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eucalyptus inside
Cent-quatorze
Posté le 19 février 2007
@ 19:42
C'est marrant ça, il y a un pic de consultation de mon blog pour le mercredi 14 février, alors que je n'y ai pas plus écrit ce jour-là que tous les jours du mois précédent. Le 14 j'ai mangé des crêpes à la vanille un poil écoeurantes, seule devant Chambre avec vue, un film qu'il est vachement beau romantique et bien, quoi. Helena Bonham Carter est la femme idéale pour l'ensemble de l'espèce humaine. Dans la semaine on m'a demandé si tiens, d'ailleurs, je m'étais jamais demandée si je préfèrais pas les filles ? et j'ai dit oui, mais non : c'est joli une fille mais j'ai pas envie d'être avec. On est passés à la question suivante (et toi ?). Après en rentrant chez moi j'ai réalisé que la façon la plus immédiate d'écrire pour moi a longtemps été d'utiliser la première personne du singulier, au masculin. Que j'ai longtemps détesté les filles. Que j'ai mis longtemps à accepter d'en être une. Que l'idée de maternité m'a longtemps semblée insupportable. Que moi et ma maigreur nous avons longtemps gardé la silhouette d'un garçon. C'est marrant. (j'en ai pleuré parfois) Maintenant, avec vingt ans (et des patates) de recul, je sais que je suis une fille, et que ça me fait bien plaisir du reste (et que j'aime mieux les garçons, et du reste y'en a un à qui ça fait bien plaisir). Et j'ai assez envie d'acheter des jolies robes à fleurs, histoire d'enfoncer le clou.
Cent-treize
Posté le 03 janvier 2007
@ 19:10
Hier soirée avec Aude, ciné resto dodo. Elle m'emmène voir The Fountain, un machin bizarre impossible à résumer, je glousse le plus silencieusement possible lorsqu'un Hugh Jackman chauve lévite à côté d'un arbre mourant dans une bulle dans les étoiles, ensuite ça prend un tour plus compréhensible et on s'extasie muettement sur l'acteur principal option cheveux, on chiale sans bruit quand la jeune femme meurt (oh merde j'ai raconté la fin !) et on décide de retenir du film la scène tendre et sexy de la baignoire et le physique incroyable de Hugh Jackman, et puis aussi sa voix grave, tiens. On grignote une salade en causant aussi fort que possible puisque l'étage est vide et n'est donc qu'à nous, on se raconte chacune notre réveillon pourri ou presque, on bavasse, sans doute qu'on répète des tmachins mille fois évoqués mais ressasser fait partie du truc, et c'est vachement chouette, par exemple Aude je lui souhaite le mieux possible, le reste du monde je m'en fous mais d'elle non. Je suis la recommandation d'ice (ouaip) : mon année 2007 a commencé avec le réveillon du 3 janvier.
Cent-douze
Posté le 1er janvier 2007
@ 19:05
Réveillon avec des tas de gens dont une trop grande proportion d'inconnu(e)s, sensation d'étrangeté des détails qui collent pas les filles habillées avec des robes invraisemblables de petite madame, cette coutume ridicule d'embrasser tout le monde en souhaitant à chacun les meilleures choses, que tu réalises tout ce dont tu as envie, bonheur travail argent amour santé, j'ai l'impression que ça n'a aucun sens, alors je le fais machinal, j'essaie second degré mais je sens bien que je ne suis pas dans le ton de la soirée. Repas un ennui gênant, que dire que faire, je souris un peu mais ça marche pas très bien puisqu'on a toujours rien à se dire, je suis très nulle pour toutes les petites conversations superficielles qui "créent du lien", genre le temps dehors le temps qui passe la déco la salle les périodes des fêtes c'est bon ta salade, très très nulle, et quand on m'en cause d'ailleurs je crois ne pas savoir planquer un bout de grimace ironique. Ensuite on gigote avec derrière de la musique plutôt pas terrible et c'est marrant comme dans ces cas là les bras ça sert vraiment à rien. J'essaie de me dire que l'important c'est d'avoir l'air parfaitement détendu même si ridicule, j'essaie, bof, m'en fous allez, c'est pas des gens qui comptent. Devant ma part de bûche glacée je me dis tiens ça doit faire dix minutes que je pense que j'aurais été mieux ailleurs. Une fille porte une robe