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eucalyptus inside
Vingt-cinq
Posté le 23 novembre 2005
@ 18:29
Y'a un truc que j'ai jamais su faire, c'est m'empêcher d'écouter les discussions des autres dans le bus. Le matin c'est pas passionnant, surtout à l'heure des début des cours au lycée. Très et il m'a dit et j'lui ai dit et là il a dit. Puis des fois, ça fait sourire. Hier soir, juste derrière moi, un portable n'arrêtait pas de sonner. Au quatrième appel, le trsè réclamé grogne faut qu'elle arrête. A côté de lui une fille s'étonne : pourquoi qu'il ne décroche pas lorsque sa copine lui téléphone ? La réponse est simple : parce qu'elle appelle tout le temps. Et si tu décrochais, est-ce que ça ne règlerait pas... ? Non. Ah. S'ensuit une longue conversation dont je n'ai pas perdu un mot malgré mon demi-coma post-amphiesque. En gros, sa copine lui téléphone tout le temps, donc il ne répond plus, donc elle appelle encore plus, donc il se demande s'il ne va pas la lourder. Sauf que bon, quand même, il la feuki grave quoi (sic) et il se voit avoir des enfants avec elle (à quinze ans, c'est beau l'amour). Ici, la voisine lui conseille la patience et cette chose formidable qu'est la communication, par exemple lui suggérer de n'appeler qu'un fois par jour, ce serait déjà beau. Oui mais voilà, il ne veut pas la vexer. La plaquer apparaît donc comme étant la meilleure solution, le raisonnement est implacable (il en a de la chance). N'est-il pas ?
Vingt-quatre
Posté le 19 novembre 2005
@ 16:54
Cet été, la veille de mon départ à Heidelberg. Affolement : quatre mois que j'attends de partir et j'ai du mal à réaliser, en conséquence de quoi je ne prépare ma valise qu'au tout dernier moment. La veille, donc, le même jour que l'opération épilation et téléphone (contacter la famille sinon ils vont faire la gueule, prévenir les filles que ça y est je pars je vous tiens au courant dans deux semaines...). Bien sûr, c'est là qu'on se rend compte que le t-shirt indispensable n'est pas lavé (donc on lave à la main), et puis la lingerie aussi (pendant qu'on y est), et mon jean (merde merde). Alors évidemment, quand j'ai réalisé que ça faisait bien deux semaines que je n'avais point utilisé mon décolorant faciale, j'me suis dit tant pis, ça tiendra bien jusqu'à mon retour, c'est l'été et puis là c'est absolument nickel. Le lendemain de mon arrivée à Heidelberg (après moult péripéties du type retard d'une heure et demie du train initial, correspondance ratée, changement de dernière minute du parcours, demande d'informations horaires en allemand, achat de ticket à la va-vite, incompréhension avec le taxi, mauvaise adresse), je sors de la douche etc, je me colle à dix centimètres du miroir, eye-liner oblige (myopie oblige, surtout) et que vois-je ? P'tain, en deux jours, deux jours, y'a plus grand chose de décoloré. Je fouille mon graaand sac à la va-vite, tout en sachant pertinemment que je n'ai pas mis le décolorant dans mon sac, portée par un optimisme débordant. Bon. Il faut donc en acheter un. Première étape : dico bilingue. Comme je m'y attendais, ils n'ont pas vu l'intérêt de mentionner "décolorant" ou même "décolorer". Commence alors une longue errance dans la Hauptstrasse, de Body Choppe en Yves Cocher, en passant par les grandes surfaces, pour trouver ze produit introuvable. Introuvable, justement. Difficile de demander conseil à une vendeuse, puisque d'une part, c'est un peu gênant, et d'autre part, je ne sais toujours pas dire "décolorer" en allemand, et dans toute l'équipe enseignante, personne ne cause notre très cher idiome. (d'ailleurs, c'est seulement maintenant que je réalise que je n'ai même pas essayé en anglais...) A la fin de la première semaine, victoire ! je déniche enfin un atelier de chimiste permettant de confectionner certaines substances nocives décolorantes, au Kaufhof (tout bêtement). Super contente de moi, je me précipite dans ma chambre, je déchiffre dico en main le mode d'emploi et les clauses de sécurité, et hop, vas-y que je mélange les poudres, que je touille avec j'me rappelle plus quoi et que je me l'applique sur la lèvre supérieure (enfin au-dessus, bref, z'avez compris). Ca ne pique pas, alors que d'habitude, ce genre de produit, ça me dissout le derme. Donc, je laisse poser le temps règlementaire. Je retire la saloperie, je rince, je sèche. C'est pas rouge. Merde alors, est-ce que ça a vraiment marché ? Oui. Oui, mais pas vraiment comme je l'espérais. Précisons : ce que j'utilise, ça décolore pour que ce soit invisible. Celui-ci, il décolore pour que ce soit blond transgénique. Morale : la prochaine fois, emporter son produit, ou prévoir une séance décoloration juste avant le départ, ou penser à être blonde.
