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eucalyptus inside
Onze
Posté le 16 octobre 2005 @ 21:58

Hier, une heure du matin, je suis affalée sur mon canapé. Au programme : Troie, sa plage, son temple, ses acteurs en jupette, et Constantine, ses démons, son exorciste et son propos antitabagique. Je suis très nulle en ciné, je vous épargnerai donc une critique mal argumentée. D'autant que je suis bon public.

Enfin, bon public, mais pas au point d'avoir apprécier Constantine, faut pas pousser. D'autant que le sujet est sensible : démonologie, chaos, réinterprétation biblique, passage d'un monde à l'autre, sur des sujets de ce type-là, ça nécessite de tenir un peu la route, ce qui n'est malheureusement pas le cas. En gros : le réalisateur devait avoir super envie de montrer un chasseur de démons avec le cul entre deux chaises. Bon. Soit. C'est un peu léger, Keanu Reeves qui botte les fesses des êtres infernaux, alors il y ajoute l'idée d'arme ultime (précédemment détenue par les nazis, sinon on fait dans la finesse, faut faire gaffe quand même). Et puis celle de rédemption. Et puis celle de passage interdimensionnel. Et puis celle de destinée. Et puis celle de conflit entre êtres suprêmes. Et puis celle d'initiation. Et puis celle de fils de. Enfin il y met des tas de choses marrantes pour les amateurs du genre, sauf que rien n'est structuré, tout est noyé dans un ensemble de signes à la con éparpillés à droite à gauche, sans cohérence, qui navigue (en plus) entre sérieux et (tentative d') humour, lequel tourne assez rapidement au grotesque. C'est pas fin, et c'est rien de le dire.

Troie, c'est très nettement superproduction machin rien à branler du texte d'Homère, je fais ce que j'veux d'abord et ça se vendra mieux, mais c'est assumé. Pâris était douloureusement lamentable dans son duel, c'était terrible, j'ai souffert avec Hector (lequel, bon dieu, vaut bien Orlando Bloom et Brad Pitt réunis). Ca me fait penser à lire l'Iliade et l'Odyssée, d'ailleurs, puisqu'à ma grande honte, j'ai simplement lu les extraits imposés en cours... Bref.

(Oui, je n'ai rien à dire)     

Dix
Posté le 12 octobre 2005 @ 16:12

La deuxième année d'IUT a un faux air de fac, avec les horaires à la con, les journées en gruyère et les gens qui vous parlent d'avenir. Aujourd'hui, pas cours de la journée et lundi dernier, deux heures seulement. Les cours ont des intitulés étranges, soit des sigles bricolés (GED, MSI, RDI), soit des expressions vagues (Techniques d'enquête, je fais un dut espionnage). Les institutions politiques, des Mérovingiens aux Capétiens ça a l'air assez réjouissant même si je ne vois pas bien à quoi ça pourra nous servir, enfin ce sera toujours plus rigolo que la tranche Les institutions politiques : IIIe, IVe et Ve Républiques. 

Pour cause de travaux, on stagne au couvent, un vieux bâtiment en pierre à cour carrée, avec deux pauvres arbres au milieu. Il ne manque plus que les poules. Les WC datent de l'entre-deux guerres : les verrous sont assez lourds et l'autre jour, en refermant derrière moi, je crois bien que la porte s'est fermée à clé. De l'extérieur. 

Les bus ne montent pas jusque là-haut alors on marche, on rentre le soir vers la place Jean Jaurès en passant vers le pont de fil qui remue doucement lorsque le temps est venteux, la Loire est à sec et ça a un côté décevant, de se dire que si on se jette de là on ne mourra pas noyé, pas même la différence de température ni rien, mais qu'on se brisera les os sur ces rochers aigus qui nous déchireront la chair, et qu'on crèvera la gueule ouverte sous le coup de la douleur. 

Puis on se dépêche un peu dans la rue piétonne, on regarde les vitrines vite fait, on double les mamies et on fait un détour par la Fnac, parce que finalement rien ne presse.

