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eucalyptus inside
Seize
Posté le 1er novembre 2005
@ 20:48
A côté de la zone de texte il y'a le 'ras la citrouille de la culture US' qui flashouille en orange et c'est marrant comme ça correspond assez bien à mon humeur, si on vire les quatre derniers termes. Ras le bol d'étudier un truc qui m'intéresse pas, ras le bol de mes cheveux, ras le bol de vivre chez mes parents, ras le bol de trouver pourri tout ce que je fais dès que j'ai une semaine de recul, ras le bol du stress, ras le bol de la jupe taille haute qui m'emprisonne le diaphragme, ras le bol d'internet, ras le bol de devoir écrire des trucs dans un blog, ras le bol d'avoir pris une décision qui bien qu'étant la bonne m'emmerde, ras le bol. Ras le bol de râler, aussi, mais y'a pas à dire, ça doit être plus ou moins ma nature. Vu que dès que ce n'est pas le bonheur suprême, je grogne. J'ai été voir Corpse Bride et c'était vraiment très bien, ensuite on a marché une heure sous la pluie pour rentrer chez elle, il était minuit (l'heure du crime) et on s'est retournées sans arrêt, il tombait des litres de flotte sur nos pulls fins et les rues étaient pleines de mecs bourrés envahissants. On s'est couchées à pas d'heure pour cause de bavardages incessants, puis on était tellement crevées qu'en se réveillant, on a pas même été foutues de savoir de quoi on avait bien pu parler.
Quinze
Posté le 29 octobre 2005
@ 22:01
Quinze c'est pas rien, c'est un joli nombre et je ne voudrais pas gâcher cet épisode en y racontant n'importe quoi. Par exemple je voulais parler du fait que ça y est, je suis à peu près fixée, je suis une fille, puisque j'ai survécu à quatre heures de shopping fringues (sans rien acheter), qu'on a mangé des meringues en se disant que c'était dix mille fois trop sucré et que rien à foutre, et qu'on a papoté garçons et lingerie durant tout ce temps (eh oui, le sujet est large). Le problème étant qu'en trois lignes, tout est dit. J'aurais aussi voulu me lamenter sur le disparition de ma cassette du film sur Sherlock Holmes (il devrait enquêter, tiens), sauf que c'est pas vraiment une disparition mais plutôt une connerie de ma part : au lieu de programmer "arte", j'ai mis "tf1". Résultat, une bouse française avec Coluche. Formidable. Sinon j'avais pensé aussi à dire un truc sur mes concerts, mes répèts, la musique tout ça, mais j'écris à chaque fois la même chose et puis le monde s'en tape, tu me diras qu'il se tape du reste aussi, mais bon. En plus les concerts n'étaient pas transcendants et il a fallu que je m'épile, mais je me suis déjà largement étendu sur la pilosité de l'être humain (et de ses mollets) donc je vous l'épargne. J'ai aussi pris deux kilos (en quinze mois justement, zoupeur, à ce rythme-là on y est encore dans dix ans) et je ne rentre plus dans mon jean en 34, j'vais enfin pouvoir passer à la taille d'au-dessus, à moins que je ne sois présentement dans la situation charmante de l'entre-deux tailles. Tout cela est donc très intéressant, on parle de Sophie Audouin dans Epok, j'ai acheté un Dumas de la collection mille et une nuits parce que j'aime bien le format, j'vais acheter Cowboy Bebop à mon frangin pour naouel, faut que je monte des anches, mon chat miaoule, hier j'ai mangé une pomme, il fait chaud, ben oui ma pauv'dame, le temps s'détraque.
Quatorze
Posté le 25 octobre 2005
@ 13:34
On prendra une colocation à trois à Clermont et on fera nos courses ensemble et au lieu d'être chiant ce sera drôle, à nous trois on explosera le reste du monde. On aura un appart en centre-ville et tant pis si y'a pas d'animation, on trouvera bien de quoi pallier, et il faudra une pièce pour la bibliothèque ou de grandes étagères dans le salon, tu nous apprendras la langue des signes et on parlera sans que personne ne comprenne, comme tout le monde en rêve à sept ans et tant pis si on en a presque le triple. On collera des boîtes d'oeufs sur les murs et on bossera la musique, le Conservatoire nous ouvrira grand les bras et plus tard on dira qu'avoir vingt ans, c'est le pied. La ville sera la nôtre, à défaut de Loire on trouvera bien un coin tranquille pour marcher côte à côte à côte. On sera trois filles qui réussissent ce qu'elles entreprennent et on entreprendra des tas de choses. On trouvera bien un moyen de s'évader outre-rhin et même, ils nous supplieront d'aller y exporter nos talents, on préparera des trucs au chocolat le dimanche et ses amis seront tes amis qui seront mes amis, et vice-versa, et l'inverse, et le contraire. Et Boris pourra aller se faire foutre.
Treize
Posté le 21 octobre 2005
@ 19:18
Dans le bus, assis devant moi, y'avait un jeune couple. Ils avaient tous les deux les cheveux longs, il portait une veste marron et elle le regardait en souriant. Je me suis dit qu'il aurait pu être lui et que j'aurai pu être elle, qu'on aurait été aussi tous les deux côte à côte sauf que nous, on aurait eu tous les deux les cheveux courts. Y'a une nouvelle de Jonathan Coe, 9th and 13th, qui raconte l'histoire qu'il y aurait eu si le narrateur avait osé, s'il avait dit, s'il avait su, comment d'un mot placé au bon endroit tout aurait pu changer, devenir, se développer. C'est simple et c'est touchant, c'est joli et tellement familier, mes yeux ont laissé échapper des hectolitres d'eau salée. Je le superpose partout, à toutes les images de mon quotidien, un geste une main et je le reconstitue entier. C'est l'ennui qui fait ça, l'ennui, l'attente, l'impossibilité. Je suis désagréable et ça me fait presque plaisir, je n'ai pas envie de plaire à qui que ce soit si je ne peux pas lui plaire et c'est complètement idiot, bon dieu, encore quelques semaines et je lis Marc Levy.
Douze
Posté le 20 octobre 2005
@ 18:48
Entendu à la Fnac, pendant que je fouinais dans les parutions poches : "Orwell, c'est francophone ?". Mouahaha. Un peu plus loin : "Non mais Voltaire, c'est peut-être pas dans la littérature française". Huhu. Et au rayon langue étrangère : "Kertész, c'est espagnol ?" Humph. Soit c'est le hasard, et ce jour-là, les gens autour de moi étaient, à défaut d'être cons, du moins ignares, soit c'est comme ça tout le temps et je viens juste de m'en apercevoir. A vrai dire, je penche un peu pour la deuxième solution. En ce moment c'est fou comme la connerie des gens me prend à la face, j'ai l'impression de vivre au milieu d'un troupeau de boeufs incapables de la moindre nuance. A table, ce midi : "en général, les homos sont plus beaux". J'ai fait remarqué que c'était un peu caricatural (oui, en public, je me contiens) et on m'a répondu d'un ton implacable que "peut-être, mais en tout cas c'est vrai". Bon. Tout ça me ressort par les yeux, décuplé par cette formation à la con qui ne me plaît pas, je suis rentrée depuis un mois et j'ai la sensation d'avoir fait l'année, on ne m'apprend rien, les quelques notions abordées tiennent du bon sens. On se désole en groupe, nous on voudrait qu'on nous fasse réfléchir, pas seulement acquérir des réflexes pavloviens, merde. On se soutient en discutant littérature, politique, actualité et de temps en temps on chuchote, pendant ces longues heures idiotes, qu'on vaut mieux que ça. C'est vrai, quoi.
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