Vingt-trois
Posté le 17 novembre 2005
@ 19:45
Hum. Tout d'abord, je tiens à me promettre à moi-même de ne plus jamais écrire un épisode de blog sans avoir pris au moins une nuit de réflexion. Ensuite, je remercie le service sos-je-dramatise des quelques phrases qui m'ont fait dire 'tention fillette, tu pousses un peu loin là. J'ai donc longuement réfléchi (et pas tellement dormi, j'vous raconte la gueule que doivent avoir mes DS d'aujourd'hui), retourné le truc, essayé de contourner ma subjectivité et j'en viens à la conclusion qu'il a été fait ce qui devait l'être, à savoir, faire de la musique, et plutôt correctement selon les assertions répétées de ma prof. Ensuite, si on regarde attentivement, j'ai souri, en fait. Bon, je me l'accorde, pas de ces grands sourires chaleureux dont je suis de temps à autre capable, mais j'ai souri. A la réflexion, je n'avais strictement aucun moyen d'aller au-delà de ça et j'avais déjà magouillé à mort pour que cette répèt ait lieu. Voilà, mise au point pour moi-même-toute-seule. Sinon, promis promis promis, le gnian-gnian, j'arrête. Là, je crois que y'a eu overdose. Retour du blog normal avec une euca normale. Demain, j'vous parle de la course au décolorant à Heidelberg.
Vingt
Posté le 14 novembre 2005
@ 20:41
Vingt, l'épisode de la maturité. Les cours sont incroyablement chiants alors on a (j'ai) recours à des exercices idiots qui au moins me distraient un peu et qui ne font pas de bruit. John et Shirley commentent en direct mes cours de Management des Systèmes d'Information (youpi) avec des dialogues idiots bourrés de jeux de mots vaseux. Ca fait rire ma voisine de table, c'est déjà ça. En Institutions on s'est (je me suis) tenu(e) tranquille, ou à peu près. Les deux heures. En revanche, après un tel effort de concentration, le relâchement était inévitable et s'est donc porté sur les deux heures de cours magistral consacré à l'archivistique, matière éminemment passionnante. Cours powerpoint option polycopié, rien à noter, rien à écouter. On a donc pris deux heures avec M. pour établir ce qu'on allait manger à noël / ce qu'on mangeait, enfant, à noël / ce qu'on aimerait manger à noël. Discussion qui nous a rapidement mené à "tiens, et si on se faisait une soirée bouffe un jour ou l'autre ?" On consulte N., laquelle approuve. Il a donc fallu ensuite faire une liste de ce qu'on pourrait amener à manger si on décidait de faire un buffet entrée et un buffet dessert (pour trois), et est-ce que tu pourrais te charger du cake aux olives, oui mais moi le vendredi j'ai répèt, faudra ptêt faire deux repas sinon on ne pourra pas manger tout, vous voulez qu'on embarque des gens avec nous ? Et pourquoi pas un film ? Et une soirée gateaux apéritifs ? Ensuite on a un peu râlé parce qu'il y avait encore un quart d'heure de cours à subir, en sortant de l'amphi je me suis enveloppée dans mon beau mais cher manteau. On a attendu en claquetant des dents qu'un bus daigne passer et nous ouvrir ses portes, on a caqueté encore quelques minutes, arrivée place Jaurès j'me suis jetée dans le bus qui s'apprêtait à partir, et M. a dit "et puis des meringues !" C'est important, les meringues.
Dix-neuf
Posté le 12 novembre 2005
@ 19:38
Je cherche à te débusquer depuis des semaines, dans les rues, les magasins, les librairies, la Fnac, partout. A chaque regard cherchant à révéler ta présence je me sens encore un peu plus idiote, de m'accrocher comme ça. Dans la rue piétonne je t'ai croisé réellement cette fois-ci, un truc a bougé dans ma poitrine en reconnaissant ta silhouette, ton visage. Tu marchais vite, une pochette à la main, de l'autre côté de la rue et nos yeux ne se sont pas croisés, pourtant en te dépassant j'ai cru te voir tourner la tête vers moi, est-ce que tu m'as vue ? Sans ce mouvement sans doute j'aurai fait demi-tour, je t'aurai suivi et abordé rue Nationale, l'air de rien et on aurait discuté, mais tu avais tourné le visage vers moi et vois-tu, mon ego ne supporte pas de se débarricader. Puisque tu m'avais vue tu aurais compris mon détour, tu aurais su que c'était pour toi, pour ne pas te laisser filer, que c'était une astuce de fille, un bricolage avec le hasard. Et si mon ego accepte qu'on devine, il ne supporte pas qu'on sache. Il a besoin de tas de filets de sécurité, mon ego, et ton sourire ne lui suffit pas.
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