rouge chinoisante courte sur des bottes noires avec des talons épais larges z'et moches, et un micro-gilet blanc cassé sur sa forte capacité pulmonaire. Jolies jambes. Elle s'agite devant le seul garçon potable de la soirée, qui semble totalement absorbé par ses déhanchements. Je me dis, c'est une amie et non la première pétasse venue, elle est intelligente et drôle et sympa. Je songe aux tonnes de jolies filles qui potentiellement accaparent l'éventuel, on me secoue le bras pour me dire viens, y'a plus personne qui danse c'est pas drôle, alors j'accepte et on remue en essayant d'ignorer les trente personnes assises qui nous font plus ou moins face.Après la masse diminue, j'assure l'élément râlant/grinçant/puéril, je suis partante pour tout et je perds à tous les jeux, je mets en valeur tout le monde c'est ma bonne action de l'année (pour me la ramener un peu - et compenser - je décide de répondre éditrice à tous ceux qui me demandent ce que je veux faire après mes études, mais personne ne le demande). En allant pisser je croise ma gueule dans un miroir, j'ai des machins rouges sur le fornt qui n'y étaient pas il y a quatre heures, mon kohl s'est dilué sur toute la paupière inférieure, j'ai des cernes de dix mètres, les cheveux en vrac et une marque de pull sur la joue. 2007 ça commence bien je trouve.
Cent-onze
Posté le 26 décembre 2006
@ 21:54
Allez, 2007 je serais trop trop forte, j'anticiperais je préparerais je réfléchirais je ne me laisserais point prendre au dépourvu je serais géniale question taïmigne, plannigne, listigne et tous les trucs en -igne. Non, pas joggigne. Et comme j'ai bien lu les dix millions de suppléments de psychologies magazine, je m'y mets tout de suite parce que si qu'on laisse les machins traîner, ils traînent (c'est fou ce qu'on apprend dans les revues mensuelles consacrées au développement personnel). Du coup, hop hop, j'anticipe et je fais tout de suite mon bilan de l'année 2006 moins une semaine (je préviens le Destin : t'as plus qu'une semaine, mon gars, pour compenser ce qui a foiré dans l'année. UNE semaine.) et même, j'optimise mes savoirs, je réutilise des choses préalablement mises au point, je valorise mes expériences passées : je ressors mes critères de l'année précédente. Haha ! investissement de l'année : sans conteste mon hautbois, modèle professionnel (principe de plaisir), acheté d'occasion (principe de réalité) rencontre de l'année : Jacques Jouet, homme banal à l'extérieur, oulipien (de l'Oulipo donc !) à l'intérieur. regret de l'année : faudrait que j'arrête de fuir. réussite de l'année : moi avoir trouvé domaine d'études adéquat. phrase la plus con de l'année : Ce que je fais dimanche ? J'ai dix millions de t-shirts à laver. (quelle connasse, mais quelle connasse !) révélation de l'année : vivre seule dans mon studio, je peux. déception de l'année : Boris. Allez, c'pas grave, des russes avec chapka, y'en a plein Moscou. angoisse de l'année : vais-je faire tout 2006 seule ? (oui) espoir de l'année : tiens, quand j'entreferme les paupières dans la salle de bain obscure et que je souris un peu, je me trouve presque assez jolie.
Cent-dix
Posté le 24 décembre 2006
@ 15:29
2006 est quasiment close et le temps a encore passé à une vitesse déconcertante, pourvu que je ne rate pas les embranchements nécessaires. J'ai réinvesti la maison de papa-maman, mon sac de voyage est rempli de cadeaux emballés avec les pieds et, accessoirement, de l'intégralité de mes cours (cf partiels, révisions, glandage depuis septembre...). Je vais faire une pause monstrueuse, deux semaines hors-réel sans knackis, sans cours, sans douche-en-moins-de-deux secondes, sans réveil brutal, sans lessives manuelles (ce n'est pas une façon de dire que je cesse de me laver les mains), sans froid monstrueux à huit heures, sans individus gerbant sous mes fenêtres, sans chiffrage d'accords, sans camions-poubelles le dimanche matin, sans cernes insondables, sans. Je vais inciser, arrêter l'année là où elle est et redémarrer en janvier. Ouais.
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