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eucalyptus inside
Fertigstellung
Posté le 25 mai 2006
@ 19:30
Elle est assise dans la salle de bain, les fesses sur le carrelage, l'épilateur à proximité du pied droit. Adossée au sèche-serviettes elle en sent la froideur contre sa peau. Le vélux laisse passer une lumière triste et sale. Léna regarde ses mollets, ses cuisses. Trop maigre et mal épilée, elle se dégoûterait presque. Tendre le bras vers le petit appareil électrique, trop difficile trop loin, elle a mal au coeur. Léna renverse la tête en arrière, fixe le vasistas, la vitre dégueulasse et le ciel gris derrière. Léna est pliée en deux devant sa douche, genoux contre poitrine, elle a l'impression de aml respirer, le coeur compressé et c'est le moment qu'elle choisit pour penser aux choses compliquées, elle imagine un homme dans sa douche pendant qu'elle pseudo-malaise, elle pense à son désir à lui et ses jambes à elle, à la vie active qu'il lui faudra mener un jour, alors qu'elle est là, en culotte dans sa salle de bain et Léna a envie de gerber, de refuser l'avenir en crachant dans le lavabo et en pleurant face au miroir, regarde-toi ma fille, un zombie en sous-vêtements. Les yeux rouges Léna s'habille. L'épilation, une prochaine fois.
Quatre-vingt-sept
Posté le 24 mai 2006
@ 11:24
Prenons un individu A. L'individu A, habituellement, se sent assez insignifiante ou ne sent rien du tout. Des expériences répétées ont démontré que l'individu A, mis en présence de l'individu Boris, se sent plutôt jolie, voire jolie. Question : mais pourquoi donc ? a L'individu A est cyclothymique Réponses multiples acceptées.
Quatre-vingt-six
Posté le 21 mai 2006
@ 22:47
Ceci n'est pas un post pour repousser le précédent (technique très efficace par ailleurs), donc si vous souhaitez me lancer des pierres (sur le thème quand on est totalement amoureuse de quelqu'un on ne s'amuse pas à en draguer d'autres, c'est pas cohérent - par exemple ; si vous avez d'autres idées, je suis preneuse) ou acclamer, ou maudire Proust allez-y. Non c'est juste un post pour dire que j'ai sauté le pas et que j'ai publié un texte sur l'Atelier d'écriture, c'est très gai évidemment mais pour une fois ça ne parle pas de Boris, ouf. C'est normal, c'est un texte d'il y a plus d'un an et y'a plus d'un an, Boris je n'en avais rien à secouer, pour parler poliment. Je l'ai retrouvé, j'ai rayé à peu près les deux-tiers de la nouvelle : du coup elle est moins boiteuse (j'espère) et c'est totalement fictif donc voux excuserez le manque de réalisme...
Quatre-vingt-cinq
Posté le 21 mai 2006
@ 13:49
"Alors, lui reprochant intérieurement son indifférence, elle voulut revoir les hommes épris d'elle, avec qui elle avait été indifférente et coquette, afin d'exercer envers eux la pitié ingénieuse et tendre qu'elle avait au moins voulu obtenir de lui. Mais quand elle les rencontra ils avaient tous l'horrible défaut de n'être pas lui, et leur vue ne faisait que l'irriter." J'ai lu L'indifférent de Proust. Juste après un concert où j'ai joué à fond la fille charmante et charmée avec un quelqu'un - plusieurs quelqu'uns, d'accord - qui n'arrive(nt) pas à l'orteil de Boris. Mes félicitations Marcel.
Quatre-vingt-quatre
Posté le 19 mai 2006
@ 23:53
Il y a quelques jours je suis tombée sur des photos où j'ai neuf, dix ans, onze peut-être. J'ai l'air emprunté. Mal dans mes vêtements, mal dans mon corps, raide et surjouée. J'ai mis beaucoup d'années à savoir quelle attitude prendre avec ce corps qu'on m'a refourgué, le regard des autres a été très violent. Sur ces photos j'ai l'air mal dans ma peau à l'extrême. Juste avant l'entrée du collège. Les lunettes et la puberté. J'ai commencé à ne rien manger dès que les repas se sont déroulés en dehors de chez moi. Au collège l'impression d'être totalement en marge. J'avais acheté un pantalon près du corps en, quoi, cinquième, quatrième. Je le mettais jamais : j'avais l'impression d'être nue. La piscine : un squelette en maillot de bain. La peur de tomber au fond sans remonter. J'aurais voulu ne pas avoir de corps. J'aurais voulu détruire toutes les photos de neuf à quatorze ans. J'ai l'impression que l'étudiante d'aujourd'hui a émergé de nulle part.
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