc il ne répond plus, donc elle appelle encore plus, donc il se demande s'il ne va pas la lourder. Sauf que bon, quand même, il la feuki grave quoi (sic) et il se voit avoir des enfants avec elle (à quinze ans, c'est beau l'amour). Ici, la voisine lui conseille la patience et cette chose formidable qu'est la communication, par exemple lui suggérer de n'appeler qu'un fois par jour, ce serait déjà beau. Oui mais voilà, il ne veut pas la vexer. La plaquer apparaît donc comme étant la meilleure solution, le raisonnement est implacable (il en a de la chance).

N'est-il pas ?

Vingt-quatre
Posté le 19 novembre 2005 @ 16:54

Cet été, la veille de mon départ à Heidelberg. Affolement : quatre mois que j'attends de partir et j'ai du mal à réaliser, en conséquence de quoi je ne prépare ma valise qu'au tout dernier moment. La veille, donc, le même jour que l'opération épilation et téléphone (contacter la famille sinon ils vont faire la gueule, prévenir les filles que ça y est je pars je vous tiens au courant dans deux semaines...). Bien sûr, c'est là qu'on se rend compte que le t-shirt indispensable n'est pas lavé (donc on lave à la main), et puis la lingerie aussi (pendant qu'on y est), et mon jean (merde merde). Alors évidemment, quand j'ai réalisé que ça faisait bien deux semaines que je n'avais point utilisé mon décolorant faciale, j'me suis dit tant pis, ça tiendra bien jusqu'à mon retour, c'est l'été et puis là c'est absolument nickel.

Le lendemain de mon arrivée à Heidelberg (après moult péripéties du type retard d'une heure et demie du train initial, correspondance ratée, changement de dernière minute du parcours, demande d'informations horaires en allemand, achat de ticket à la va-vite, incompréhension avec le taxi, mauvaise adresse), je sors de la douche etc, je me colle à dix centimètres du miroir, eye-liner oblige (myopie oblige, surtout) et que vois-je ? P'tain, en deux jours, deux jours, y'a plus grand chose de décoloré. Je fouille mon graaand sac à la va-vite, tout en sachant pertinemment que je n'ai pas mis le décolorant dans mon sac, portée par un optimisme débordant. Bon. Il faut donc en acheter un.

Première étape : dico bilingue. Comme je m'y attendais, ils n'ont pas vu l'intérêt de mentionner "décolorant" ou même "décolorer". Commence alors une longue errance dans la Hauptstrasse, de Body Choppe en Yves Cocher, en passant par les grandes surfaces, pour trouver ze produit introuvable. Introuvable, justement. Difficile de demander conseil à une vendeuse, puisque d'une part, c'est un peu gênant, et d'autre part, je ne sais toujours pas dire "décolorer" en allemand, et dans toute l'équipe enseignante, personne ne cause notre très cher idiome. (d'ailleurs, c'est seulement maintenant que je réalise que je n'ai même pas essayé en anglais...)

A la fin de la première semaine, victoire ! je déniche enfin un atelier de chimiste permettant de confectionner certaines substances nocives décolorantes, au Kaufhof (tout bêtement). Super contente de moi, je me précipite dans ma chambre, je déchiffre dico en main le mode d'emploi et les clauses de sécurité, et hop, vas-y que je mélange les poudres, que je touille avec j'me rappelle plus quoi et que je me l'applique sur la lèvre supérieure (enfin au-dessus, bref, z'avez compris). Ca ne pique pas, alors que d'habitude, ce genre de produit, ça me dissout le derme. Donc, je laisse poser le temps règlementaire. Je retire la saloperie, je rince, je sèche.

C'est pas rouge. Merde alors, est-ce que ça a vraiment marché ? Oui. Oui, mais pas vraiment comme je l'espérais. Précisons : ce que j'utilise, ça décolore pour que ce soit invisible. Celui-ci, il décolore pour que ce soit blond transgénique.

Morale : la prochaine fois, emporter son produit, ou prévoir une séance décoloration juste avant le départ, ou penser à être blonde.

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La phrase des fois con, des fois pas : (propose la tienne)
Là, il est l'heure d'aller me coucher : je viens d'essayer de cliquer sur une mouche qui se baladais sur mon écran, pour la faire partir... (IRC)
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