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eucalyptus inside
Vingt-trois
Posté le 17 novembre 2005
@ 19:45
Hum. Tout d'abord, je tiens à me promettre à moi-même de ne plus jamais écrire un épisode de blog sans avoir pris au moins une nuit de réflexion. Ensuite, je remercie le service sos-je-dramatise des quelques phrases qui m'ont fait dire 'tention fillette, tu pousses un peu loin là. J'ai donc longuement réfléchi (et pas tellement dormi, j'vous raconte la gueule que doivent avoir mes DS d'aujourd'hui), retourné le truc, essayé de contourner ma subjectivité et j'en viens à la conclusion qu'il a été fait ce qui devait l'être, à savoir, faire de la musique, et plutôt correctement selon les assertions répétées de ma prof. Ensuite, si on regarde attentivement, j'ai souri, en fait. Bon, je me l'accorde, pas de ces grands sourires chaleureux dont je suis de temps à autre capable, mais j'ai souri. A la réflexion, je n'avais strictement aucun moyen d'aller au-delà de ça et j'avais déjà magouillé à mort pour que cette répèt ait lieu. Voilà, mise au point pour moi-même-toute-seule. Sinon, promis promis promis, le gnian-gnian, j'arrête. Là, je crois que y'a eu overdose. Retour du blog normal avec une euca normale. Demain, j'vous parle de la course au décolorant à Heidelberg.
Vingt
Posté le 14 novembre 2005
@ 20:41
Vingt, l'épisode de la maturité. Les cours sont incroyablement chiants alors on a (j'ai) recours à des exercices idiots qui au moins me distraient un peu et qui ne font pas de bruit. John et Shirley commentent en direct mes cours de Management des Systèmes d'Information (youpi) avec des dialogues idiots bourrés de jeux de mots vaseux. Ca fait rire ma voisine de table, c'est déjà ça. En Institutions on s'est (je me suis) tenu(e) tranquille, ou à peu près. Les deux heures. En revanche, après un tel effort de concentration, le relâchement était inévitable et s'est donc porté sur les deux heures de cours magistral consacré à l'archivistique, matière éminemment passionnante. Cours powerpoint option polycopié, rien à noter, rien à écouter. On a donc pris deux heures avec M. pour établir ce qu'on allait manger à noël / ce qu'on mangeait, enfant, à noël / ce qu'on aimerait manger à noël. Discussion qui nous a rapidement mené à "tiens, et si on se faisait une soirée bouffe un jour ou l'autre ?" On consulte N., laquelle approuve. Il a donc fallu ensuite faire une liste de ce qu'on pourrait amener à manger si on décidait de faire un buffet entrée et un buffet dessert (pour trois), et est-ce que tu pourrais te charger du cake aux olives, oui mais moi le vendredi j'ai répèt, faudra ptêt faire deux repas sinon on ne pourra pas manger tout, vous voulez qu'on embarque des gens avec nous ? Et pourquoi pas un film ? Et une soirée gateaux apéritifs ? Ensuite on a un peu râlé parce qu'il y avait encore un quart d'heure de cours à subir, en sortant de l'amphi je me suis enveloppée dans mon beau mais cher manteau. On a attendu en claquetant des dents qu'un bus daigne passer et nous ouvrir ses portes, on a caqueté encore quelques minutes, arrivée place Jaurès j'me suis jetée dans le bus qui s'apprêtait à partir, et M. a dit "et puis des meringues !" C'est important, les meringues.
Dix-neuf
Posté le 12 novembre 2005
@ 19:38
Je cherche à te débusquer depuis des semaines, dans les rues, les magasins, les librairies, la Fnac, partout. A chaque regard cherchant à révéler ta présence je me sens encore un peu plus idiote, de m'accrocher comme ça. Dans la rue piétonne je t'ai croisé réellement cette fois-ci, un truc a bougé dans ma poitrine en reconnaissant ta silhouette, ton visage. Tu marchais vite, une pochette à la main, de l'autre côté de la rue et nos yeux ne se sont pas croisés, pourtant en te dépassant j'ai cru te voir tourner la tête vers moi, est-ce que tu m'as vue ? Sans ce mouvement sans doute j'aurai fait demi-tour, je t'aurai suivi et abordé rue Nationale, l'air de rien et on aurait discuté, mais tu avais tourné le visage vers moi et vois-tu, mon ego ne supporte pas de se débarricader. Puisque tu m'avais vue tu aurais compris mon détour, tu aurais su que c'était pour toi, pour ne pas te laisser filer, que c'était une astuce de fille, un bricolage avec le hasard. Et si mon ego accepte qu'on devine, il ne supporte pas qu'on sache. Il a besoin de tas de filets de sécurité, mon ego, et ton sourire ne lui suffit pas.
Dix-huit
Posté le 10 novembre 2005
@ 19:24
Flemmingite aiguë en ce moment, j'ai du mal à écrire, les mots ne viennent plus vraiment, ou bien je n'ai pas le courage d'allumer le pc pour essayer de donner un peu un sens à des bouts de quotidien. D'autant que mon frère est à la maison en ce moment, qu'on parle pas mal et que je n'ai donc plus tellement besoin d'écrire, tiens, c'est cliché ça. Je sais pas bien pourquoi j'écris, des fois c'est juste pour fixer un instant et donc ça reste prisonnier d'un disque dur, d'autres pour essayer d'extraire de mon crâne des pensées et de les en garder éloignées, et ça couvre un minuscule carnet. Mais en fait je triche, dans le carnet je ne note que des trucs retravaillés, sur un thème précis, et si coup de blues, je relis, et ça ne va pas mieux. Ce matin, écriture libre, ça ne pouvait pas mieux tomber. Principe : à partir d'un tableau (un paysage limite naïf datant du 14e), racontez quelque chose. Très bien. On dirait que ce serait trois jeunes qui seraient horriblement mal dans leur peau dans ce village étouffant, ils feraient pour plus tard des projets de départ avec conséquences un peu idéalisées et puis un jour, y'en aurait un qui mourrait et du coup, ben ils resteraient dans leur village insupportable. Super. Tu cartonnes, fillette.
Dix-sept
Posté le 03 novembre 2005
@ 19:21
Dans le bus, en revenant, le sac plein de bouquins, j'ai croisé Vanessa, que j'ai reconnue, un peu surprise, et qui ne m'a pas reconnue ou n'a pas souhaité me le faire savoir, ça n'a pas d'importance. Ex-camarade (en moins communiste) d'une même meute d'élèves également appelée classe, étant venue à bout comme une grande de sa terminale S (mais avec force sanglots). Elle portait un haut pailleté, avec une veste cintrée marron sur son jean bien repassé, avec un mini-sac coincé sous l'aisselle. Les cils noyés sous le mascara. Elle avait l'air de ce qu'elle est : d'une étudiante d'une vingtaine d'années. Je me suis regardée moi, mon pantalon en velours gris, mon pull vert clair (très) large et mon blouson informe. Mes chaussures boueuses qui se décousent et ses escarpins noirs avec une fleur en cuir perchée vers le petit orteil. Son portable a sonné et elle a décroché, et là elle a dit 'nan là je suis dans le bus, oui je te rappelle y'a pas de problème, allez bise à bientôt' avec cette même voix idiote qu'il y a deux ans, avec mille fois trop d'intonations, presque un sketch. Et finalement, ben j'aime mieux être moi.
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