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eucalyptus inside
Cent-six
Posté le 08 septembre 2006
@ 10:13
Mercredi, stressée. Quatre heures de train le matin, difficultés pour retrouver mon studio (on ne ricane pas). J'arrive au Conservatoire pour mon épreuve, plus de vingt minutes d'avance, très nerveuse, j'attends à côté d'une fille de onze maximum, je lui demande comment se déroule l'épreuve, elle me dit qu'il faut juste chanter un truc progressif. Hein que je lui fais, c'est du CHANT ?? Je perds la foi (acquise récemment à la suite du demi-miracle). Le Ciel se fout de ma gueule, ou bien ? Péniblement j'entre dans la salle, je me prépare en trois minutes chrono, je m'assoie devant le jury (deux profs de solfège). Je dis d'où je viens, ce que j'ai fait avant, pourquoi j'entre au CNR, mes DFE pas reconnus et mes cinq ans de désert solfègique. Ensuite, il faut bien que je chante. Lorsque le supplice est terminé, j'ai le sourire contrit de la fille qui a bossé ses lectures de notes pour rien et qui se tape un chant de merde. Une des deux femmes dit que pour quelqu'un qui n'a pas eu de cours depuis cinq ans il y a de bons restes, je re-souris bizarrement en disant que le chant a toujours été mon point faible, elle me reprend en disant : "faible ?", je sors de la salle, j'essaie d'entendre ce qu'elles se disent, l'une dit que je chante bien (?) et l'autre semble plus mesurée. Lendemain, verdict : admise en Fin d'études. Haha, voilà la moitié manquante du miracle.
Cent-cinq
Posté le 04 septembre 2006
@ 21:37
J'ai prié pour un miracle et j'ai été à demi exaucée : l'épreuve est uniquement orale, adieu théorie, analyse et autres domaines où mon incompétence est reine. Puisque la méthode est efficace, je m'en remets aux Instances Supérieures pour maîtriser cinq clés d'ici mercredi.
Cent-quatre
Posté le 03 septembre 2006
@ 09:31
Je suis rentrée sur Tours hier et je repars mercredi à l'aube, il me reste trois fois vingt-quatre heures à peine pour préparer mon épreuve de solfège, je n'ai rien foutu de tout août ou presque, je vois mal comment je pourrais combler le retard sans une intervention divine. Sans entrer dans les détails, le planning de révision est une catastrophe : j'ai bossé un quart des épreuves, et à un niveau ridiculement bas. J'essaie de me dire que tout n'est pas perdu et que finalement, réussir ou pas on s'en tape, et que ça se trouve je vais être super brillante juste comme ça, par hasard, hop pile poil au bon moment je vais être merveilleuse, genre toutes les informations que j'ai emmagazinées étant môme se relieront entre elles et prendront sens, et chaque parole que mes lèvres laisseront couler sera la quintessence même du génie musical. Alors que j'ai toujours été une brêle en solfège.
Cent-trois
Posté le 20 août 2006
@ 18:21
Je n'y ai plus pensé pour que ça se fasse en douceur et étonnamment, ça n'a pas mal fonctionné, empaqueter des trucs, vacances avec les parents, Besson Calvino Aragon Perec Barnes Waugh Gibbons Guitry Hanff Fitzgerald Jardin Forster Irving Salinger Hemingway Kessel, sourire derrière un guichet de préfecture, acheter des fringues que personne ne verra, téléphoner reprendre contact discuter, rêvasser sur autre chose, s'épiler, s'épiler, s'épiler, gribouiller des âneries qu'on jette aussitôt, faire le sac défaire le sac refaire le sac, se concentrer sur l'an prochain, bouffées de panique quand je pense à début septembre, bouziller des anches monter des anches gratter des anches bouziller des anches, et mon solfège que j'ignore, je m'occupe avec des tas de conneries, je mange je me gave de séries policières je ris je plaisante je marche, je ne ferme pas les yeux dans les transports en commun, ni même à moitié ni rien, rendue à quelques minutes de l'arrêt je murmure "pièce d'eau des Suisses" comme si c'était très important et quand je me pose vraiment je suis vide.
Cent-deux
Posté le 15 août 2006
@ 15:13
Il y a des vérités essentielles qu'on oublie trop souvent. Par exemple, au sujet des vacataires. Le vacataire, comme tout être humain, a besoin de pauses. Il n'a aucune raison, le vacataire, de faire abstraction de ses besoins les plus naturels. Il a besoin d'aller pisser de temps à autre, il a besoin de communiquer avec ses semblables, il a besoin qu'on le reconnaisse en tant que force trimante. Même lorsqu'il trie le courrier dans la salle commune, le vacataire aimerait qu'on lui dise bonjour. Genre, considérer qu'il existe et qu'il passe un temps dingue à trier ce putain de courrier et à faire des recherches sur la base de données pour retrouver les dossiers qui vont avec, pendant que le reste du personnel boit du café en se demandant qui couche avec qui. J'exagère. L'organisation des relations sexuelles au sein du service n'intéresse personne.
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