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eucalyptus inside
Quatre-vingt-neuf
Posté le 02 juin 2006
@ 19:40
J'ai du mal à distinguer ce que je dois dire, ce que je veux dire, ce que j'aimerais dire, ce que j'aurais voulu avoir à dire, des tas de choses, la frontière entre le blog à lecteurs et le carnet au fond du tiroir, tout dire ou tout garder part de la même impulsion. Deux, trois ans que je tiens un blog et je suis toujours pas foutue de savoir exactement ce que je veux y voir figurer, est-ce que je dois étaler mes questionnements et supplier de me rassurer, est-ce que si je fais ça, j'aurais pas honte dix minutes après d'aussi peu de pudeur, je sais pas, on se connait pas finalement, je me demande quelle réalité a euca ? alors quelle pertinence de tout déballer, je sais pas.
Quatre-vingt-huit
Posté le 29 mai 2006
@ 17:20
Je suis une jeune fille qui ne peut pas s'empêcher d'imaginer si, et qui se prend de grandes déceptions dans la gueule au final. Je m'imaginais germanophile dans un petit studio, empilant les livres sur un pouf tunisien et déambulant dans les rues commerciales les yeux rivés au ciel, le sac plein de supports marrants pour enseigner le français, écoutant à quelques cours de Germanistik en y comprenant plus ou moins pas grand-chose, buvant du jus de fruit dans un café avec les autres assistants de langue malmenant l'allemand, l'agrémentant de nos accents respectifs. J'aurais trouvé le temps de caser les nombreux concerts que m'aurait imposé l'orchestre, au début ç'aurait été difficile, comprendre les numéros de mesure assez rapidement et puis je m'y serais faite. En fait il n'y aura ni orchestre ni fac, ni autres assistants de langue ni rues commerciales, ni studio. Je suis prise dans une petite bourgade à trois quarts d'heure de train de la fac la plus proche. J'ai très envie de survivre aux sélections d'IUP.
Fertigstellung
Posté le 25 mai 2006
@ 19:30
Elle est assise dans la salle de bain, les fesses sur le carrelage, l'épilateur à proximité du pied droit. Adossée au sèche-serviettes elle en sent la froideur contre sa peau. Le vélux laisse passer une lumière triste et sale. Léna regarde ses mollets, ses cuisses. Trop maigre et mal épilée, elle se dégoûterait presque. Tendre le bras vers le petit appareil électrique, trop difficile trop loin, elle a mal au coeur. Léna renverse la tête en arrière, fixe le vasistas, la vitre dégueulasse et le ciel gris derrière. Léna est pliée en deux devant sa douche, genoux contre poitrine, elle a l'impression de aml respirer, le coeur compressé et c'est le moment qu'elle choisit pour penser aux choses compliquées, elle imagine un homme dans sa douche pendant qu'elle pseudo-malaise, elle pense à son désir à lui et ses jambes à elle, à la vie active qu'il lui faudra mener un jour, alors qu'elle est là, en culotte dans sa salle de bain et Léna a envie de gerber, de refuser l'avenir en crachant dans le lavabo et en pleurant face au miroir, regarde-toi ma fille, un zombie en sous-vêtements. Les yeux rouges Léna s'habille. L'épilation, une prochaine fois.
Quatre-vingt-sept
Posté le 24 mai 2006
@ 11:24
Prenons un individu A. L'individu A, habituellement, se sent assez insignifiante ou ne sent rien du tout. Des expériences répétées ont démontré que l'individu A, mis en présence de l'individu Boris, se sent plutôt jolie, voire jolie. Question : mais pourquoi donc ? a L'individu A est cyclothymique Réponses multiples acceptées.
Quatre-vingt-six
Posté le 21 mai 2006
@ 22:47
Ceci n'est pas un post pour repousser le précédent (technique très efficace par ailleurs), donc si vous souhaitez me lancer des pierres (sur le thème quand on est totalement amoureuse de quelqu'un on ne s'amuse pas à en draguer d'autres, c'est pas cohérent - par exemple ; si vous avez d'autres idées, je suis preneuse) ou acclamer, ou maudire Proust allez-y. Non c'est juste un post pour dire que j'ai sauté le pas et que j'ai publié un texte sur l'Atelier d'écriture, c'est très gai évidemment mais pour une fois ça ne parle pas de Boris, ouf. C'est normal, c'est un texte d'il y a plus d'un an et y'a plus d'un an, Boris je n'en avais rien à secouer, pour parler poliment. Je l'ai retrouvé, j'ai rayé à peu près les deux-tiers de la nouvelle : du coup elle est moins boiteuse (j'espère) et c'est totalement fictif donc voux excuserez le manque de réalisme...
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