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eucalyptus inside
Cinq
Posté le 25 septembre 2005
@ 21:30
15 août de cet été : coup de téléphone de mon frère, pas grand chose à me dire à part comment ça va et pas trop secouée par la Germanie, il dit qu'il rappelle demain pour mon anniversaire. Hier, minuit et demi : jamais je le remercierai assez. D'une, il m'offre une clé usb lecteur mp3 que ça déchire alors que je m'attendais pas du tout à quoi que ce soit, et en plus, il me force à regarder Fight Club, contre mon gré, que je m'en serais voulue à mort de passer à côté - constatation qui a émergé de mon cerveau à environ deux minutes après le générique. Raaaah ça cartonne, dire que ça fait deux ans que je refuse obstinément de le voir...
Quatre
Posté le 21 septembre 2005
@ 18:49
"Alors, t'as vu Boris en Allemagne ? Qui est Boris ? Boris n'est pas un écrivain célèbre mort trop jeune. Boris n'est pas un ex-président de l'Est. Boris n'est pas un sportif entâché par le scandale. Boris est un étudiant qui a pour seules caractéristiques de se barrer en Allemagne cette année et de s'appeler Boris, prénom qu'on retient facilement, un peu comme Nicéphore, mais en plus germanique. Boris est un moyen d'éviter les questions gênantes, et, en même temps, de parler au second de gré de trucs dont mes collègues d'iut se tapent lorsque c'est premier degré. Comme elles sont loin d'être connes, j'imagine qu'elles s'en doutent - et que ça leur va bien comme ça. Moi aussi. Ca m'évite de vivre les choses dans la réalité. Cet automne elles auront droit à "Sans Boris c'est vachement vide non ?" et je crois bien que personne n'aura le courage de rire. C'est pas au Kaufhof que je guette Boris, évidemment. L'Allemagne m'a remonté le moral, m'a rassurée sur mes capacités à plaire, j'ai un peu joué le jeu et je me disais, dix mille sex-symbols polonais contre un seul Boris. Mais Boris il est loin, bien plus loin que la Germanie, que la Pologne, que le bout du monde, puisqu'il est indifférent.
Trois
Posté le 18 septembre 2005
@ 21:56
Présentement, dans la pièce où siège l'ordinateur familial, ça schlingue le chameau crevé. Non que mes parents égorgent ces charmantes bestioles à tour de bras et en enferment les carcasses dans les placards du bureau, non. Il se trouve simplement qu'un ami de mon géniteur lui a ramené d'Agadir deux poufs. Je pourrais vous dire que ça me fait penser aux longues étendues désertiques, là-bas, au delà des montagnes, et aussi aux origines tunisiennes de ma grand-mère, à un côté festif tout en gardant l'aspect un peu mystérieux et essentiel, le sable et ses dunes et le ciel qui prend toute la place laissée libre. Mais non. Juste ça pue la viande morte, intensément, pile à l'endroit de la connexion internet.
Deux
Posté le 15 septembre 2005
@ 22:28
Réunion de hautbois ce soir. La salle est vide, les chaises bien en lignes, la grande table des jurés aux exams encore là. Instinctivement je m'assieds un peu dans le fond, je pose mon sac sur la chaise d'à côté. Je croise les bras et là ça monte, cette réaction immédiate du corps qui a reconnu tout seul les quasi-conditions d'examen et qui m'envoie tous les signaux possibles de stress. Je contracte un peu les mâchoires et je regarde vers l'estrade, presque surprise de ne pas voir le pianiste installé et le pupitre bien droit. En rentrant à pied, j'y repense, à l'examen de l'année dernière. Ce qui est frustrant avec la musique - bien que ça en soit aussi l'attrait principal -, c'est l'instantané. Tu crées au moment où tu joues, il n'y a pas moyen de tricher. Ni de réécouter. Pas de traces. C'est idiot mais j'aurai aimé m'entendre jouer. J'ai juste les sensations de l'instant, modifiées par ma concentration, floutées par mon stress. C'était du baroque, l'année dernière. Elle a dit qu'on sentait mon aisance sur ce registre-là. Elle a ajouté un truc que j'essaie encore de déchiffrer : "ça correspond au personnage". Ah.
Un
Posté le 12 septembre 2005
@ 14:56
En ce moment, je suis d'une morosité à faire pâlir d'envie un trottoir d'automne. La faute à l'inactivité, sans doute. Conséquence : je suis méga chiante et j'ai envie de rien, sauf l'autre jour où je suis passée à la maison de la Presse. Je jette un coup d'oeil aux nouveautés en poche et que vois-je ? Un recueil de nouvelles dont le titre d'un optimisme sans précédent me fait de l'oeil. Passer l'hiver, qu'il s'appelle. Même dans mes rêves je grogne. Ce matin, 4h36, mon corps me signale qu'il est temps d'opérer un renouvellement de protection hygiénique enfin bref, et interrompt une charmante discussion où ma dernière réplique était "Putain, mais qu'est-ce qu'on va aller foutre à Chambord, merde". C'est dingue, même mon inconscient est vulgaire. Evidemment il m'a fallu une heure et demi pour me rendormir, et j'ai définitivement émergé à dix heures, lorsqu'un livreur a appuyé comme un goret sur la sonnette du portail. Personne à la maison. Je saute dans mon jean, j'enfile un pull et j'ouvre. Trop tard, le mec est déjà reparti avec son camion. Zen.
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