Neuf
Posté le 09 octobre 2005 @ 14:13

Hier soir mon grand frère au téléphone, il n'avait rien à dire mais besoin de parler quand même. On a causé des derniers mp3 qu'il a téléchargé, des blogs qu'on suit tous les deux, il m'a filé des sites de dessinateurs. On a fait un bilan de ce qui est passé à la télé cette semaine, j'ai un peu raconté ma vie et mes questions pour l'Allemagne. L'an dernier j'étais en pleine ébullition, j'avais assez de projets pour ma vie entière et même plus, je voulais être bilingue, vivre en Allemagne et étudier le hongrois et il avait dit que je ne le ferai jamais, que ça resterait à l'état d'envies.

Je ne veux pas renoncer à ces projets-là. Je ne veux pas ni faire une croix sur des études intéressantes (même longues) ni sur l'Allemagne ni sur la musique ni sur l'écriture. Ecrire pour moi, travailler le hautbois dans mon coin, lire en allemand ou compenser dans mon boulot, ça ne compensera jamais.

Ca tourne en boucle dans ma tête, les programmes d'échange avec l'outre-Rhin, les licences pro, les masters métiers du livre, la procédure d'inscription en Conservatoire, les pour et les contre, les c'est trop tôt et les j'en crève d'envie, le stage qu'il va falloir trouver et les vacances d'été, si je travaille je vais à Köln sauf si je dois y partir à la rentrée, l'hypothèse de toutes les épreuves plantées et d'une licence à reprendre en première année, le côté définitif de la candidature pour la Germanie si je candidate, je suis prise, le TestDaF que j'aimerais passer, mais où ?, le stress à venir des concours d'entrée de CNR, les équivalences à obtenir alors que mes diplômes ne sont pas reconnus, des orchestres à contacter, refuser des occasions, faire le pari de croire en soi.

Devoir prendre des décisions, c'est terrible.

Huit
Posté le 05 octobre 2005 @ 14:33

Je me pose des tas de questions, en ce moment. En vrac : est-ce qu'il est humain de faire déjeuner ses filles dans une pièce où des chats urinent et chient à qui mieux mieux ? Est-ce que les pieds, c'est proportionnel au corps ? Akhana aurait-elle signé un bouquin sous le nom de Véronique Ovaldé (parce que les premières pages, punaise) ? Est-ce qu'un jour il fera de nouveau chaud ? Est-ce que je vais me coltiner mon 85B à vie ? Comment porter des chaussettes sans qu'elles ne laissent de marques ? Mon piteux bureau supportera-t-il le poids d'un PC ? A quoi est-ce qu'il pense, là tout de suite maintenant ? Le violet et le vert, ça jure pas trop ensemble, si le violet est pâle ? Combien de kilos encore à prendre pour que mon IMC n'hurle pas 'squelette' ? Quand vais-je pouvoir partir de chez mes parents ? Quel degré de plantage sur mon dernier DS ? Où peut donc se planquer Boris ?

Je pars en Allemagne tout l'an prochain ou pas ? 

Sept
Posté le 03 octobre 2005 @ 18:55

Je suis sortie de ma douche ce matin, j'ai regardé la masse capillaire qui se désorganisait autour de mon crâne et je me suis dit, aujourd'hui, je coupe. Avec un rasoir super-déesse machin j'sais pas quoi rose. J'ai taillé dans tous les sens, dans la nuque en ne voyant rien, le sommet de la tête en fermant les yeux et en me penchant en avant, les côtés, la frange qui n'en est pas une, tout.

Y'a un côté jouissif à se couper les cheveux soi-même. Quand j'étais môme, c'était l'interdit absolu : on ne coupe pas les cheveux, même pour jouer. J'ai essayé quelque fois et essuyé des engueulades terribles.

Se ratiboiser les veuchs toute seule, c'est aussi faire un pari énorme. Sur l'instant on est très content : même à l'aveuglette, c'est pas mal, enfin en tout cas, c'est plus court. C'est quand on entre dans les détails que ça se complique. On voit que là y'a une bosse, ici un creux, là c'est un peu court et on a laissé encore trop longueur ici, et ce serait pas mieux en égalisant ? C'est souvent pendant l'étape finitions qu'on a un geste malheureux : un coup de rasoir un peu violent, et bam, ça te fiche la coupe par terre.

La seule vraie question ne surgit que bien longtemps après (genre le lendemain, juste avant de monter dans le bus) : oh merde, de quoi je vais avoir l'air le temps que tout ça repousse ? 

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